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A Biarritz, le collectif Jabberwock a accouché d’un cri primal et prometteur de théâtre

1 décembre 2014 > > 2 commentaires

Ce week-end, au Théâtre des Chimères de Biarritz, le collectif Jabberwock a parfaitement démontré avec leur première création théâtrale « Ainsi je balbutiais mes premiers monstres » qu’il faudra compter avec eux.

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Crédit photo : Guy Labadens, Théâtre des Chimères

Installé parmi les spectateurs venus assister à la représentation de Ainsi je balbutiais mes premiers monstres, le Directeur du Théâtre des Chimères, Jean-Marie Broucaret, n’a pas pu masquer son plaisir perceptible de revoir une (jeune) compagnie de théâtre en découdre avec des œufs et de la farine, souvenir vivace d’une habitude éprouvée avec les Catalans de la Fura dels Baus, durant les premières éditions du Festival latino-américain et ibérique de Théâtre de Bayonne.

Dans le public, lui seul pouvait pourtant anticiper la surprise du tableau radical présenté par le Collectif Jabberwock, accueilli trois semaines durant en résidence de création , « chez lui », à Biarritz.

L’argument initial (le court poème de Lewis Carroll ouvrant le roman d’Alice au pays des merveilles) a alimenté un premier pan du travail, les trois comédiens Nicolas Beaufort, Enrique Blain et Maëlle Gozlan se frottant à l’inextricable abyme d’une langue déformée et de son imaginaire kaléidoscope, peuplés d’interdits et d’un monstre à affronter.

Dans le décor minimaliste d’un espace strié de fils enchevêtrés, exécution fut donc faite de l’impérieuse et unique exigence de porter le sens de cette poésie du non-sens, par le rythme des mots et la tentative de lui donner corps.

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Crédit photo : Guy Labadens, Théâtre des Chimères

Sans doute ces trois-là ne purent effacer à ce moment leur enseignement commun au Conservatoire Dramatique de Bordeaux, l’exercice se révélant pour autant une performance convaincante de leurs talents de jeunes comédiens.

Mais c’est dans un basculement scénique étonnant de maturité que le Collectif appuya son désir de sortir de ce cocon, et se déployer dans un théâtre de contestation des peurs et des rendez-vous polis.

Où ont-ils trouvé leurs certitudes qu’un masque informe sur le visage, façon The Wall d’Alan Parker, et qu’une gestuelle répétitive (et potentiellement grotesque) sur une bande son pop et décalée, pourraient à ce point assoir notre fascination et une offre concrète de mise en scène ?

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Crédit photo : Guy Labadens, Théâtre des Chimères

A la confusion qui pouvait s’en dégager a pris place un tout autre combat contre de nouveaux monstres, non plus balbutiés, mais nommés, hurlés, frappés, le corps du comédien affichant sa résolution de ne pas s’en laisser conter.

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Crédit photo : Guy Labadens, Théâtre des Chimères

De cette jeunesse soumise aux regards et au risque de rejet des tenants de mises en scène plus classique a donc vivement émergé l’envie d’un théâtre viscéral, conscient de toutes ces difficultés accumulées sur le chemin choisi, quand leurs meilleurs ennemis ont pour nom ces sigles administratifs inscrits dans leurs incontournables dossiers de subvention.

Au dragon décrit par Lewis Carroll a donc pris corps devant eux un monstre tout aussi menaçant, qu’il faudra, selon l’esprit de la lettre, affronter, pour ressortir du bois victorieux.

Tant pis si le danger est porté par des principes de réalité, qui exigerait de ces comédiens de comprendre l’inutilité de traverser le miroir de nos sociétés tremblantes, et de se contenter des reflets commodes à partager.

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Crédit photo : Guy Labadens, Théâtre des Chimères

Langage administratif abscons ou louanges médiatico-pompeuses : tout devient matière à reprendre le non-sens initial de l’auteur anglais, et à le transposer face à un public qui ne pourra ressortir du lieu sans comprendre que le Collectif Jabberwock a décidé crânement d’en découdre avec cet air du temps, qui vous fait préférer des destins malins à la légitimité du passage à l’acte théâtral.

Ce samedi, parfaitement secondé en coulisses par les effets sonores et lumineux de leur complice Samuel Felice Rodriguez, cette toute jeune compagnie de théâtre basée sur Bordeaux a proposé à ses spectateurs son désir de les voir naître d’un cri primal.

C’est fait.

Que, parmi les rires entendus et les applaudissements nourris constatés, ils n’aient pas recueilli une unanimité de vendeurs de préfabriqués n’avait pas la possibilité, ce week-end aux Chimères, de contrarier les promesses puissamment entrevues.

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Crédit photo : Guy Labadens, Théâtre des Chimères

Merci à Guy Labadens, du Théâtre des Chimères, pour le partage des photos du spectacle du Collectif Jabberwock !


 

Plus de renseignements sur le site du Collectif Jabberwock,

ou sur leur page Facebook


 


Commentaires

2 réponses à A Biarritz, le collectif Jabberwock a accouché d’un cri primal et prometteur de théâtre

  1. pounaud dit :

    C’est effectivement un très très bon spectacle avec des comédiens aux performances hors du commun .Un groupe théâtral qui mérite d’aller très loin!Félicitations !!!

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