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A l’Atabal Biarritz, des Mansfield Tya aux promesses electro-pop trop sages

24 mai 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Retour sur le concert vendredi 20 mai à Biarritz du duo nantais Mansfield Tya, pop-new wave sophistiquée mais parfois trop appliquée, la fièvre restant au stade de promesse.

Il faut parfois admettre son ignorance et la dépasser, pour se rapprocher du duo de Mansfield TYA, 4 albums au compteur et déjà dix ans de carrière pour ce duo electro-pop nantais, proposé sur scène le vendredi 20 mai dernier par l’Atabal Biarritz pour y croiser la route de Julia Lanoë et Carla Pallone.

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©Raphaël Cauhépé-François

La première plutôt guitare électrique, et la seconde au violon, et toutes deux les yeux rivés sur leurs consoles électroniques et les pédales d’effets à leurs pieds : entre la Cigale qu’elles ont rempli à ras-bord le mois dernier et les Vieilles Charrues qu’elles honoreront le jour de la la Fêt’Nat, leur concert était une première au contact des « petites princesses » de la côte basque.

Leur entrée en scène a permis immédiatement de constater qu’un fan-club très fémino-féminin n’aurait manqué cela pour rien au monde, les ballades de Mansfield Tya donnant lieu instinctivement à un parfum de complicité chaleureuse à la fois sur la scène et dans le public.

©Raphaël Cauhépé-François

L’univers musical, sombre et mélancolique, qui leur est accolé un peu systématiquement, admet son échec au moins pour ce soir.

Julia est taquine, Carla complice, les paroles touchent aux vécus de nuits qui refusent de renoncer à l’aube aux traits tirés, « je n’ai nulle part où me barrer, je vais faire la fête à en crever » : dans le public, les bas des reins savent et apprécient.

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©Raphaël Cauhépé-François

Le son s’élève, lourd, fort, les strobos accentuent le désir d’adrénaline, les deux donzelles ont les épaules qui remontent, yeux de louves dans des corps bien sages, trop peut-être.

Leurs morceaux exaltent le lâcher-prise, débarquent avec la tentation des shoots de décibels de The Do ou de Archive, la durée des mises en boucles sonores recherche le vertige, sans y parvenir dans la configuration biarrote.

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©Raphaël Cauhépé-François

La fascination de la facilité musicale de ce duo fort en gammes, mais, malgré une jauge resserrée et une grande proximité avec le public, les dispositifs de fumées de scène ne parviennent pas à masquer l’impression d’être face à deux jeunes filles dans leur chambre, riant du mauvais tour joué aux promesses faites à leurs parents.

Les cours de violon et de piano auraient pu faire d’elles de sages concertistes, elles en rigolent encore, le Dictionnaire Larousse extrait de leur dernier album a été détourné de son usage habituel, « il y a de quoi passer une vie, entre amour et zoophilie », chante Julia.

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©Raphaël Cauhépé-François

La joie de la transgression est palpable, l’humour et l’amour au cœur, mais cela reste encore trop sage, trop appliqué, le concert tourne plus à la performance qu’au grand 8 espéré.

Les mélopées lancinantes aux rythmes puissants font certes la différence avec d’autres chanteurs/euses entendues ici, mais Mansfield Tya ne renouvellera pas la décharge d’électricité frénétique d’une Jeanne Added vue ici quelques semaines auparavant.

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©Raphaël Cauhépé-François

Le public a naturellement dépassé le stade de la seule politesse courtoise, mais le nirvana baroque de ces deux-là reste à l’état de promesse, pourtant clairement entrevue :

Écrivons-nous pendant la guerre, des lettres, des lettres de feu.
Et s’il n’y a pas de guerre, je vous en prie Gilbert,
Trouvez une bataille au mieux !

La nuit peut exiger paisiblement la fin de la rencontre, le bar se faire l’étalon d’une chouette soirée passée ici (une de plus) : le départ de l’Atabal se fera avec, dans le corps, le souvenir tenace mais trop rare de purs moments de décollages, dont ce « La nuit tombe, je ne tombe pas » qui nous fera credo pour nos futurs décalages horaires.

 


Crédit photos : ©Raphaël Cauhépé-François
Site : www.collectif-photo.com


 


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