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Bernardo Atxaga à Biarritz, un écrivain basque de retour de l’ancien Nouveau Monde

12 janvier 2015 > > 2 commentaires

A l’occasion de son dixième anniversaire, la Médiathèque de Biarritz, en collaboration avec l’Institut Culturel Basque, invite l’écrivain basque Bernardo Atxaga à présenter son dernier ouvrage Nevadako egunak.

Ce rendez-vous avec la littérature basque contemporaine est suffisamment rare pour lui donner une place de choix dans notre actualité : vendredi 16 janvier à 18h, l’Auditorium de la Médiathèque de Biarritz accueillera le grand écrivain basque Bernardo Atxaga, l’auteur (entre autres) de Obabakoak (1998), du Fils de l’Accordéonniste (2003) et de Sept maisons en France (2011).

bernardo-atxaga-Nevadako-egÉcrivant en basque avant d’être traduit en espagnol puis en français, l’homme est considéré comme un pilier de la littérature bien au-delà de frontières géographiques, d’ailleurs impossibles à cerner pour celui qui a fait du monde le terreau de son écriture, nourrie de sa profonde conscience d’appartenance à sa culture basque.

Pour cette conférence-rencontre en langue basque, qui sera traduite en simultané en français, le rendez-vous est fixé autour de sa dernière oeuvre, Nevadako egunak publié en novembre 2013, traduite en espagnol depuis avril 2014 (Días de Nevada), et encore inaccessible en français.

BERNARDO_ATXAGA_3L’histoire d’un écrivain qui voyage au Nevada, Etats Unis, entre août 2007 et juin 2008 (au moment où Atxaga y était professeur à Reno),mais qui, dans le sillon de son style inégalé, forme le corps d’un foisonnement entre la perception du réel et ce mélange de souvenirs d’images, de rêves et d’évocations.

Plongé dans ce paysage aride et hostile du désert, habité par les lumières étincelantes des casinos de Reno, Atxaga invite le lecteur dans l’évocation plus personnelle du Pays Basque.

nevada-desertNevada-casinoLa douleur née de l’éloignement est moins fondatrice que la conscience de la perte de ses personnes dans ses paysages qui firent du Nevada la 8ème province d’Euskal Herria, destination de très nombreux Basques y ayant émigré au début des années 50.

C’est là que prit corps la notion de Nouveau Monde, quand de très nombreux émigrés basques y reprirent leur métier de berger, notamment dans les montagnes du Nevada, étendues sauvages et désertiques propices à l’élevage des moutons ou des bovins (les querelles avec les cowboys se réglant au fusil, mettant souvent fin aux nouvelles que les leurs guettaient avec angoisse).

Mon-pere-etait-bergerL’écrivain américain Robert Laxalt en fut l’héraut, qui, dans Mon père était berger – Un Basque dans l’Ouest américain (1957) raconta l’histoire de son père, Dominique Laxalt, originaire du Pays basque, ayant immigré aux États-Unis et revenant, à la fin de sa vie, quelques jours dans son pays d’origine.

A son tour, Roberto Atxaga revient non pas sur cette histoire mais sur ces terres chargées d’émotions, pour un voyage intérieur et kaléidoscopique.

Une construction d’architecte, où chaque chapitre constitue les pièces d’un ensemble dont l’appréhension finale doit emprunter les images conscientes et inconscientes de l’auteur, « ce qui se produit quand existe un temps hors de son apparence habituelle, quand apparaissent les fantômes du passé et les rêves agités ».

Dans l’une de ses pièces, Pyramid lake, par exemple, est décrit ce lieu sans ombre dont émerge en plein désert un lac de couleur turquoise impressionnant, lieu de tournage du film The Misfits (Les Désaxés, 1961, avec Marylin Monroe et Clark Gable, écrit par Arthur Miller).

misfitsDans ce lieu où le basculement vers la folie recouvre chaque pierre, Atxaga reprend contact avec cette légende qui assure que l’on peut, en se penchant sur le lac, qu’on peut y entendre les cris des enfants noyés dans ses eaux, un facteur déclenchant de son propre souvenir d’enfants noyés dans son village natal.

Connus par tous les cinéphiles, les paysages sont connus (« nous sommes tous déjà allés ici, d’une façon ou d’une autre »), le choix d’une description plus intérieure et l’aller-retour entre la chronique des lieux et les possibilités du roman ouvrent son regard, « pour peu que tu parviennes à écrire, si tu arrives à tirer l’énergie nécessaire de ce vide désertique, et ça pour des années ».

bernardo_atxaga-5


nevadakoNevadako egunak
Editions Pamelia – publiée en novembre 2013
Dias de Nevada
Version espagnole publiée en avril 2014
Editions Alfaguara
400 pages – 19,50 euros


Commentaires

2 réponses à Bernardo Atxaga à Biarritz, un écrivain basque de retour de l’ancien Nouveau Monde

  1. Marie dit :

    Bonjour Ramuntcho

    J’ai adoré « mon père était berger » que j’ai lu très jeune, dans ma famille c’était « mes oncles etaient bergers »…..

  2. Merci, Marie, pour ton commentaire…
    Personellement, je me suis aussi rapproché de mes « racines américaines » par le biais de ce livre, qui m’a décidé l’an passé à prendre un billet d’avion vers le Nouveau Monde.
    J’en suis revenu un peu « difficilement », sans y avoir réellement trouvé ma place…
    Bien à toi…

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