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Aron Ottignon, à Anglet : fulgurances inattendues dans une première belle nuit Blue Note

28 avril 2017 > > Un commentaire

Invité par la Scène Nationale du Sud Aquitain ces jeudi 27 et vendredi 28 avril 2017 pour deux soirées dans le cocon de la petite salle de Quintaou d’Anglet, Aron Ottignon a surpris et enthousiasmé le public de curieux venus découvrir sa ligne du jazz : séance de rattrapage, ce soir, à 20h30, pour un second tour de magie à ne pas rater.

Le jazzman néo-zélandais Aron Ottignon a de petites mains et des tenues de scène, disons, atypiques pour un pianiste : hier jeudi, c’est vêtu d’une veste à motifs floraux à la croisée des chemins de William Morris et du Douanier Rousseau qu’il prenait place au piano.

Un chapeau, souvent, un short, aussi. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour le jazz, le dress-code, ça veut dire beaucoup. Ce qui en dit plus, c’est sa récente signature chez Blue Note.

Crédit photo : Matiu Zalem

Le virtuose n’en est pas à son coup d’essai : pianiste de Woodkid et de Stromae, Aron Ottignon a tout du musicien transgenre et génial, attachant et stimulant, comme le sont également Chassol et Anderson Paak dans d’autres registres.

Basé à Berlin, après avoir séjourné à Paris et Londres, son live au Funkhaus berlinois, suivi du EP Waves, en 2015, scellent son émergence. Viendront ensuite les quatre volets de Spaces Vol.1, puis Nile, paru en 2017, chez Blue Note.

Crédit photo : Matiu Zalem

Influencé par les musiques électroniques, ses racines néo-zélandaises sonnent comme une réminiscence, un lointain souvenir, tribal, fusionnel, termes souvent galvaudés derrière lesquels Ottignon semble parfaitement se retrouver.

C’est dans la Black Box (petite salle du Théâtre Quintaou d’Anglet), qu’il s’est avancé avec Sam Dubois au steel pan (« tambour d’acier ») et aux percussions, et Jose Joyette à la batterie.

Crédit photo : Matiu Zalem

Crédit photo : Matiu Zalem

Dans ce face-à-face triangulaire, tout semble construit et déconstruit dans le même temps : si le pianiste revendique une influence free, lui, l’élève du pianiste Andrew Hill, évolue sur scène entre une écriture limpide, de belles envolées académiques, aussitôt percutées, le temps d’un sourire chafouin envoyé à ses acolytes, par des fulgurances inattendues.

On nage en plein tourbillon. Face à lui, Sam Dubois justifie pleinement son statut de pointure du steel pan, en basculant sans relâche d’un rythme à l’autre et en répondant aux appels aléatoires du pianiste fleuri.

Crédit photo : Matiu Zalem

Sans Rodi Kirk, qui accompagne habituellement Ottignon aux machines, c’est au pianiste que revient le délicat exercice d’alterner piano et effets.

Surplombant ses touches, quatre boîtes à rythmes et autres séquenceurs distillent des montées envoûtantes, sur lesquelles Joyette donne du kick, du vrai, à la grosse caisse, la prouesse dans ce genre de format revenant à recréer en live des sonorités issues d’un assemblage né en studio.

Crédit photo : Matiu Zalem

Tous trois évoluent sur un ensemble électro-acoustique : Dubois passe du steel pan caribéen à sa version 2.0, le pankat, pour retourner vers des congas ou des maracas, puis un générateur d’effets, quand Joyette, de son côté assure le tempo, avec bravoure.

Crédit photo : Matiu Zalem

Assis en tailleur, aux pieds des instruments, le parterre est enthousiaste. Confortablement assise dans les gradins entourant le trio, la centaine de spectateurs voyage au gré des aléas, des contretemps et des envolées lyriques.

Crédit photo : Matiu Zalem

Les trois musiciens s’amusent et leurs improvisations « sans filet » créent ce suspense propre au free jazz. On croise dans la musique d’Ottignon les tambours du Pacifique, la musique traditionnelle péruvienne (Rivers), le kayamb réunionnais (Waves, Ocean) et même des influences de jungle.

Pas la jungle, non, ni la londonienne, ancêtre de la drum n’ bass, mais la nôtre, de jungle, celle de Calais, où Ottignon séjourna un temps, en 2015, pour venir en aide aux réfugiés.

Crédit photo : Matiu Zalem

Tout n’a pas été raconté en un seul soir ; ce vendredi à la même heure et dans les même lieu, la magie du trio d’Aron Ottignon n’a pas dit son dernier mot.


 


Commentaires

Une réponse à Aron Ottignon, à Anglet : fulgurances inattendues dans une première belle nuit Blue Note

  1. bareyt dit :

    Que dire de ce concert surprenant, original, magnifique, répétitif, (style philip glass) des musiciens superbes avec un solo de batterie que j’adore , cette soirée ma même parue très courte, en tout cas merci à ses musiciens de premier ordre

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