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Benoit Jacquot à coeur ouvert au Royal Biarritz, pour l’avant-première de « A jamais », au goût de film inachevé

6 novembre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Samedi soir, le réalisateur Benoît Jacquot était à Biarritz pour dédicacer des DVDs à la librairie Le Festin Nu et présenter « A Jamais », son dernier long métrage, au cinéma le Royal, qui a sans doute décontenancé une partie du public.

Il y a quelque chose d’étonnamment familier chez cet homme, à la veste élimée et aux cheveux en bataille. Benoît Jacquot, c’est 23 longs métrages et 4 nominations aux César, et l’un des très grands réalisateurs qui a fait tourner Anna Karina, Isabelle Huppert ou encore une pléiade de jeunes actrices au début de leur carrière, de Virginie  Ledoyen à Léa Seydoux.

Mais ce soir, dans la librairie Le Festin Nu, attablé devant du vin rouge dans un verre en plastique, c’est un type comme un autre, presque banal. « Je veux bien qu’on me considère comme un artiste, mais je ne me vois pas comme tel. Je suis un cinéaste. Un artisan. Je fabrique quelque chose avec une équipe » explique-t-il de sa voix grave.

benoit-jacquot-a-jamais-cinema-royal-biarritz-4Benoît Jacquot parle lentement. Il pèse chaque mot. Ses yeux aux paupières lourdes, regardent les visiteurs, avec bienveillance. « Il a tout de suite accepté de venir », confie Stéphanie Jaunay, directrice et programmatrice du Royal, à l’origine de l’événement, « il est très en demande de ce genre de rencontre ».

Vingt heures, début de la séance. Dans la salle biarrote, les spectateurs découvrent en avant-première, A Jamais, d’après The Body Artist, roman de Don DeLillo, réputé inadaptable. Il s’agit d’une commande du producteur portugais Paolo Branco, « la proposition m’intéressait, mais j’étais perplexe », précise le réalisateur, « les acteurs m’ont montré par où entrer dans l’histoire ».

benoit-jacquot-a-jamais-cinema-royal-biarritz-2Celle qui lui a ouvert la porte, c’est Julia Roy, comédienne au visage de chat, inconnue du grand public, « il est arrivé ce qui m’arrive souvent, j’ai rencontré une jeune actrice. Je lui ai demandé d’écrire le scénario, sous ma direction. Une façon plus authentique d’aborder son personnage ».

Devant la salle, aux trois quarts pleine, Jacquot prend la parole, « c’est une oeuvre à laquelle je tiens. Je me pose beaucoup de questions à son propos, si vous avez des réponses… ».

benoit-jacquot-a-jamais-cinema-royal-biarritz-avant-premiere-4Tandis que le long métrage commence, un sentiment étrange saisit le spectateur. Sur l’écran, l’actrice Isabelle (Jeanne Balibar) et le cinéaste réputé Rey (Mathieu Amalric) sont dans un cinéma. Eux aussi, présentent leur film. Eux aussi remercient et s’éclipsent.

Une mise en abîme qui donne le ton d’un projet singulier, l’histoire de Laura (Julia Roy), artiste « performeuse » qui vit avec Rey rencontré ce soir-là, devenu son mari. Un jour, il se tue en moto, et la laisse seule dans leur grande maison. C’est alors qu’elle se rend compte qu’une présence étrange semble avoir élu domicile dans son grenier.

Durant le générique de fin, la salle est silencieuse. Quelques sourires gênés, on se retourne, Jacquot est là, il ne sait pas forcément quoi penser, les spectateurs non plus.

benoit-jacquot-a-jamais-cinema-royal-biarritz-1Il avance, « je vous avais dit que c’était spécial », il sourit, visiblement heureux d’être là. Les doutes, les questions, il adore ça.

« Il y a des films qui entraînent un assentiment complet, mais ce n’est pas forcément rassurant » admet-il, « ça m’est arrivé, mais je voudrais casser ça, c’est comme s’enfoncer dans un matelas trop mou. Les oeuvres qui divisent, c’est plus périlleux pour la carrière, mais c’est plus intéressant ».

Il est à parier, que de ce point de vue, ce dernier long-métrage ne devrait pas le décevoir.

jamais-1De ce A Jamais, on garde en effet un sentiment d’incertitude. Difficile de dire si on l’a aimé ou pas. Cette histoire de deuil, de vide et de ré-invention d’une identité brisée par le chagrin, est du genre de celle qui vous suit longtemps.

Pourtant, la forme laisse sceptique. Quelques longueurs, des effets superflus et au final un petit goût d’inachevé.

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Confidence du réalisateur au public : en janvier prochain, il tournera un long métrage avec Isabelle Huppert, Gaspard Ulliel et donc Julia Roy. Il s’agit d’une adaptation du premier roman de la Série Noire de Gallimard, intitulée Eva et écrit par James Hadley Chase. Il avait déjà été adapté au cinéma par Joseph Losey avec Jeanne Moreau, il y a cinquante ans.


benoit-jacquot-a-jamais-cinema-royal-biarritz-avant-premiere-1A Jamais de Benoît Jacquot, en salles à partir du 7 décembre 2016 –

France – 1h30 – Avec Mathieu Amalric, Julia Roy, Jeanne Balibar…


 


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