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Atabal Biarritz : pas assez de Capsula, trop de Black Strobe

3 novembre 2014 > > 4 commentaires

Vendredi dernier, le cocktail de Capsula en première partie des Black Strobe n’aura pas réussi à s’équilibrer, l’emballant début de concert se transformant en une soirée karaoké ennuyante.

Lorsque l’on se nomme ainsi en référence au maître absolu du Glam-rock et initiateur de nombreuses autres tendances musicales, tout amateur de rock qui se respecte est forcément excité à l’idée de monter dans la navette spatiale de ce trio porteno Capsula pour un joyeux trip musical. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il atterrira de plein pied dans un univers puissant et créatif, certes fortement inspiré par  la dite-icône précédemment citée, mais aussi par la scène garage américaine (Stooges / Television / John Spencer / Velvet).

Capsula – Take your protein pills and put your helmet on… Space Oddity!

capsula

L’originalité de ce groupe provient certainement de leur origine sud-américaine qui leur confère une sorte de dimension mystique,  voire chamanique, accentuée par un fond de scène représentant une chasse au tigre version peinture rupestre.

Cette impression se confirme au fur et à mesure d’un set (malheureusement entrecoupé de problèmes récurrents de branchements guitare) montant en puissance au fil de morceaux nerveux et inspirés emmenés par un solide duo basse / batterie  et un guitariste maîtrisant sérieusement son sujet malgré les soucis techniques.

capsula-martin-guevara« Esto no es U2, esto es rock n’roll” nous assène le leader au nom prédestiné de Martin Guevara, proposant à une assistance quelque peu frileuse de se rapprocher de la scène afin de bouger autre chose que leur tête, puis à son tour de descendre dans la fosse et créer une ambiance de partage quasi religieuse qui fera le bonheur de tous les photographes présents à cette grande messe du r’n’roll!

En tout cas, il est une évidence que ce trio a tout pour devenir un gros calibre de la scène internationale tellement il respire une vérité, un son personnel, un cœur énorme et une qualité musicale indéniable dont peu de combos peuvent se revendiquer.

Ce passage en première partie sur les planches de l’Atabal, après avoir foulé nombreuses autres aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis lors de festivals prestigieux, laisse un arrière-goût de « pas assez » ou de «on en veut encore » et donne envie d’explorer au plus profond leurs secrets solaires.

Black Strobe, n’est pas Depeche Mode qui veut

strobe-uneAprès un entracte rockab à souhait agréable à nos vieilles oreilles, se présente désormais une armada de synthés numériques et analogiques vintages à souhait (genre Prophet 600 et  Moog) accompagnant guitariste/batteur/synthé et chanteur leader, mix génétique improbable de Dave Gaham et Johnny Cash version zazou parigot « viva el pento » !

En soi, rien de scandaleux à mélanger les genres en ces temps de conservatisme puritain, d’autant que, d’entrée, le son proposé par la troupe est balèze et carré. Le batteur millimétrique genre boite à rythme s’envoie (du fait qu’il n’a pas de collègue bassiste sauf sur 2/3 compos) pour assurer le rythme, et le guitariste fait vraiment de son mieux pour donner une âme rock à un ensemble aussi disparate qu’hétéroclite.

Le frontman, Arnaud Rebotini de son petit nom, a quant à lui, la grande qualité d’être un très bon producteur et arrangeur, il l’a prouvé par le passé en étant le créateur de compilations et soirées « techno » en compagnie de Gesaffelstein ou Yvan Smagghe avec lequel il fut le fondateur de BS, justement.

Il n’y a qu’à écouter leur collaboration et le morceau Innerstrings  paru au début des années 2000, pour se rendre compte de ce que ce style électro-gothique peut receler d’originalité et d’intérêt à des oreilles curieuses de nouveauté.

En revanche, dès lors qu’il s’agit de retranscrire cette entreprise « on stage », la tâche est d’autant plus ardue que n’est pas Dépêche Mode qui veut et que le physique, la présence (ou plutôt en l’espèce la non-présence) ne fait pas tout.

strobe-12Il est lui-même son propre fossoyeur où, lors d’un énième plantage, après avoir essayé des « Hooochie cooochie man » Muddywatersien, des « Kooo koo hou ha hou ha » Screaminjayhawkinesque ou encore des « Can’t get no satisfaction » Mickjaggerien, il s’auto fustige en disant… « faut que j’bosse maint’nant » !

Alors oui, des fois, mieux vaut se limiter a ce que l’on sait très bien faire plutôt que de s’aventurer dans les méandres d’un cross-over musical que l’on ne maîtrise pas bien et qui, à force, peut devenir rébarbatif et indigeste.

Cette fin de  soirée au goût de karaoké pour personnes âgées ou de zapping sur spotify pour djeun’s aura laissé une odeur de musée des horreurs, ce qui en soit tombait plutôt bien pour un 31 octobre d’Halloween.


Commentaires

4 réponses à Atabal Biarritz : pas assez de Capsula, trop de Black Strobe

  1. PADBOL dit :

    Je crois que vous avez inversé:le karaoké pour personnes âgées, c’était la première partie….
    Je préfère 1000x un mec qui essaie de créer plutôt qu’un groupe qui nous régurgite les 70’s.
    Et si on devait se cantonner à ce que l’on sait faire…autant regarder les originaux

    • Patrice Tourrel dit :

      Merci Mr Padbol pour votre commentaire qui a le mérite d’être clair et argumenté. Cependant je me permettrai de re-préciser que ce n’est pas tant la tentative de créer du neuf,même si c’est aussi avec du vieux en ce qui concerne BS (otez-moi d’un doute mais Johnny Cash ou Bo Diddley c’est pas récent-récent !)qui dérange,c’est uniquement de le mal faire sur scéne. En ce qui concerne Capsula oui, ils ont un héritage 70’s mais leurs compos se trouvent enrichies de leur propre univers et surtout, ils ont une vraie présence scénique…Alors voilà pourquoi ce mi-figue / mi- raisin !

