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« Armi, Armi… Armira ! » : une exposition à Bayonne pour libérer le langage, la technologie (et le chant des abeilles)

7 octobre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Du 7 au 22 octobre, l’Ecole d’Art de l’Agglomération Côte Basque Adour (Bayonne) propose de découvrir l’artiste, hacker et apiculteur Pierre Grangé-Praderas, lors de son exposition « Armi, Armi… Armira ! », à découvrir en priorité sous forme de conte, ce vendredi 7 octobre à 18h30, lors du vernissage.

C’est une fin de résidence Nekatoenena comme il en existe tous les ans à Hendaye, qui a a pris une tournure imprévue, à l’image des idées fusant dans l’esprit de l’artiste Pierre Grangé-Praderas, entre sculpture en bois, technologie, psychanalyse, art du langage et chant d’abeilles.

Les artistes contemporains sélectionnés pour vivre quelques mois sur ce domaine traversé de multiples inspirations présentent publiquement les travaux qu’ils y ont enfantés sous forme d’exposition. Et depuis deux ans, elles ont lieu à l’Ecole d’Art, sous le regard aiguisé et bienveillant du directeur Frédéric Duprat, jury de cette même résidence et ancien professeur de l’exposant en question.

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Lorsque nous la découvrons, l’exposition est en cours d‘installation, Pierre Grangé-Praderas est affairé à des branchements, assis près d’une imposante araignée-ruche-mouton géante, faite de bois et de laine de mouton. Quelques pierres alvéolées, percées par les vers, sont dispersées ici et là. Ces matériaux ont été trouvés sur le domaine de la résidence, constituant une première contrainte que l’artiste s’est imposé volontairement.

Accrochés aux murs, des petits tableaux noirs sont gribouillés à la craie, retraçant les processus, les pensées, les chiffrements de tout ce qui va nous être donnés à voir et à entendre. Puis, posées sur une table, des boites sont préparées : à l’intérieur, un petit conte publié intitulé Nekato, la petite sorcière, et une bougie disons « surprenante », pour garder un peu de mystère.

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Au commencement donc, étaient des abeilles et des capteurs.

Pierre Grangé-Praderas a hérité de sa famille la passion des abeilles.  Apiculteur même sur le balcon de son appartement bordelais, il s’intéresse également aux nouvelles technologies et aux logiciels libres comme Linux.

Un jour, il eut l’idée de placer des capteurs dans les ruches pour aider les scientifiques à en récolter les données à distance. Cette logique lui fait ouvrir un « Hacker space » à Bordeaux pour développer les systèmes libres, dont il trouve également une utilité artistique en produisant des matériaux sous forme de données.

C’est au cours d’une de ses expériences dans une ruche qu’il capte un son étonnant, un chant doublé, celui de deux abeilles reines. Il pourrait vous confier que, peut-être, son abandon des études en Génie mécanique pour les Beaux-Arts date de ce jour-là.

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Cette nécessité de langage devient dès lors pour lui le moyen de relier tous les aspects de son travail, entre technologie et art, sciences et sorcellerie, qui est, selon lui, « un refus de se soumettre à un pouvoir qui voudrait garder le contrôle », en empêchant la transmission des savoirs, par exemple.

C’est ce que raconte le petit conte issu de la résidence, durant laquelle il apprend le nom de Nekato, la sorcière, qui a peut-être vécu à Nekatoenea, et duquel Pierre Grangé-Praderas s’inspire dès lors par son véritable procès qui eut lieu il y a un siècle près d’Hendaye.

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L’exposition Armi, Armi, Armira ! prend ainsi forme aux cours des promenades et des échanges oraux vécus lors de la résidence. La création devient un conte à construire ou à déconstruire, le pouvoir des mots n’existant que si l’on y croit, comme tout pouvoir, au fond.

Mais l’aboutissement de l’histoire ne sera pas collé aux murs de l’exposition, qui la verra certainement se remplir encore : la rencontre avec les autres participant pleinement à son processus, celui de l’art « en train ». C’est sur ce territoire esthétique même que le rendez-vous est donné.  Loin d’être immobile, la performance promet d’être un moment vaste et précis, logique et improbable pour certains, imaginatif et scientifique à la fois.

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L’artiste sera là pour la conter dans un éclairage subtilement onirique ce vendredi 7 octobre à 18h30. Il sera même possible d’entendre les abeilles et surtout, surtout, de s’inventer sa propre histoire.

Les curieux sont prévenus.

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