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Bertrand Cantat a trouvé sa place « avec le temps » et Détroit

11 novembre 2014 > > Un commentaire

Au sein de la formation « Détroit », l’ancien chanteur de Noir Désir Bertrand Cantat accumule avec succès les retrouvailles avec le public, comme samedi dernier au Zénith de Pau.

La tournée, débutée en avril dernier, affiche complet partout où sa nouvelle formation Detroit, en association avec Pascal Humbert, y est programmée. Il leur en aura largement donné pour leur argent, avec ce concert de plus de deux heures donné le samedi 8 novembre dernier au Zenith de Pau, où Bertrand Cantat a mesuré une fois de plus l’affection dont il est toujours l’objet.

cantat-detroit-7A chaque fois, il se sera autant agi de mesurer la capacité de l’homme à reprendre sa place après les années de drame, depuis la mort de sa compagne Marie Trintignant en 2003 et sa sortie de prison en 2007, que le retour possible du songwriter qui, juste avant Vilnius, pouvait être surnommé sans rougir d’être le Jim Morrisson français.

L’apogée puis la chute n’ont pas atteint son envie de se dresser devant un public une guitare à la main, et ses états d’âme pour lui.

cantat-detroit-4En cela, l’album Horizons n’avait que les vertus d’une sortie du noir, ses fans cherchant dans les paroles de Droit dans le soleil ou de l’Ange de la Désolation des paroles chargées de sens. Musicalement, le résultat ne pointait pourtant vers aucun piédestal accessible, une faiblesse timorée balayée par la suite sur la scène.

Samedi soir à Pau, tout comme l’été passé dans une soirée aux Arènes de Bayonne, Cantat a franchi l’espace que son public attendait de lui, en tordant la ligne le séparant de son passé d’artiste : les multiples reprises de Noir Désir, même sans ses autres piliers, ont enrichi le rendez-vous proposé tout en ré-introduisant le chanteur dans la veine ouverte par le meilleur album de Noir Désir, Des visages des figures.

cantat-detroit-3Moins électriques qu’à ses débuts, ses interprétations continuent d’emprunter à la poésie des images glissées, les cordes de Pascal Humbert soignant les maux inavouables.

Un retour réussi donc, à l’ombre de ses contraintes sues et assumées, qui ne lui permettent pas de fanfaronner face au PAF, quand il est possible d’imaginer que l’homme n’en a pas forcément le désir lui-même.

cantat-detroit-2Quelques saillies sur « les salauds qui nous gouvernent », un appui aux intermittents, ont juste permis de réinscrire Cantat dans des valeurs portées dans le passé, et assumées aujourd’hui malgré la lourdeur de ce qui est guetté de lui.

Quelques uns auront confié n’avoir aucune envie de jouer avec lui sur une scène, rejoignant « l’indécence » formulée par Serge Tissot-Guay, l’autre icône du groupe initial.

D’autres auront affiché une totale solidarité avec une faute lavée et expiée, comme le groupe basque des Willis Drummond qui a assuré nombre de premières parties de Détroit.

cantat-detroit-1Il faudra sans doute attendre les nominations aux prochaines Victoires de la Musique, pour que, en pleine lumière, Bertrand Cantat décide d’être publiquement ce que l’on attend, ou ce que l’on craint, de lui.

Dans cette attente, entendre Cantat reprendre l’un des plus grands standards de la chanson française, Avec le temps, de Léo Ferré, reste un pur moment d’émotion parfaite, autant poétique que musicale, douloureuse et apocalyptique.

« Avec le temps, va, tout s´en va
Et l´on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l´on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l´on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l´on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment… avec le temps… on n´aime plus« .

cantat-detroit-5

Crédit photos : Détroit


Commentaires

Une réponse à Bertrand Cantat a trouvé sa place « avec le temps » et Détroit

  1. Sarrade dit :

    Un article qui nous fait regretter de ne pas y avoir mis les oreilles une fois de plus. Bravo !

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