  2. Minae dit :

    Article cocasse…

    Il est cocasse de lire « n’est pas depeche mode qui veut » en titre pour finir sur une critique sur les talents de chanteur du chanteur.
    le chanteur de depeche mode ne savait pas chanter jusqu’à il n’y a pas longtemps (je vous invite à réécouter leurs vieux lives 😉 ), si vous aimez réellement les ambiances karaoké, vous serez largement plus servi par les fausses notes du chanteur de dm que de celui de bs en live

    et sinon je crois qu’il y avait plus d’un problème technique dans votre salle, dans un concert de bs , on entend les lignes de basses (synth/cordes), enfin je dis ça juste parce que j’ai écouté ce groupe dans plus d’une salle de concert, ce qui m’a permis d’avoir plusieurs perceptions de ce que peux être l’échange du contre-point rythmique/ligne de basse.

    du synth numérique ? chez bs ? il ferait beau voir !

    article cocasse aussi, parce que vous reprochez un manque de rigueur dans la prestation scénique de bs, mais vous ne pensez pas qu’utiliser les photos du press kit du nouvel album dont le groupe est venu défendre devant vous aurait été un bonne idée ??
    cette photo est super vieille, c’était pour leur précédent album.. si vous aviez utilisé le matérielle adéquat, on aurait pu voir tous les membres du groupe dans votre illustration.

    après les goûts et les couleurs … c’est une autre histoire .. il y a toujours eu ceux qui veulent réécouter le son et surtout le style de compo de leurs jeunesses, et ceux tournés vers l’avenir « malgré » leurs vieux instruments…

    BS pas de présence scénique ? un groupe où des musiciens s’échangent des instruments suivant les morceaux ne bougent pas assez selon vous ? je crois que BS n’est pas un groupe punk, peut être parce que, non, ils ne sautent pas dans tous les sens 😉

    à vous lire, on dirai que BS n’a que des reprises dans son répertoire, ce qui est TOTALEMENT FAUX.

    et le public aussi ? sa prestation en fosse à lui, elle était comment ? parce que ça, ça change aussi d’une ville à l’autre, mais en général, j’ai plutôt remarqué que le public de bs connaissait les paroles des chansons de bs, qu’il soit un public dansant ou non, ce qui est rare en France pour groupe qui ne chante pas en français.

    perso, j’attends toujours un minimum de cohérence de la part des gens que je lis ..
    ceci dit, il est quand même « sympa » de lire un papier sur BS qui ne s’auto-masturbe pas sur BS, même si on sait qu’une offre musicale comme BS est unique (et remarquable, cocorico) sur la scène international .

    bonne soirée

    • Patrice Tourrel dit :

      Bonjour cher(e) lecteur(trice) et merci d’avoir jeté un œil sur ce report et plus spécialement, sur le site Ekelktika.
      Je me permets de vous dire d’un seul, œil, car je crains que vous n’ayez pas totalement perçu le fond de mon propos qui n’était pas de dire qu’il n’y a pas d’intérêt ni de qualité dans la musique de Black Strobe et pas plus que son chanteur est une daube ! Je souhaitai souligner le fait que BS est fort probablement un combo digne d’attention mais que à ce jour, précisément, il ne m’apparaît pas être (encore ?) bâti pour la scène. Je n’ai pas non plus affirmé que leur répertoire était constitué de reprises mais je répondais simplement au précédent interlocuteur sur le simple avéré fait que, eux aussi, piochaient allègrement dans les vieux bacs que Mr Rebotini connaît si bien en tant qu’ancien vendeur de disques…
      En ce qui concerne vos propres arguments, je vous propose de vous intéresser à plusieurs articles de journalistes plutôt respectables, de qualité et connaisseurs du sujet (Libération / Inrocks / Télérama ou Mowno) qui vont grosso-modo dans le même sens à savoir que oui, Mr Rebotini est tout à fait capable d’être un très bon producteur / découvreur / défricheur / dj mais pas forcément un frontman de GROUPE, qui est un métier à part entière.
      La présence scénique à ce propos, ne consiste pas, me semble-t-il, forcément à sauter partout, à péter les guitares, à être super looké ou à jouer aux chaises musicales avec les instruments mais à créer une aura, un tableau, un écrin à la musique afin de la sublimer et non de la faire tourner sur son nombril…
      Enfin, la comparaison (ou pour le moins le rapprochement) que l’on peut faire entre les deux entités et leur qualités intrinsèques, chacun est juge de ses propres choix mais, à titre d’exemple concernant les vieux live de DM, je me permets de vous intéresser à celui de Hambourg 1984 https://www.youtube.com/watch?v=CsGyvdbZIVE ou Martin Gore et sa bande utilise à peu près les même synthés…et où Dave Gaham ne commet aucune faute, ni de goût, ni de chant, ni d’absence scénique ! Et ce n’est pas de l’intégrisme immobiliste et rétrograde de ma part…
      J’espère avoir été suffisamment cohérent et cocasse à nouveau pour vous plaire afin que nous ayons la chance de vous retrouver sur Eklektika à l’affut de critiques constructives !
      A bientôt…

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