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Attila de Verdi ouvre la saison de l’Opéra de Bilbao

25 novembre 2014 > > 3 commentaires

Après une première à Bilbao samedi dernier, l’opéra Attila accompagné par l’Orchestre Symphonique d’Euskadi sera redonné dans la capitale biscayenne dès ce mardi 25 novembre, puis le vendredi 28 novembre et le lundi 1er décembre.

Attila, un Verdi de jeunesse, peu connu et peu joué, mais plein de vitalité et de fougue juvénile, où de nombreux morceaux électrisants s’enchaînent avec rapidité, a ouvert la nouvelle saison de l’Opéra de Bilbao samedi 22 novembre au Palacio Euskalduna.

Le meilleur est clairement venu du côté des interprètes et surtout de l’Orchestre Symphonique d’Euskadi, sous la direction du maestro Francesco Ivan Ciampa.

Seul bémol : la mise en scène de Ruggero Raimondi a quelque peu déçu, malgré les décors impressionnants de Daniel Bianco.

Compte rendu d’un moment exceptionnel cependant, malgré le bémol d’un prix d’entrée trop élevé pour espérer concrètement rapprocher l’opéra lyrique de toutes les envies.

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Crédit photo : Frederik Verbeke

Le début de la 63e saison de l’Association des Amis de l’Opéra de Bilbao (ABAO) était plus attendu que jamais. Jamais auparavant la saison de l’Opéra n’a débuté aussi tard, la baisse des subventions publiques en étant la cause principale.

Et très attendu aussi de par la présence de Ruggero Raimondi, une légende vivante de l’Opéra, qui retrouvait Bilbao comme metteur en scène après y avoir interprété le rôle principal d’Attila lors d’une mythique représentation au Coliseo Albia en 1977.

Le tout-Bilbao s’est donc pressé samedi soir pour assister à cet événement qui s’annonçait “spectaculaire”.

Dans les minutes qui précédaient le début de l’opéra, un aurresku d’honneur a été dansé devant les autorités locales rassemblées dans le hall du théâtre, et le public a entonné dans la salle un Agur Jauna pour célébrer le début de la nouvelle saison.

Crédit photo : Frederik Verbeke

Crédit photo : Frederik Verbeke

Ildebrando D’Arcangelo a su rendre les différentes facettes d’Attila et a réussi vaincre les écarts de tessiture de son rôle. Malgré sa grande musicalité et sa belle technique, la voix du baryton-basse italien manquait toutefois de force et d’ampleur, surtout dans une salle aussi grande que celle du Palacio Euskalduna.

La tonitruante soprano russe Anna Smirnova, dans le rôle d’Odabella, a fait merveille dans les finales d’acte dominant la masse chorale, mais ses manques d’expressivité et de souplesse vocale dans ses airs et ses duos nous ont déçu.

Attila – ABAO. Crédit Photo: E. Moreno Esquibel

Le baryton Angel Odena (Ezio) a offert une excellente prestation, alors que le ténor Roberto Aronica a affronté avec ardeur le rôle de Foresto.

Il faut souligner aussi la performance du choeur de l’ABAO dirigé par Boris Dujin et, surtout, l’excellent travail de l’Orchestre Symphonique d’Euskadi, d’une extrême qualité.

Si la soirée a été une grande réussite, elle l’a été surtout grâce au jeune maestro Francesco Ivan Ciampa qui a donné la partition d’Attila toute l’énergie qu’elle demande, pour susciter l’enthousiasme d’un public familiarisé avec les grands opéras de Verdi.

La mise en scène de Ruggero Raimondi, par contre, a été plutôt décevante.

Au milieu d’une lourde scénographie de colonnes monumentales, les gestes des chanteurs étaient des plus conventionnels. La mise en scène contenait peu de surprises, peu d’émotion et peu d’action théâtrale. Une mise en place plus qu’une mise en scène.

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Attila – ABAO. Crédit Photo: E. Moreno Esquibel

Le baryton-basse italien aura été un formidable interprète, notamment dans le rôle d’Attila, mais comme metteur en scène, il ne passera pas à la postérité pour le moment.

Son approche relève de la forme la plus classique qui soit, sans s’éloigner nullement du livret.

Raimondi l’a reconnu lui-même en conférence de presse à Bilbao : il n’aime pas transposer l’opéra à l’époque contemporaine. Aucune n’actualisation n’est nécessaire, selon lui, “la violence de l’oeuvre trouvant naturellement son écho dans notre époque”.

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Attila – ABAO. Crédit Photo: E. Moreno Esquibel

Un choix délibéré donc… ou faut-il y voir un manque d’imagination ?

Les barbares ne nous manquent pourtant pas dans notre société actuelle.

