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‘A tort et à raison’, le cas Furtwängler : trop cher pour y aller, trop bien pour le rater (et une idée)

27 octobre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Se retrouver spectateur de la pièce de théâtre de Ronald Harwood, ‘A tort et à raison’, pourrait être une occasion exceptionnelle, sauf que, à 57€ l’entrée ce jeudi 12 novembre à Biarritz, même avec Michel Bouquet sur le plateau, il va falloir ruser.

C’est un événement qu’il n’est pas toujours permis de voir avec un tel niveau d’excellence sur la côte basque, à l’occasion de ce « A tort et à raison », cette pièce de Ronald Harwood, qui sera donnée jeudi 12 novembre prochain à la Gare du Midi de Biarritz.

L’oeuvre en soi fait événement, depuis sa publication en 1995 par cet auteur sud-africain qui a marqué les plus belles lettres de dramaturgie modernes, de son The Dresser (1983) aux scénarios de Un Pianiste de Roman Polanski (2002) ou Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel (2007).

a-torts-et-a-raisons-5L’histoire de cette pièce, sous-tirée « le cas Furtwängler », repose sur cet interrogatoire mené par un major américain, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en charge de contribuer à la dénazification de l’Allemagne, et qui se confronte au prestigieux chef d’orchestre de la Philharmonie de Berlin, Wilhelm Furtwängler.

En cause ici, une poignée de main avec Hitler à l’issue d’un concert donné en sa présence et son choix de rester en Allemagne jusqu’au bout, refusant d’abandonner son orchestre et la musique aux mains des barbares qui gouvernent le pays.

Entre l’accusation faite de compromission avec le régime et d’avoir servi la propagande nazie, et la défense du chef d’orchestre, démontrant jusqu’à l’épuisement tous ses efforts pour démontrer ses actions en faveur des musiciens, majoritairement juifs, le spectateur est sans cesse balloté dans un tourbillon de questions contradictoires, sur la capacité de l’art de dépasser la tyrannie, de lui obéir, ou de ne pas réellement s’en préoccuper.

a-torts-et-a-raisons-1La présence du (également) immense Michel Bouquet, en duo ici avec Francis Lombrail, vaut également le déplacement : initialement joué avec Claude Brasseur (photo ci-dessus), Michel Bouquet donne toute une puissance magistrale à l’oeuvre, et ce depuis sa création au Théâtre Montparnasse, en 1999.

Une légère ré-écriture de la pièce donne donc naissance à une nouvelle tournée depuis deux ans, qui la fait donc se rapprocher de la Gare du Midi dans quelques jours.

argLas, Eklektika devrait encore recevoir un coup de téléphone peu amusé quand sera publié ici le fait qu’il est compliqué d’écrire que ce rendez-vous est incontournable.

Cette pièce, fondamentale pour le trouble qu’elle distille et sur la position que doit adopter la création face à la tyrannie, sera accessible une fois encore à des tarifs qui en excluent bon nombre de spectateurs intéressés.

De 57 à 52€ la place pour 1h25 de théâtre, quand d’autres théâtres, même privés, décident de le proposer en dessous de 35€ : une non-question réglée par la seule décision de son opérateur, Entractes organisations, ses principes de réalités étant plus solides que toute autre discussion envisageable sur le partage du théâtre.

Baver devant l’affiche n’a donc pas de sens, 220 € pour une famille vous rappelant (pour beaucoup) à la raison.

Reste tout de même un pis-aller pour découvrir cette oeuvre, grâce à son adaptation très convaincante réalisée en 2002 par le grand réalisateur hongrois István Szabó, sous le titre de Taking Sides.

a-torts-et-a-raisons-2Le scénario est signé Roland Harwood, d’après sa pièce, ce qui garantit la fidélité à la dramaturgie mise en oeuvre, et les interprétations du Major Steve Arnold par Harvey Keitel hargneux et du chef d’orchestre par Stellan Skarsgård, trouble à souhait, vaut assurément le détour.

a-torts-et-a-raisons-4Le seul théâtre qui vous permettra de l’accueillir sera probablement votre salon, mais le film, au-delà des possibilités de la VOD, est disponible d’occasion sur les sites spécialisés, de 9 à 18€ le DVD.

Pas besoin de bonus dans celui-ci pour garder un souvenir très fort de cette histoire très universelle, même si complétée ici d’images d’archives des camps de concentration : le moment où le chef d’orchestre ferme les yeux en ré-entendant cette symphonie de Beethoven qui lui sera sans doute refusée dans son avenir, est proprement bouleversant, plongeant son spectateur dans ce gouffre où l’art serait plus essentiel que la vie.

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Se retrouver spectateur de théâtre, quand même

les-cavaliers-de-kesselNous avons déjà écrits tout le bien que nous en pensions : le jeudi 19 novembre au même endroit, on vous conseille de biffer sur vos agendas la présentation des Cavaliers de Kessel, donnée par les Amis du Théâtre de Biarritz, et révélation du festival Avignon Off 2014.

Et les entrées sont de 30 à 17 €.


 


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