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Translatines, Black&Basque, Spacejunk et les 4 Fantastik : leurs propositions pour des Assises de la Culture à Bayonne

11 mai 2015 > > Un commentaire

Les Translatines, le Black&Basque, Spacejunk et le collectif des 4 Fantastik : l’appel est lancé à Bayonne pour que des Assises de la Culture permettent de redonner une lisibilité à la politique de la ville, et aux conditions de nouveaux espoirs.

Entre Nive et Adour, le constat du désengagement de l’État est connu, et chiffré : Bayonne perd 1,5 million d’euros de dotations en 2015, sur un global de 99 millions, et la potion amère sera identique en 2016 et 2017.

Contre l’affirmation entendue que la culture ne serait pas « la variable d’ajustement de la crise », le choix politique a rejoint l’attitude de ces 36% de villes françaises qui ont choisi de diminuer ou de supprimer des subventions culturelles, fragilisant le poids économique de ce secteur, et sa contribution au dynamisme de la collectivité en termes d’emplois, de retombées d’attractivité et d’image.

Dans l’urgence décrétée, le schéma directeur de la politique culturelle de la ville s’est fait l’écho de la réponse, interrogative, de son Maire, Jean-René Etchegaray : « comment on fait ? », et de son adjoint à la culture, Yves Ugalde, répondant aux nombreux éconduits que « la porte reste ouverte », sans indiquer avec précision s’il s’agit de celle de l’espoir ou de la sortie définitive.

Résumé par un appel à des Assises de la Culture, il est temps d’imaginer une nouvelle page de l’histoire culturelle de la ville, pour ne pas effacer celles déjà écrites, les quatre interlocuteurs sollicités par Eklektika convergeant sur la nécessité de réfléchir ensemble à un temps de concertations, et de propositions.

Le festival de théâtre des Translatines et celui du métissé Black&Basque, déboulonnés en 2015, l’espace d’art contemporain Spacejunk ou le collectif rock des 4 Fantastik : acteurs ancrés dans la diversité culturelle de Bayonne, ils en appellent à réunir les énergies, les moyens humains et budgétaires, autour de projets partagés, dans les caractéristiques et les attentes de ce territoire.

Et les réponses attendues ne concernent pas que leurs seules existences : « mieux cerner les demandes du public » est accolé instinctivement au souhait de dialogue avec leurs partenaires institutionnels.

Le premier objectif est que  l’enthousiasme nécessaire ne recule pas devant le manque de lisibilité de ce secteur, saisi d’incompréhension aujourd’hui devant la redéfinition de l’offre culturelle, tel que posée par le seul nouvel entrant du calendrier 2015, le festival Kulture Sport, du 12 au 14 juin prochain.

A la clôture des Assises de la Cultures de Strasbourg, en décembre 2014, son maire Roland Ries avait souhaité résumer ces enjeux de vitalité par une formule courte : « l’obligation d’être bons pour nous-mêmes certes, mais excellents pour les autres ».

Le débat est ouvert, Eklektika a souhaité s’en faire l’écho.


LES TRANSLATINES, avec Jean Marie Broucaret

translatines-assisesDès la fin des Translatines 2013, le directeur du Théâtre des Chimères, Jean-Marie Broucaret, qui porte depuis plus de 30 ans ce festival latino-américain et ibérique avec son équipe, avait appelé à la tenue d’Assises de la Culture sur notre territoire, de l’agglomération ACBA jusqu’à l’ensemble de la côte.

La disparition de la biennale pour 2015 a été un choc, par lequel l’incompréhension a pris le dessus sur la colère ou l’abattement.

« Les règles du jeu changent », introduit-il, « un sujet aussi important que l’avenir de nos vies, dont la culture est un élément essentiel, nécessite un acte de démocratie participative dans laquelle s’inscrivent ces Assises de la Culture »

Dans le contexte du désengagement de l’Etat, « les communes ont désormais le champ libre, en premier lieu, pour redéfinir leurs priorités, et mener leurs propres évaluations de ses acteurs culturels », un prisme trop étroit, conteste-t-il.