De la même façon que Verdi a utilisé une histoire du 5e siècle comme métaphore de la situation en Italie au milieu du 19e siècle, Ruggero Raimondi aurait pu transformer l’opéra de Verdi en métaphore de notre histoire actuelle…

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Attila – ABAO. Crédit Photo: E. Moreno Esquibel

Quoi qu’il en soit, au vu de l’applaudimètre, le public a énormément apprécié cette première soirée de la saison de l’Opéra de Bilbao.

D’autres représentations d’Attila sont prévues dès ce mardi 25 novembre, puis le vendredi 28 novembre et le lundi 1er décembre.

Quant aux autres opéras prévus cette saison, en voici les titres : “Werther” (Jules Massenet, du 17 au 26 janvier), “Madame Butterfly” (Giacomo Puccini, du 14 au 23 février), “Cavalleria Rusticana » et “Pagliacci » (Ruggero Leoncavallo/Pietro Mascagni, du 25 avril au 4 mai) et “Otello” (Verdi, du 16 au 25 mai).

Des autobus gratuits sont mis à disposition pour les abonnés en provenance de San Sebastian/Donostia.

Opéra de jeunesse, créé au Teatro La Fenice de Venise en 1846, “Attila” est peu connu du grand public.

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Attila – ABAO. Crédit Photo: E. Moreno Esquibel

Pourtant, c’est un des plus beaux que Verdi ait composé pendant ses “années de galère” (lors desquelles il était contraint de composer frénétiquement pour vivre). Verdi y témoigne d’une verve mélodique du meilleur niveau. Attila “a tout pour séduire le public”, selon Juan Carlos Mattellanes, président de l’ABAO : “C’est une histoire fascinante qui mêle à la fois politique, religion et amour animée par toute la vitalité lyrique d’un jeune Verdi”.

L’argument est simple. C’est l’histoire de l’invasion de l’Italie par les troupes d’Attila en 452. Attila célèbre sa victoire face à Odabella, fille du seigneur local dont toute la famille a été tuée. Impressionné par le courage de la jeune chef de guerre, Attila lui offre une épée. Odabella s’en servira pour venger les siens. La faisant d’abord esclave, Attila la prend ensuite pour épouse. Foresto, l’amoureux d’Odabella, l’accuse de trahison, surtout quand elle l’empêche d’empoisonner Attila. Or, c’était pour mieux accomplir elle-même la vengeance.

Surnommé le “fléau de Dieu” par l’hagiographie chrétienne et qualifié de sage philosophe par l’Histoire moderne, Attila devient chez Verdi un être tourmenté, un vrai personnage d’opéra, plein de sentiments passionnés.

Composé au milieu du XIXe siècle dans une Italie en quête de réunification, Attila est aussi une oeuvre emblématique de la culture du Risorgimento italien.

Vu comme une métaphore de l’oppression étrangère de l’Italie, il a été interprété comme un appel à la révolte contre l’oppresseur autrichien.


Un tarif d’entrée de 200 euros par personne, comment partager le plaisir d’un opéra ?

attila-bilbao-9Dans ce portail, il nous a été donné de nous interroger sur le coût parfois très élevé de l’art lyrique tel que proposé, à Biarritz, pour un Don Giovanni à 200 euros pour une famille.

A Bilbao, il s’agit purement et simplement de 200 euros par personne pour les meilleurs places, et d’un minimum de 76 euros pour une place bien éloignée de la scène.

Conscient que les propositions d’exception génèrent des conditions financières exceptionnelles, et que, dans son article, Frederik Verbeke mentionne une baisse drastique des subventions publiques, Eklektika est bien certain que tout le monde ne peut prétendre assister à un opéra à la Scala de Milan ou à un concert à Londres du Philharmonic.

Préoccupé par sa capacité à relayer l’envie et la curiosité, le portail culturel Eklektika souhaite rappeler tout de même son attachement à tout ce qui peut être partagé.

Ramuntxo Garbisu,
Directeur de publication
Eklektika


 

 


Commentaires

3 réponses à Attila de Verdi ouvre la saison de l’Opéra de Bilbao

  1. Frederik dit :

    En regardant en detail les prix, c’est bcq moins cher pour les abonnes (a partir de 230€ pour toute la saison) et l’opera Madame Butterfly fait partie de l’initiative « opera berri », destinee a attirer de nouveaux spectateurs, avec des billets entre 17 et 77€. Plus d’infos sur: http://www.abao.org/es/Precios.html en bref, c’est en train de changer, mais laissons le debat sur les prix tout de meme ouvert

  2. […] Après une première à Bilbao samedi dernier, l’opéra Attila accompagné par l’Orchestre Symphonique d’Euskadi sera redonné dans la capitale biscayenne dès ce mardi 25 novembre, puis le vendredi 28 novembre et le lundi 1er décembre.  […]

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