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JOUJOU n’a plus grand-chose à demander au Père Noël

22 septembre 2014 > > Un commentaire

En cette rentrée des classes 2014, la salle du Magnéto de Bayonne nous avait invités le vendredi 19 septembre dernier à démarrer sa saison de programmation musicale au sein de ce lieu étrange et caverneux à la fois qu’est la Casemate, sise dans les remparts du Petit Bayonne.

Cette soirée inaugurale débuta avec un groupe au joli nom plein de promesses flamboyantes : JOUJOU, chargé d’assurer le boulot des premières parties et de chauffer la salle. Au vu de leur prestation, il sera désormais bien malvenu de sécher le début des programmes concoctés comme ce vendredi soir par La Souche Rock, l’un des 4 piliers du collectif des 4 Fantastik en charge du lieu.

magnetoLe 2ème groupe Burnt Ones accentua encore un peu plus le cancer des poumons de ceux qui sortirent rapidement pour aller s’en griller une autre, tandis que, à la toute fin de soirée, le groupe bordelais Bagarre Générale provoqua une expression ravie d’hébètement jouissif que les seules boissons servies au Magnéto ne peuvent expliquer.

Retour sur cette soirée où une centaine de personnes avait pris place comme il se doit dans l’obscurité de cette salle. Trois groupes à découvrir pour le prix de deux consommations à l’extérieur du Magento : y’avait pas photo, don’t cry for me, baby.

De l’avis d’Eklektika, le clou de la soirée fut donc ces supposés chauffeurs de salle du début de la soirée, qui auront laissé un joli goût d’espoir en la scène locale.

L’histoire (la leur, pour le moins) est en marche.

Joujou est un duo composé de Benjamin Colin (percussionniste bruiteur au sein des compagnies théâtrales Le nadir ou  Fantazio) et Agnès Pinaqui (comédienne musicienne diseuse de poèmes ou actrice de cinéma), néo-Cibouriens débarqués voici plus de deux ans de la capitale (Paris…et non Bayonne !)

joujou-soucheHistoriquement, les duos ont pour originalité, de par leur formation minimaliste, d’être précurseurs voire explorateurs de nouvelles formes musicales et scéniques.

Les exemples sont florès dans le grand chapitre du genre rock/pop, en commençant par la référence absolue, à savoir le génial Suicide de Vega & Rev suivi aux States par The Kills, White Stripes ou The Black Keys, en Grande Bretagne par Slaves, Drenge, Sleaford Mods ou Royal Blood et en France Taxi Girl, Kas Product, Gâte Chien ou Février…par exemple, of course !

joujou-souche-2Ici vous prenez un shaker, un mixer ou un blender (selon votre choix lexical), vous rajoutez une petite dose de théâtre de rue, une autre de happening improbable plus une pincée d’improvisation clownesque, vous maintenez tout ça au chaud et vous obtenez un résultat bouillonnant de créativité régénératrice.

Incorporez à cela les instruments joués par Benjamin : batterie survoltée agrémentée de cloches, chaînes et autres percussions métalliques + un gros élastique genre scie musicale faisant des sons en boucle derrière la basse unicorde ( ! ) d’Agnès qui scande des poèmes faisant allégeance au grand grille-pain, et qui arrive, à aligner Christ-singe-sucer et cuisses dans une seule phrase.

joujou-4Bref, cet assemblage plutôt surréaliste dans son fond ainsi que dans sa forme, suinte la nécessité de produire de la sueur, de l’émotion, du rire, des larmes et du sang, afin de vous amener dans un univers urbain, raide et brut comme de l’acier.

joujou-3De fait, la musique au Pays Basque ne se contentera pas de l’historique association  txistu  / ttun-ttun  et peut s’enorgueillir d’avoir récupérer en son sein un élément constitutif d’un avenir prometteur.

Un petit coup d’œil sur leur clip Cable Street vous le confirmera.


En ce qui concerne le second groupe au doux nom de The Burnt Ones (Les Brulés), nait un premier dilemme : comment faire pour ne pas être trop virulent et ne pas enfoncer plus que de nécessaire une formation qui partait à priori dans une pas trop mauvaise direction ?

burnt-2Certes, le connaisseur reconnaîtra là l’énorme influence Jesus & Mary Chain ou éventuellement Sonic Youth mais, malheureusement, ce n’est pas parce que l’’on débarque des States et de San Francisco en particulier, que l’on peut se targuer automatiquement du label de qualité.

burnt-1En tout cas, sur scène, cela se traduisit par un chant faussement faux – donc véritablement pourri -, des guitares acidulées mélangées à des claviers hésitants et la batteuse copine du frontman (sic) sortie de l’orchestre du lycée accompagnant les majorettes suiveuses de l’équipe de foot locale : au secours !

En sus de tout ça, rajoutez une espèce d’attitude de supériorité où le son est bien trop fort et pas adapté à ce type de scène, et vous faites partir les ¾ du public. Pour le coup, ça a permis à ceux qui n’avaient pas assez fumé d’aller s’en griller quelques-unes tranquilou à l’extérieur.


Lorsque la logorrhée psyché-shoegaze-regardezmoibienquandjejoue s’est enfin terminée, s’est avancée sur scène la troisième partie du programme, avec un groupe dont le nom rappellera aux plus anciens les belles années de la scène punk : Bagarre Générale.

bagarre-4

Ce combo provient de Bordeaux, où il faut honnêtement reconnaitre que naissent et fleurissent bon nombre de groupes intéressants depuis ces derniers temps. Avec un tel nom, on pouvait s’attendre à un déluge de doigts tendus, de Doc Martins coquées et autres attributs du genre, mais que nenni de tout cela.

bagarre-2Seule l’expression de Black Math Doom Trombo Rock semble être en mesure de nommer cette formation puissante, soit un mélange de bon gros son lourd fourni par un « classique » trio guitare/basse/batterie, accompagné de deux trombones et de samples électros gothiques.

Dans cette capsule sonique menée de main de maître par de vrais musiciens investis d’une sorte de mission messianique venue du fond des âges, les paroles n’ont pas leur mot à dire et finalement ce n’est pas si mal que cela, et nous éviter ainsi les éternelles redondances du genre.

bagarre-3L’impression nous fut donnée de regarder un film de Lars Von Trier ou de David Lynch avec une BO de Badalamenti  dans lequel on croiserait Edward aux mains d’argent en train de discuter avec Aragorn.

Un groupe finalement assez bluffant, la nuit pouvait saisir les derniers spectateurs avec un large et franc sourire aux lèvres.


Commentaires

Une réponse à JOUJOU n’a plus grand-chose à demander au Père Noël

  1. Noise r'us dit :

    excellent, merci pour le report !!

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