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Fermeture pour travaux de l’Autre Cinéma, et le dernier chapitre de l’écran unique de l’Atalante Bayonne

13 avril 2017 > > Soyez le premier à réagir !

A partir de cette semaine et jusqu’à fin 2017, les travaux de regroupement des salles art et essai de Bayonne obligent à une restriction d’exploitation de trois à un écran unique, mode d’emploi d’un nouveau fonctionnement « à l’ancienne » par sa directrice Sylvie Larroque, avant que 2018 ne sonne la fin du dernier chapitre de la salle historique de Bayonne St Esprit.

Depuis ce mercredi 12 avril 2017, les deux salles de L’Autre Cinéma de Bayonne ont fermé leurs portes, pour reprendre la phase de travaux visant à regrouper sur le quai de Lesseps une « maison du cinéma » à trois écrans, historiquement centrée autour de sa salle-grand-mère de L’Atalante, ouverte en 1913, et située à 300 mètres de ses « petites-filles ».

Retardé de quelques mois pour des dispositions anti-sismiques et des confinements acoustiques supplémentaires, le chantier reprendra mardi 18 avril, pour une ouverture « fixée et souhaitée en novembre, décembre 2017 », estime sa directrice et programmatrice Sylvie Larroque, en charge depuis 2006 de cette exploitation bicéphale.

S’ouvre donc une période complexe où les désirs de programmation de cette référence nationale de l’art et essai devront s’accommoder d’un passage temporaire de trois écrans à un seul, compensé par plus de séances quotidiennes, et la volonté de « continuer à accompagner les spectateurs et habiter ce lieu unique ».

La conscience d’une grande fragilité, des répercussions sur l’équilibre financier de la structure à la défense d’une place forte dans un contexte très concurrentiel, dessine de nouvelles exigences, qui se confrontent elles-mêmes à deux épines dans le pied de l’association gestionnaire Cinéma et Cultures.

Après avoir porté à bout de bras la logique politique de ce regroupement des salles, l’opposition socialiste de Bayonne Ville Ouverte ne retient pas ses mots pour qualifier une ville « ligotée » par un dépassement de 150% du budget d’investissement (« de 2,1 à 5,2 millions d’euros »), portant à terme l’exploitation hier sur deux sites de 430 fauteuils à 460 fauteuils demain, sur un même lieu.

La volonté de son maire Jean René Etchegaray, qui considère « comme capitale l’implantation sur la rive droite d’un espace culturel, véritable lieu d’échanges, qui contribuera au renouvellement d’identité du quartier » (conseil municipal, février 2013), ne fournit pas pour autant de bataille d’Hernani sur le sujet.

Reste que les retards accumulés par ce chantier, d’abord annoncé livré pour fin 2014, puis pour fin 2016, doivent affronter un autre calendrier, celui de la requalification de la zone de la gare et du passage du tram-bus : l’ouverture de L’Atalante nouvelle formule devra affronter à partir du mois d’août 2017 la fermeture pour dix à douze mois du pont St Esprit, principal axe urbain permettant de rejoindre ce cinéma.

A cette date de fin 2017, une chose est sûre,  les cadenas changeront de rue, avec la fermeture définitive de la salle historique : selon la volonté municipale, ce lieu devrait conserver sa vocation de lieu culturel, après un appel à projets que la Ville s’est engagée à lancer.


Une exploitation accrue sur l’écran unique de L’Atalante


La diversité des films proposé L’Atalante durant cette période devra trouver un équilibre entre « l’éclectisme des choix qui nous correspondent » et l’attente des distributeurs, exigeant pour des sorties nationales un nombre important de séances, difficile à satisfaire sur un écran unique.

« Pour la plupart, ils ont accepté de baisser leurs exigences », confie Sylvie Larroque, et un effort conséquent a été aménagé sur les grilles de programmation, avec des séances quotidiennes à 12h (ou 11h le dimanche), et des séances supplémentaires en fin de soirée.

« Cela va nous demander d’aménager différemment ces cases horaires, soit en proposant une auberge espagnole à ceux qui voudront déjeuner sur place quand la Taverne sera encore fermée, ou bien en programmant plus de films comme Grave, plus appropriés à des séances nocturnes particulières », présente-t-elle.

Si la politique d’accompagnement des films par les multiples Ciné-Apéros « ne pourra pas être maintenue en l’état », les rendez-vous de soutien aux festivals sera maintenue, « nous réfléchissons aussi au maintien d’une programmation de cinéma du patrimoine », et à « continuer à mettre en avant nos choix, quitte à prendre plus de risques ».


Incidence de la concurrence, et contre-coup financier


La période qui s’ouvre induit « une grande frustration de programmation », mais également une opportunité pour les trois salles du cinéma art et essai voisin du Royal Biarritz, quand bien même toujours sans directrice de programmation après le licenciement de Stéphanie Jaunay en décembre dernier.

« Le pari est fait que nous continuerons à conserver cette fidélité exprimée par nos spectateurs », estime Sylvie Larroque, après une très belle saison passée marquée par près de 120.000 entrées et un nombre record de 1.600 adhérents.

Avec un rythme de 2.500 entrées par semaine qui devrait descendre à 1.500 sur un écran unique, la perte d’exploitation est inévitable, « les bons résultats de l’an passé nous ont permis d’avoir une trésorerie en mesure de tenir bon, mais il ne faudra pas que cela dure trop longtemps ».

A noter que la réduction temporaire de l’effectif (de 12 à 9 salariés, en arrêtant des contrats aidés et des intérims) ne produira « aucun chômage technique », conclut-elle sur ce point


La nouvelle « maison du cinéma » devrait s’appeler… « L’Atalante »


Les mois de travaux permettront d’accoler le bâtiment actuel de l’Autre Cinéma à son voisin, pour y accueillir un 3ème écran de 210 fauteuils et un espace Taverne, les deux salles existantes faisant l’objet d’une remise à neuf, après avoir été ouvertes en 2004.

« La maison du cinéma décrite dans notre communication est un concept général, mais le nom de l’ensemble devrait être celui de l’Atalante », précise Sylvie Larroque, « l’idée est de garder la continuité de la vie de cette salle ».


 


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