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L’Atabal l’a jouée carte jeunes (et banco)

28 octobre 2013 > > 2 commentaires

La salle de l’Atabal de Biarritz n’a pas fait le plein (loin de là) ce samedi soir, et ce sera l’unique regret de ceux qui ont assisté à La Tournée, initiée par le Rama (Réseau aquitain des musiques actuelles : cinq concerts (entrée gratuite) par cinq groupes amateurs en devenir, dans cinq départements de la région (la Rock School Barbey à Bordeaux, le Florida à Agen, le Rocksane à Bergerac, le Café Musique à Mont-de-Marsan et donc l’Atabal à Biarritz).

Repérés par des tremplins ou sur une première galette, ils avaient pour eux une jeunesse assumée et un plaisir évident de jouer dans une vraie salle, clé d’un enthousiasme qui a forcé la sympathie, puis, peu à peu, de belles vibrations indies. Ici, pas de reprises, mais des compos maisons, plus ou moins influencées.

Petit tour d’horizon d’une soirée réussie, dont nous repartîmes avec l’intention de retenir certains de ces noms de groupes. Et avec la satisfaction de voir que l’Atabal déploie une prise sincère de paris dans sa programmation : ce que nous lui demandons quotidiennement, les yeux fermés, dans nos prières de païens indécrottables et shootés à ce « one two three four ! » toujours aussi indispensable.

Jools (Landes)
https://www.facebook.com/joolsmusic/

JoolsUne pop mutine aux influences british entre Beatles et Two Door Cinema Club, décontractée et un peu crooner, un poil moins convaincante sur les riffs solos du chanteur, Julien Tastet : très charismatique, il nous rappela pourtant qu’il était encore possible aujourd’hui de se présenter sur scène avec une chemise 70’s boutonnée jusqu’au menton.

Son « Merci pour cette expérience, on ne l’oubliera jamais !!!« , lancée en fin de set, aura parfaitement conclu leur prestation, élégante et prometteuse.

Green drop (Lot et Garonne)
https://www.facebook.com/GREENDROPMUSIC

green dropUne belle énergie, par un groupe meilleur dans ses influences (entre The Doors pour le tempo, et FFF dans ses accès plus rageurs) que sur scène (où la question de se serrer à quatre sur la même ligne disparaitra au fur et à mesure de leurs aventures). Sur ces jeunes bras manquaient sans doute encore quelques tatouages pour les imposer comme des vrais rockers purs et durs, une impression renforcée quand, tout de suite après leur départ, retentit un titre du dernier album des Arctic Monkeys (influence revendiquée par le groupe, mais encore un peu hors d’atteinte).

Ua Tea (Dordogne)
https://www.facebook.com/Ua.Tea

Ua TeaSur cette voix féminine qui susurre « Why I’m mad ? » réside en grande partie le charme évident de Ua Tea, combo précis et précieux porté par les influences de Norah Jones, et, parfois, d’une Cat Power sobre.

Pieds nus tous les trois, et chignons identiques, leur musique fragile et subtile s’est parfois trouvée un peu bousculée par des gutturales moins convaincantes à faire se retourner Janis Joplin, mais l’ensemble s’est montré suffisamment convaincant par ailleurs, pour une jolie illustration sonore de l’expression « émotion sur le fil du rasoir« .

I Me Mine (Gironde)
https://www.facebook.com/imeminepop

I Me MineDe ceux-là on comprit dès leur entrée sur scène que leur pop nerveuse nous renverrait vers l’insolence post-punk des jeunes Blur. La pédale wha wha fait décoller le public, tandis que les frissons de guitares bientôt torturées montent vers le ciel avec l’assurance d’un kamikaze vers Pearl Harbor. Le chanteur peut claquer sa basse et répéter « You’ll be mine« , on a déjà succombé dès l’intro, avant même que ne se déchaine à la fin du set un synthé psychédélique à faire frémir Damon Albarn.

I Me MineEt l’on insistera sur notre plaisir de constater qu’il existe encore des batteurs impayables, celui-ci avec ses lunettes de John Lennon aura grandement contribué à nous demander si nous étions parvenu à la croisée d’un concert des Raconteurs et d’une scène inédite d’Orange Mécanique. Une claque (bien plus joyeuse que la branlée encaissée par les joueurs du BO quelques heures auparavant), par un groupe dont on se demande bien pourquoi il est moins connu qu’Émile Louis.

I Me MineLe chanteur peut saluer le public d’un « On espère vous revoir« , une évidence ce soir.

The Lookers (Pays Basque)
https://www.facebook.com/lookersband

The LookersD’eux, on savait déjà une chose écrasante, c’est d’avoir attiré l’attention des Inrocks, en juillet dernier, et d’y avoir lu qu’il serait possible de faire du rock tellurique sans être né à Liverpool ou Seattle.

Cette pensée est encore en vous, des verres volent sur scène et le public montre qu’il n’a rien oublié du mot « pogo », quand eux ont empoigné leurs instruments pour en arracher des tremblements secs comme des coups de trique. Le mot Buzzcoks vous revient à l’esprit, la basse martèle que la mort des Ramones n’est rien si on sait la dépasser, et l’on sent déjà que l’on ne pourra plus faire sans ces trois-là, ici, au Pays Basque.

The LookersLe larsen de leur rock-garage ne vous lâche pas, et vous rappelle d’aller remettre un coup de pied sur la tombe de Thatcher, à votre prochain passage sur Londres. Les morceaux s’enchaînent, et vous tendez vos poignets, victimes consentantes et insistantes de ces voix rauques. Les paroles ont la délicatesse électrique de vous paraitre inintelligibles, deux vieilles profs d’anglais quittent la salle en grommelant leur refus d’un Seattle bis, on ne pourra rien pour elles, et on reprend notre place dans la furia devant la scène.

A la toute fin du set, « Hey ho ! let’s go !!!! » fait entendre ses premières notes inoubliables, les Lookers demandent à tous les groupes précédents de les rejoindre pour un bordel furieux sur scène, la transe réclame des corps dénudés et la fin des chemises à fines rayures bleues UMP pour les garçons, tandis qu’un « Merci l’Atabal » se fraie un chemin dans toutes les têtes.
Atabal Biarritz Tournéeatabal biarritz Tournée


Commentaires

2 réponses à L’Atabal l’a jouée carte jeunes (et banco)

  1. Emile dit :

    Bonjour,

    Savez vous si il y aura la même chose cette année?

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