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Le chef d’orchestre Benjamin Levy, magnifique ambassadeur d’un « Ravel en Pays Basque » de toute beauté

12 octobre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Le programme d’ouverture de saison de l’Orchestre Régional Bayonne Côte basque, vendredi dernier à Anglet, a été illuminé par la chaleur humaine et le talent du chef d’orchestre invité Benjamin Levy, qui a permis une osmose rare avec 60 musiciens désireux de ne le décevoir en rien.

Il est des soirées ordinaires, lorsque l’oeuvre musicale proposée est donnée, où chacun, sur son siège ou près de son instrument, a admis avant de rentrer dans la salle qu’elle prendra fin, inéluctablement, qu’il conviendra de se lever ensuite, pour manifester le plaisir partagé d’en avoir été.

Et puis, il peut y avoir d’autres soirées, comme celle de ce Ravel en Pays basque du vendredi 9 octobre dernier au Théâtre Quintaou d’Anglet, où l’émotion ne se résout pas à lâcher prise, comme cette sensation d’un mets long en bouche qui vous interdirait de ne pas en saisir jusqu’au dernier instant.

La performance réalisée par l’Orchestre Régional Bayonne Côte Basque (ORBCB) vaut les superlatifs précieux, que l’on ne sort que rarement pour ne pas les fatiguer. Car de mémoire de fidèle(s) spectateur(s), il n’a pas été donné si souvent que cela de ressentir le sentiment d’une harmonie parfaite entre un merveilleux programme, et un désir de jouer à l’unisson des musiciens qui a emballé la salle.

De cet Alborada del gracioso initial, faussement enfantin et très cinématographique dans ses textures, jusqu’à cette Valse, Poème chorégraphique, deux heures plus tard, portant légèreté et véhémence tragique, le silence et le recueillement d’écoute ont été au moins aussi intenses que les applaudissements qui les ont accompagnés.

Entre temps, le Concerto pour la main gauche, interprété au piano par l’immense Olivier Chauzu, a relevé d’un mystère, à la fois technique et mélodique, la mise en retrait de l’orchestre autour de lui ou son accompagnement puissant produisant un effet de sidération, qu’atteint lui aussi, juste après l’entracte, l’impeccable Bolero, indémodable et rendu avec puissance et précision.

Il y eut pour le comprendre cette scène, discrète et toute d’humilité, où cet homme décida de se lever, à un âge où l’expérience vous fait détester les manifestations trop voyantes, mais où il ne semblait avoir d’autre choix que de laisser son corps ne répondre qu’à son seul impératif : applaudir, applaudir encore, sans se retourner pour savoir s’il serait le seul.

Pour bien d’autres, une expression s’est glissée à l’intérieur de soi, qui a pris sa pleine mesure ce soir-là : « de concert ». Son étymologie est insuffisante pour nous laisser croire que seule la « concertation » serait visée, ici, et qu’elle n’aurait rien à voir avec la musique.

Il faudrait accepter que ce « de concert » soit la plus juste définition de cette symbiose réussie par le chef d’orchestre invité, Benjamin Levy.

Toute la soirée durant, son engagement physique et sa chaleur humaine indéniable ont fait des merveilles, dans ces love streams qu’il n’ a cessé de faire courir parmi les rangs des musiciens.

A la différence d’autres chefs d’orchestre invités par l’ORBCB (et sans vouloir minimiser leurs talents), Benjamin Levy est autant un amoureux passionné de Ravel, à l’évidence, qu’une boule d’énergie dansante, entrainante, un catalyseur du meilleur de ce qui peut être imaginé dans un processus individuel de travail sur les partitions pour le transformer en création collective.

Gestes précis valant encouragements et dépassements de soi, mais également soutiens intimes, passage après passage, instrument par instrument.

orbcb-ravel-anglet-8Son élégance est allée jusqu’à donner le bouquet de fleurs, habituellement remis à l’homme à la baguette, à la nouvelle Premier violon de l’ORBCB, Marina Beheretche, personne dans le public n’y trouvant à redire.

La soirée s’est prolongée bien plus tard que le moment où, à regret, le public s’est retiré de la salle.

On pouvait entendre dès lors dans le bar attenant des grands éclats de rires libérés, au milieu de ces « à très bientôt » émus : Benjamin Levy leur manque déjà, mais ils savent tous qu’ils le retrouveront pour 3 autres dates de cette nouvelle saison, en premier lieu le Concert du Nouvel An de début 2016.

A voir son visage dans la nuit enveloppante de ce vendredi, ce manque qu’il ressentait lui aussi était un dernier cadeau en partage.

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