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Heureux qui, comme… Audrey Hoc (caméra au poing)

2 décembre 2013 > > 7 commentaires

A peine rentrée d’un voyage en Argentine et en Uruguay, Audrey Hoc a déjà planifié un nouveau départ pour le début de 2014. Ses affaires dans un premier sac à dos léger, caméra et pied dans un deuxième, la jeune réalisatrice du documentaire Cimetière des vivants (sur le centre de rétention des sans-papiers d’Hendaye, Prix Eusko-Ikaskuntza&Ville de Bayonne 2012) a entrepris un travail d’état des lieux sensible du peuple basque, dans ses frontières géographiques, et, désormais également, bien au-delà, pour des portraits courts (7 minutes en moyenne) de Basques vivant à l’étranger.

« Tout est parti de la volonté d’Eusko Ikaskuntza d’accompagner la mise en images de cette diaspora berria, cette nouvelle émigration basque, distincte de celle qui se produisit dans les années 60, et pour laquelle manquaient des petites cartes postales », explique-t-elle en préambule.

Un certain nombre d’entretiens a déjà été réalisé (quatre à Montréal, quatre à New York, deux en Argentine et deux en Uruguay) et, en préparation, une nouvelle série de portraits en Thaïlande, en Australie, au Japon, et aux Îles Cook, territoires parfois surprenants des bassins de vie recherchés par ceux qui partent du Pays Basque.

Audrey à Buenos Aires

Audrey à Buenos Aires

Les premiers contacts sont établis par Internet, « premièrement via le réseau des Euskal Etxe (centre culturel basque de l’étranger) qui disposent de contacts, puis, par rebond, via Facebook ou d’autres réseaux sociaux (comme le système de couch-surfing), ou par des contacts progressivement établis au fur et à mesure de rencontres ».

« Quand je me présente, j’explique que je travaille sur ce projet de nouvelle diaspora avec Eusko Ikaskuntza, et que je souhaite connaitre les raisons pour lesquelles ils ont décidé d’un départ du Pays Basque ; de ce qu’ils ont trouvé sur place ; et sur les possibilités qu’ils ont développées pour rester au contact de la culture basque, en particulier l’usage de l’euskara, la langue basque ».

audrey hoc cinémaLes questions posées sont identiques à chaque rencontre :
– Pourquoi être parti ;
– Envie de rentrer ;
– Comment pratiquent-ils l’euskara ;
– Comment nourrissent-ils leur culture basque ;
– Comment le pays d’accueil perçoit cette particularité ;
– Quel endroit aimeriez-vous nous présenter.

Audrey Hoc, tournage à New York

Audrey Hoc, tournage à New York

« Ce qu’il en ressort pour l’instant, c’est que la recherche de travail ou l’existence d’un couple mixte a guidé leurs décisions du départ, mais également l’envie de vivre dans un monde plus cosmopolite, ressentant parfois le communautarisme ici comme un poids ».

Le plaisir de pouvoir parler en basque là-bas affleure dans chacun des entretiens réalisés, avec ces moments de plaisir ressentis face aux rendez-vous traditionnels qui sont organisés loin du Pays Basque, de la célébration des Fêtes de Bayonne au même moment à NYC, aux parties de cartes et tournois sportifs qui rassemblent les uns et les autres, comme à Montréal ou en Uruguay.

Rencontre avec un groupe d'Uruguyains apprenant le basque à Montevideo

Rencontre avec un groupe d’Uruguyains apprenant le basque à Montevideo

Audrey Hoc est pleinement consciente de l’économie précaire de ce projet de compilations, pour lesquelles l’aide d’Eusko Ikaskuntza et un pré-accord avec Kanaldude pour la diffusion (sous forme possible de documentaire télé ou de collection DVD) lui permettent de couvrir ses frais de déplacements, sans pouvoir en dégager un salaire. Sans doute la satisfaction d’être au contact d’un Pays Basque global, dans lequel elle se retrouve, suffit à lui faire pointer du doigt une nouvelle destination à investir.

« Cette prospection ne relève pas d’une volonté sociologique ni exhaustive, ma propre subjectivité est mon meilleur assistant », sourit-elle, un travail qu’elle mène de parallèle avec (entre autre chose) un projet tout aussi ambitieux : la mise en images de « D’ici et d’ailleurs : paroles d’Immigrés au Pays Basque« , sur les pas de Gaby Etchebarne, sur l’accueil qui a été réservé ici à ceux qui avaient quitté le leur.

En creux se dessine un autre portrait, pour lequel elle ne dispose d’aucune image enregistrée : celle d’une réalisatrice qui a placé son idéal dans l’existence d’alternatives là-bas issues de réflexions et de pratiques nées ici, et d’allers-retours entre les uns et les autres dont l’enrichissement individuel et collectif serait le plus grand dénominateur commun.

audrey hoc cinéma basque


Commentaires

7 réponses à Heureux qui, comme… Audrey Hoc (caméra au poing)

  1. ouerdani dit :

    son manifique

  2. Laurence dit :

    C’est sûrement une gentille fille: le portrait le démontre. Son engagement est certes louable mais son film , cimetière des vivants est très mauvais. Nous sommes nombreux à le penser d’où son absence de diffusion: l’amitié ne suffit pas en art. il faut le talent et il est assez injuste.

    • admin dit :

      Bonjour…
      Vous me permettrez d’approuver l’expression de votre commentaire, mais pas son fond…
      Cimetière des Vivants a des qualités évidentes où est fixée une réalité qui n’honore pas nos lois de la République. «La France, grande personne, a droit à la vérité», disait le journaliste Albert Londres. C’est une oeuvre importante, tournée dans des conditions loin d’être évidentes, mais cette difficulté d’une « belle image » (?) n’est pas en mesure de restreindre mon enthousiasme.
      Et son absence de diffusion, comme vous l’écrivez, n’est pas non plus partageable sur le fond, tant le documentaire a été largement demandé (et l’est encore).
      bien à vous malgré cette divergence,

      Ramuntxo

      PS : Audrey est loin de correspondre à votre portrait de « gentille fille », vous devriez la rencontrer un peu mieux…

  3. Sarrade dit :

    Personnellement, j’ai eu l’occasion de croiser Audrey fort rapidement dans les rues de Bayonne. Elle est pleine de force et de beaux projets humanistes. Je lui souhaite les meilleures rencontres qui soient pour son nouveau documentaire. Je n’ai pas vu « cimetière des vivants »… je le regrette. Si il est rediffusé un jour par-ci, par-là (Atalante), merci d’avance de me faire signe.

  4. Audrey dit :

    Cimetière des vivants est un premier film.
    Il est sans aucun doute faible techniquement, mais comment faire avec 0 budget ?
    Ce film se veut une voix, un cri, de ceux qu’on entend pas assez. Malgré votre avis, ce film est passé dans plusieurs festivals et continue d’être vu en France dans des cinémas à droite et à gauche, et semble apprécié par des gens « touchés » par les témoignages et par le scandale de la politique du chiffre (encore en vigueur même si ce n’est plus « officiellement » revendiquée). Que ceux qui ne l’ont pas vu, s’en fassent un avis, il est maintenant en accès libre sur la toile : http://www.youtube.com/watch?v=d9LsDirtg3c.

  5. […] mardi 25 novembre 2014 à 18h15, avec la projection des deux derniers voyages de la réalisatrice Audrey Hoc (en sa présence), à Buenos Aires et Montréal. Plongée sensible dans l’univers de ces […]

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