La « condition indispensable » de ces Assises est donc la participation active des élus de la Ville, des collectivités territoriales du département et la région, mais également « des personnes en charge au quotidien des services culturels de ces collectivités, à même d’inviter les acteurs culturels institutionnels et associatifs, et des représentants d’associations de spectateurs ».

Si l’évidence reste que Bayonne, Anglet et Biarritz, pierres de voûtes de l’agglo ACBA, ont des enjeux culturels qui leur sont propres, le constat géographique oblige à poser « le souhait ou non de projets communs, ou pour le moins coordonnés, dans ce même bassin de vie et de population », en particulier dans sa spécificité de multi-linguisme.

Confrontée à la tentation de l’évènement pour sa seule dimension populaire, « l’entrée dans la culture », rappelle-t-il, « se fait par plusieurs portes, de différents styles et de différentes tailles », où doit se croiser « le grand et le petit, le dissipé et le plus sage, la nouveauté et le patrimoine », et de compléter sur la place à laisser « à l’étranger, à l’autre, le différent ».

« Et je crois profondément que la culture est un de ces biens de première nécessité permis par l’argent récolté par les impôts, reversé à la population sous forme de services publics », même si la piste de soutiens privés ou de mécénats doit également être étudiée, conclut-il.


BLACK&BASQUE, par Christelle Vessot

blackandbasque-assisesMême en voyage loin de nos contrées jusqu’à la mi-mai, la cheville ouvrière bénévole du Black&Basque, Christelle Vessot, a tenu à participer à cette réflexion commune, quelques jours après pris acte, avec sa figure de proue Christian « Moustic » Bordes, de la fin du festival où se croisaient depuis 5 ans les expressions des plus enthousiastes de deux cultures.

Accompagnant un ressentiment noir et découragé, un appel à des Assises de la Culture s’y est associé afin de « ne ne plus perdre du temps à se demander pourquoi une subvention n’a pas été accordée, ou pourquoi un Festival a été arrêté ».

« L’idée qui doit faire consensus aujourd’hui, c’est d’être constructif, dans un dialogue professionnel entre les acteurs culturels et les financeurs publics, autour d’une question centrale : quelle est la politique culturelle de Bayonne ?

Les données de subventions directes peuvent en dessiner une première réponse.

A Bayonne, le budget global « culture et patrimoine » est de 897.340 € soit 19 € par habitant (contre 33 € pour le sport), la dotation à la Scène Nationale Sud Aquitain représentant 63% de l’effort financier consenti, avec 564.200 €, quand 50 autres acteurs culturels se répartissant les 37% restants.

« Ça peut être satisfaisant, car c’est une décision de la majorité qui a élu le conseil municipal, c’est une signature de politique culturelle », mais de compléter : »convoquer des Assises et mettre aussi cela sur la table, c’est se poser la question de savoir si ce ne serait pas insatisfaisant aujourd’hui ».

L’arrivée dans le paysage du festival Kulture Sport, du 12 au 14 juin prochain, relève d’une autre « signature politique », quand, à Bayonne, 24 propositions culturelles ont été déposées pour la 1ère fois en 2015 sur la table du Maire : deux seulement ont été acceptées, 450 € pour un tournoi du Cercle de Bridge et 25.000 € pour Kulture Sport.

« S’il s’agit de « ne pas se priver d’un nouvel événement » en tant que « nouvelle équipe » (comme entendu sur France3 par son adjoint à la Culture Yves Ugalde), la discussion risque d’être rapide », estime-t-elle.

