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Bayonne crucifie les Translatines, l’année de Kulture Sport

17 mars 2015 > > 2 commentaires

L’annonce en conférence de presse de la fin des Translatines de Bayonne, Festival de théâtre latino-américain et ibérique qui devait se tenir en biennale du 10 au 17 octobre 2015, porte avec elle la sortie de route de l’aventure de 33 ans pour une manifestation largement plébiscitée dans et hors de son Pays Basque natal.

Son organisateur Jean-Marie Broucaret, à la tête de la compagnie des Chimères, aura pris le temps le temps de confier son « incompréhension », « même si l’on sentait depuis quelques années qu’il y avait du mou dans la corde à nœuds ».

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Le local des Chimères tout de même renforcé par les villes du BAB et Hendaye

Car la sentence est tombée, sèche comme un couperet : « La ville de Bayonne n’a pas souhaité reconduire la subvention qu’elle accordait à la manifestation », une dotation de 60.000 euros par année pleine (et 32.000 euros en année creuse, avec une édition réduite à un Transit), et sans que ne plane l’espoir d’une renaissance « sous une quelconque forme, dans le futur ».

Dénonçant autant une perte culturelle, citoyenne qu’humaine (deux salariés des Chimères sont directement menacés), Jean-Marie Broucaret n’a jamais emprunté le champ de l’apitoiement sur sa seule structure : son « énorme déception » n’est sans doute que plus vive l’année où Bayonne a annoncé son intention d’accueillir une autre Biennale, le Festival Kulture Sport, doté peu ou prou des mêmes moyens financiers et techniques.

Présentation à Paris en novembre 2014 du projet Kulture Sport

Le 15 janvier dernier, répondant à une question d’un journaliste de Sud Ouest, le Maire de Bayonne rejetait pourtant toute possibilité qu’un Festival en chasse un autre, « il n’y aura pas de Festival abandonné cette année, seule sera opérée une hiérarchisation des priorités ».

Aujourd’hui, le directeur des Chimères pouvait bien porter haut la question de savoir « si c’est mieux d’attendre la venue éventuelle d’Eric Cantona à ce Festival plutôt que de continuer les Translatines ».

Le lien intact entre les Translatines et son public

translatines-bayonne-fin-1Dans le contexte connu d’un Hexagone qui cumule déjà plus d’une centaine de Festivals annulés en 2015, l’annonce pourrait être sur-déterminée par la lucidité d’un mouvement inéluctable, si des éléments objectifs ne venaient pas contredire le seul panorama de la crise.

Car enfin, sur quel autel est crucifié ce Festival qui, en 33 ans, a invité 220 compagnies de théâtre d’Espagne et d’Amérique latine, a comptabilisé à ce jour environ 160.000 personnes, et généré 25.000 repas et 15.000 nuitées, selon les chiffres donnés par les Chimères ?

Translatines mairie Bayonne

En octobre 2013, l’actuel maire, alors candidat, saluant la création du réseau Euro-latino de Théâtre de Bayonne

Souvent interpellés comme catalyseurs des jours sans pain, ici, ni le Conseil Régional ni le Conseil général ou l’État n’auraient entrepris de baisser leurs dotations, et le lien entre cet acteur culturel et son public, nombreux jusque dans ses années creuses de Transit, n’a pas été désavoué dans les faits.

Un audit du Conseil Général avait pourtant amené des pistes permettant de réduire les coûts techniques de ses éditions, mais rien n’y aura fait, « le Maire Jean René Etchegaray a pris ses responsabilités en annulant sa subvention, rendant impossible l’organisation des Translatines 2015, et nous n’avons pas été associés aux réunions de recherches de solutions intercommunales ».

Ingrédient indispensable du cocktail nécessaire, c’est bien la volonté politique locale qui s’est donc fait entendre, « les raisons qui nous ont été données, ce sont la crise, ainsi que le choix propre de la Municipalité, qu’il lui faudra bien expliquer ».

Pas d’annus horribilis pour Kulture Sport

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Le maire de Bayonne, à la présentation officielle de Kulture Sport le 27 janvier 2015

Bayonne ne réserve pas cet accueil à tous ceux qui frappent à la porte de l’Hôtel de Ville, en particulier aux organisateurs du Festival Kulture Sport.

Aidés en cela par une subvention de 60.000 euros sur deux ans (et 95.000 euros de prestations techniques offertes par édition), sera donc présent dans la calendrier de la ville un nouveau festival en biennale, au mois de juin 2015.

Les partenaires des Translatines « inquiets »

ramiro NORIEGA Equateur TranslatinesL’Amérique latine n’y retrouvera pas ses petits, « nos partenaires commencent à réagir à la fermeture de cette porte d’entrée de promotion de leurs artistes », ni l’Espagne, qui, pour ce travail de sensibilisation et de développement, avait remis aux Translatines en 2012 le Prix Max Ibericoamericano, soit l’équivalent de nos Molières, une première dans les relations entre les deux pays.

Mais la colère, ce matin, s’est aussi fait entendre par la voix de Béatrice Bottin, chercheuse à l’Université des Pays de l’Adour, qui a vertement déploré la disparition du seul festival de théâtre en langue espagnol dans le département : sur l’édition 2015, avait été construit un colloque sur cet apport pédagogique dont, par le passé, 18.000 élèves ont pu bénéficier.

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A gauche, Béatrice Bottin, UPPA, aux cotés de Marie Julienne Hingant, des Chimères, à droite

Réagissant aux « grands noms » susceptibles de s’agglomérer à Kulture Sport, de Cantona à Teddy Riner, elle souhaita rappeler que « les Translatines ont eux aussi des grands noms qui claquent, de Rodrigo Garcia à la Fura dels Baus », qui ont été invités à Bayonne et sont aujourd’hui considérés comme des figures internationales de premier plan dans le champ culturel.

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Aux Chimères, photos de ces 220 compagnies invitées aux Translatines

Dans le contexte, l’annonce d’un plan d’aides pour le loyer du local actuel des Chimères, porté pour 5.000 € chacune par Bayonne, Biarritz et Anglet, et par Hendaye, pour 2.500 €, n’aura pas été la bonne nouvelle capable de faire oublier la mauvaise : les salariés des Chimères chargés des Translatines, et aidés d’intermittents, n’avaient pas l’envie de saluer d’un grand sourire le retour du soleil sur la côte basque.

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Commentaires

2 réponses à Bayonne crucifie les Translatines, l’année de Kulture Sport

  1. Isabelle dit :

    Comment faire pour exprimer son mécontetement de spectateur, admirateur, consommateur àla fois des Translatines mais aussi du Conservatoire.
    Rien à faire de Kultur sport – il y en a déjà assez à Bayonne et le « k » de kommandatur ne vient pas arranger les choses.
    Où et comment protester ? Manif devant la Mairie ?

    I. Ryser

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