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‘Au Fer Rouge’ de Marin Ledun : le premier roman d’un Pays Basque sans ETA, mais pas sans ennemis

12 janvier 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Le 14 janvier sort le nouveau livre de l’auteur de romans noirs Marin Ledun, son « Au fer rouge » faisant à nouveau du Pays Basque le théâtre d’une intrigue haletante et sans aucune illusion sur un monde cherchant la paix.

Il nous avait laissés avec la déflagration assourdissante d’un roman très noir, « L’homme qui a vu l’homme » (Ombres Noires, 2013), qui remplissait par sa liberté de romancier les zones d’ombres de l’affaire Jon Anza, du nom de ce militant d’ETA dont la mort officiellement expliquée aura gardé sa part d’inexplicable.

arton359Avec Au fer rouge (éditions Ombres noires, sortie le 14 janvier 2015), Marin Ledun est de retour au Pays Basque, où une hypothèse constante sur l’existence de réseaux mafieux et intra-nationaux se confronte à cette question qui le taraude les nuits de mauvais rêves, et traverse son oeuvre : « Qui paye ? ».

Une valise qui remonte à la surface de l’océan un corps qui aurait dû disparaitre ; des personnages confrontés à leurs envies de croire en leurs chances, quel qu’en soit le prix, fut-il celui de centaines de kilos de cocaïne ; une frontière franco-espagnole qui alimente le chaudron bouillant de meurtres, de détournements et de corruptions en tout genre ?

Malgré le souhait de son éditeur qu’il s’agisse d’une fiction, Marin Ledun continue de proclamer avec le romancier américain James Ellroy que, au Pays Basque comme ailleurs,  « on vit dans un pays qui n’a jamais été innocent ».

L’histoire :

fer-rougeUne valise échouée sur la plage du Penon, dans le sud des Landes. À l’intérieur, le cadavre d’un homme ficelé, portant des marques évidentes de torture : Domingo Augusti, trafiquant minable, trois fois arrêté, jamais condamné. Cette macabre découverte met l’équipe de la P.J. de Bayonne sur les dents. D’autant qu’elle pourrait bien avoir des liens avec une autre affaire d’assassinat au Pays basque, vieille de plusieurs années, restée non élucidée.
Emma Lefebvre, jeune recrue aussi ambitieuse que déterminée, met bientôt au jour une véritable organisation mafieuse, avec à sa tête un certain Javier Cruz, personnage énigmatique et puissant, bien connu en hauts lieux des deux côtés de la frontière.
Mais quel rapport avec les manifestations des écologistes installés sur le terrain de l’entreprise Sargentis, aujourd’hui démantelée ? En existe-t-il un, seulement ?
Falsifications, détournements, trafics d’influences, meurtres, les visages de la corruption sont souvent les mêmes, toujours hideux..

Les introductions de romans par Marin Ledun relèvent toujours du même principe, très cinématographique : une scène dramatique révélée aux lecteurs, comme point de départ d’une série de course-poursuites pour les personnages du livre.

Pour les uns, une course vers la vérité, et l’obligation de s’y confronter individuellement, tandis que les autres accentuent leurs efforts pour couvrir l’ensemble d’une opacité propre et crédible.

Une jeune lieutenant Emma Lefebvre s’emploie pour que justice soit faite, sans imaginer que cette traque puisse remettre en question ses propres traumatismes nés de sa perception du monde des Basques, où l’horreur ne peut être portée selon elle que par les trois lettres de l’organisation armée ETA.

1507-0Pour les lecteurs du premier opus, Javier Cruz est une vieille connaissance, tête pensante d’un anti-terrorisme franco-espagnol qui se soucie de la légalité comme de son premier mensonge d’enfant, par un grand éclat de rire intérieur.

On peut appeler ça « l’heure des comptes ». Sans doute est-ce même la seule réponse possible.

L’écriture nerveuse est là, qui empêche de reposer le livre avant sa dernière page. Et interdit de penser que, sur la simple base de fais divers mis en relation les uns aux autres, des zones polluées du Port de Bayonne aux corps retrouvés trop souvent sur les côtes de l’Atlantique, Marin Ledun n’aurait exercé que son seul droit à la fantaisie.

Car des barrières du poste-frontière de Biriatou aux quartiers tagués de Bayonne, des banlieues déshéritées madrilènes aux palaces de la côte basque, la trêve est inacceptable pour qui a fait du conflit politique une rente viagère, éclairant ou assombrissant les visages de la corruption, « souvent les mêmes, toujours hideux ».

En reposant sur ces bribes de réalités connues, et pas toujours décrites dans les médias officiels, Marin Ledun pourrait bien avoir livré avec Au Fer Rouge le premier roman d’un Pays Basque sans ETA, dont le désir de paix et de justice affronterait la férocité rugissante de ses ennemis historiques, tout occupés à ré-organiser à leurs seuls profits un nouveau marché de la peur.


fer-rougeAu fer rouge, Marin Ledun
Editions Ombres noires
464 pages – 20 euros
Date de parution : 15 janvier 2015


marin-ledun-au-fer-rouge-unComment reconstruire un ennemi quand celui-ci annonce son retrait de la scène politique, et donc également économique ? Car il y a de l’argent à se faire avec le marché de la peur, l’idée n’est ni neuve ni abandonnée.

A retrouver dans Eklektika le mercredi 14 janvier :
l’entretien avec Marin Ledun, « Il suffit d’imaginer le pire ».


 

 


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