Et de conclure pour sa part : « Les Assises de la Culture doivent permettre de construire et de participer à un projet culturel partagé par le territoire, engager une réflexion avec l’ensemble de ceux qui mènent des projets artistiques, qu’ils soient institutionnels, associations investies, médias, mais aussi partenaires privés et citoyens. Et des gens de l’extérieur avec des expériences de l’extérieur. A réfléchir. Mais pour nous, pas n’importe qui, ni n’importe comment ».


SPACEJUNK, par Alban Morot

spacejunk-assisesImplantée depuis 8 ans dans le quartier St Esprit de Bayonne, la galerie d’art contemporain Spacejunk n’a que peu à voir avec cette tendance consistant à « interroger à tour de bras les mythes, les traditions d’un territoire, les croyances, etc, un art dit contemporain quand il est tourné vers le passé, qui réinterprète inlassablement des points de vus formatés par les institutions ».

Dotée d’une subvention de 9.000 euros annuels, la question qui devra être posée dans des Assises de la Culture est directe, pour son directeur Alban Morot : « Pourquoi faire des efforts quand la culture traditionnelle alimente la pompe à devises du territoire ? ».

A cette incertitude de l’enthousiasme face à un manque d’ambition « comme on le rencontre partout en France », il insiste sur la nécessité de « mettre en lumière les artistes qui montrent le monde différemment » : « le surf et les pintxos ne sont évidement pas suffisants ».

Son expérience lui permet de l’affirmer : la population au Pays basque est ouverte à ce genre d’initiative (comme l’a encore montré récemment le projet Art in House, porté par un privé, Rey Promotion), « le sentiment de fierté d’habiter au Pays Basque ne peut être que renforcé par une offre culturelle de qualité, de pointe, audacieuse« .

Alors, il s’agira pour ce temps de concertation de « ne pas imaginer une machine à gaz », mais de remettre en question « une vision courtermiste », mal nourrie de « programmations événementielles paillettes », « de l’entertainment à grande échelle ».

Les expériences de Darwin Ecosysteme à Bordeaux, Platoon Kunsthalle à Berlin, ou la Zawp de Bilbao l’ont montré : la culture qui sert à élever les consciences et à fournir de l’enthousiasme, ça se défend, et le meilleur angle d’attaque consiste à laisser faire ceux qui savent faire.

« La programmation, c’est un métier. Des années d’expérience, de veille, de relation avec les artistes, de remise en question, et d’un savoir au service de l’intérêt général », conclut-il.


LES 4 FANTASTIK, par Daniel « Loco » Rodriguez

fantastiks-assisesCe collectif d’associations regroupées autour des musiques actuelles a une place forte depuis deux ans, Le Magneto, première réponse insatisfaisante pour qu’existe sur Bayonne un lieu de concerts, les plus éclectiques possibles.

Mais les conditions de sécurité et la vétusté des lieux l’ont montré : il faut envisager un nouveau projet pour cette ambition, « nous sommes en demande de discussion permanente et concrète avec la Ville, mais également avec l’ensemble des acteurs culturels du territoire, un point essentiel de ces Assises de la Culture », souligne Daniel Rodriguez, directeur pour l’un des 4 F de la Loco de Tarnos (qui a vu son festival des Océaniques être rayé du calendrier 2015).

« Une réunion globale avec tous les acteurs culturels mettra à jour des pratiques différentes mais des valeurs communes, cela ne peut être que bénéfique pour tout le monde ».

Ne rien s’interdire, réfléchir ensemble, unir les compétences, et surtout « réfléchir à une compétence culturelle d’agglo qui ne serait pas là pour suppléer les manques des communes, mais pour apporter un soutien supplémentaire, lucide sur ses enjeux de territoire et sur ses besoins émergents », conclut-il.



Commentaires

Une réponse à Translatines, Black&Basque, Spacejunk et les 4 Fantastik : leurs propositions pour des Assises de la Culture à Bayonne

  1. pingeot dit :

    afin de ne pas rendre la culture libéralement capitaliste sauvons les translatines pour 2016 17…

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