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‘Amama’ du réalisateur basque Asier Altuna : les silences de famille dans le sang des arbres

14 janvier 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Vendredi 15 janvier, le réalisateur basque Asier Altuna sera présent à l’Atalante de Bayonne pour présenter son ‘Amama’, point de départ d’une distribution indépendante du film au Pays Basque.

A sa première vision, le nouveau film du réalisateur basque Asier Altuna, Amama (Prix du cinéma basque au dernier Festival de Donostia/San Sebastian) a la structure classique d’un récit d’opposition inter-générationnelle, au coeur d’une ferme basque isolée dans les bois d’Errezil (Pays basque sud),

Le père, taiseux, et la mère, dans l’obéissance silencieuse, face à la question de leur succession qui ne trouve pas de réponse immédiate dans les regards de la fille et du frère, après que l’aîné ait choisi de rompre les liens l’entravant à cette vie âpre, et de s’éloigner de ce devoir non discutable.

Comprendre que Amama dépasse le seul cadre d’un « famille je vous hais » jamais épuisé est un premier plaisir.

Y voir une dramaturgie sociologique et rurale est une lecture acceptable, mais assez inenvisageable pour les spectateurs de son précédent film, le magnifique Bertsulari, plongée onirique dans l’univers des joutes oratoires de poésie en euskara (la langue basque, une fois encore choisie sur ce film).

zinemaldia-2015-1Amama porte comme titre ce mot affectueux désignant la grand-mère, l’alpha et l’omega de ce récit, être silencieux de bout en bout, mais dont les yeux perçants et les mystères tout aussi acérés se devinent peu à peu derrière l’écorce de sa douceur apparente.

Son rôle n’est pas dans la transmission orale, elle est une gardienne d’un bien plus important, celui du sens et de la place accordée sur une terre où ont poussé des arbres, à chaque naissance, recouverts peu à peu d’une couleur de peinture.

Rouge pour la passion et le courage ; noir pour la rébellion ; blanc pour la paresse et la légèreté : chacun des trois enfants a eu son arbre, et sa couleur.

Et chacun devra s’en dépatouiller, et accepter le poids de son bois.

Ce bois dont on a pu former le lit de naissance, et, bien plus tard, celui d’une demande de réconciliation.

Celui qui porte les fruits nourriciers dans ses branches, jusqu’à en couvrir l’horizon de l’acceptable.

Celui qui pourrait devenir banc où la famille se retrouverait, paisiblement, mais qui sera utilisé pour la hache, le bâton de marche et de colère, jusqu’au bois d’une crosse de fusil.

Jusqu’à lui demander d’être votre dernière demeure, dans la douleur entre quatre planches d’une vie qui s’éteint.

Le bois pousse devant et en soi, Amama sait, elle ne parle pas, ou alors seule sa présence ici ou là dans la forêt porte le message recherché.

zinemaldia-2015-3Jamais Asier Altuna ne nous perd dans ces mystères forestiers, il nous y invite, et nos histoires personnelles ont la place d’y être convoquées.

Sorti en Espagne depuis octobre dernier dans une distribution indépendante, le film a comptabilisé 60.000 entrées : pour le spectateur, cette donnée n’est pas essentielle.

Seule devrait compter cette chance d’avoir ressenti en 1h45 combien un arbre est bien plus qu’une écorce de bois.

Et que de son coeur peut couler un liquide rouge et épais, qu’une main même rude peut prendre pour du sang identique au sien.


Bande annonce du film Amama


‘Amama’ distribué par le Cinéma L’Atalante de Bayonne

amama-asier-altuna-1

Fidèle à son engagement de le promouvoir sur son sol, le Cinéma L’Atalante de Bayonne continue avec Amama ce travail de distribution indépendantes d’oeuvres cinématographiques du Pays basque nord et sud, épaulé dans cette mission par l’Institut Culturel Basque.

« Un vrai coup de coeur » a confié Simon Blondeau, chargé de cette mission par l’Atalante, « parce qu’il y a là à l’évidence d’une vraie signature cinématographique », au delà de simples critères d’inscription du film dans les critères retenus : un film tourné ici, en langue basque si possible, parfois un peu trop larges pour un Lasa et Zabala d’assez mauvaise facture l’an passé.

zinegin-amamaCet engouement a été transmis à l’intérieur et à l’extérieur du Pays basque, une soixantaine de séances est déjà envisagée, notamment une exploitation « classique » du film à Bayonne (1 mois) et Biarritz (3 semaines), ou, potentiellement, du côté de Bordeaux et Toulouse.

Une belle et grande réussite, saluée au dernier Festival de San Sebastian, et par la toute récente nomination de l’actrice principale, Iraia Elias, aux Goyas.


AMAMA_FRSortie le 20 janvier 2016
> L’Atalante – Bayonne | Le Royal – Biarritz | Le Select – St Jean de Luz | Itsas Mendi – Urrugne

Avants-premières en présence d’Asier Altuna
> 13/01 Itsas Mendi – Urrugne | 14/01 Select – St Jean de Luz + Royal – Biarritz | 15/01 Atalante – Bayonne

Séances en présence d’Asier Altuna
> 01/02 St Louis – St Palais | 02/02 Maule Baitha – Mauléon | 03/02 Vauban – St Jean Pied de Port

Le film sera présenté aux Variétés d’Hendaye et à l’Aiglon de Cambo à partir du 27/01, à Haritz Barne d’Hasparren à partir du 3/02.

Tous les renseignements sur l’onglet Distribution du Cinéma L’Atalante


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