Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

Une petite fable pour terminer 2013 – et vous souhaiter une bonne nouvelle 2014

28 décembre 2013 > > 2 commentaires

Ce vallon bien connu des habitants de la cité urbaine proche nourrissait depuis longtemps les loisirs et habitudes des promeneurs du dimanche, les déambulations des amoureux désireux d’un espace discret et intime, ou des enfants, qui avaient ainsi l’occasion d’y apercevoir en vrai des animaux de la ferme, de l’âne du paysan aux multiples chèvres qui y paissaient en toute quiétude.

Cette paix perceptible attira l’attention des promoteurs immobiliers qui y entreprirent d’y situer un nouveau quartier vert, « en pleine nature, et proche de toutes commodités ».

On garda quelques arbres le long de la route qui y fut construite en premier, puis, certains autres, à même d’agrémenter le point de vue des premiers habitants qui s’y installèrent. Et la plus grande futaie fut rasée – on lui prêtait la fâcheuse réputation d’accentuer les cas d’asthmes, par ses résineux entêtants – : pour calmer la levée des boucliers de militants écologistes, on réserva l’emplacement pour un éco-quartier de maisons de bois. Cela put suffire à convaincre le plus grand nombre d’une opération satisfaisante – et à enfermer les écolos dans leurs réflexes présentés comme absurdes et archaïques.

Une « Grande Cité des animaux » y fut construite à la place de la ferme existante, jugée trop dangereuse au regard des nouvelles normes de sécurité des abords de voies publiques, et la présence toute proche d’un centre commercial assura le succès de l’opération, dont profitèrent grandement les enfants désireux d’échapper aux longues files d’attente devant les caisses.

Les chèvres -mignonnes, certes, mais responsables de petits crottins sur les jardins publics – furent finalement écartées, tout comme l’âne bien connu, dont les braiments intempestifs nourrirent une pétition large, intitulée : « Trop c’est trop, pour la quiétude des habitants ».

Le jour où le fermier qui vivait là se résigna à quitter l’endroit, il monta dans sa voiture, jeta un dernier regard alentours aux rangées impeccables de pavillons, et décida de repartir sans jeter un regard, ne serait-ce qu’un seul, à ce qui fut, et n’était plus.

eklektika 2014A quelques jours d’en avoir fini avec cette année 2013, qui n’aura pas manqué de propositions multiples et inattendues, et aura vu naître en conséquence ce projet de web-magazine culturel, il me semble que le plus grand vœu à formuler pour 2014 est de souhaiter que la communion entre la proposition des acteurs culturels locaux et l’exigence qui peut nous habiter, ne se débarrasse ni du désir de l’inconnu, ni du mystère du « pourquoi pas ? ».

L’imaginaire de la culture ne gagnera rien à se laisser coloniser par des impératifs d’alignements avec nos tyranniques attentes de satisfaction.

Que sa liberté continue de prendre le risque de ne pas tous nous correspondre « à l’identique », c’est à dire dans une cohérence « globalement satisfaisante ».

Alors, le vœu est fait ici pour l’année 2014 de l’existence de propositions fascinantes, sincères et inattendues, dont nous serons les visiteurs et jamais les propriétaires.

Eklektika en sera alors le témoin ravi.

Bonne année à tous,
et l’on se retrouvera mi-janvier avec les yeux grand ouverts.

eklektika 2014


Commentaires

2 réponses à Une petite fable pour terminer 2013 – et vous souhaiter une bonne nouvelle 2014

  1. pierre andrieu dit :

    une petite fable qui amène une petite devinette : les ânes -les vrais- qui braient ont-ils de grandes oreilles ou … les idées courtes ?
    longue vie à ce petit blog !
    et à l’année prochaine donc

  2. deyris dit :

    les ânes restent des ânes, qu’ils aient des grandes choses à dire pour des oreilles qui ne les écoutent plus ou qu’ils n’aient plus rien à entendre.
    phrase écrite juste pour dérouler les mots…
    Une autre, ressentie : « bonne vie à toi Ramuntxo »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.