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Les bloody english fuckers de Prodigy et des Libertines enflamment la Big Scène [et un préservatif]

16 juillet 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Pour la 1ère soirée de la BIG Scène du BIG Festival 2016, la dizaine de milliers de spectateurs a bien cru un instant devoir attendre le concert de Prodigy pour s’extirper d’une première proposition dispensable des Synapson, à peine secouée par la nervosité trop mise en spectacle des Kills par la suite, mais les Libertines ont démontré toute leur classe de rock anglais.

C’est de Peter Doherty qu’est venue la première très bonne surprise de cette nuit à Biarritz, le garçon n’étant finalement pas venu sur scène uniquement pour conforter l’image du chanteur anglais à la dérive à laquelle il a bien du mal à échapper.

Titubant et amorphe, le chanteur emblématique des Libertines a éprouvé bien des difficultés à rentrer dans son set, à la grande frayeur de son batteur Gary Powell aux aguets dont le visage, parfaitement perceptible par les grands écrans des deux côtés de la scène, n’a rien laissé caché de ses difficultés à démarrer les morceaux.

Que cela soit du côté d’organisateurs ou du public, ce nom des Libertines sur une affiche de concert relève d’un risque conscient, et personne n’aurait parié un shilling sur la capacité de la formation londonienne à retourner son public.

Mais le retournement de situation est bien intervenu au bout d’une demie-heure, avec un Pete Doherty enchainant, bravache, les morceaux sans se louper, et en retrouvant sa voix et sa guitare au meilleur moment.

biarritz-big-festival-9Ce qui en suivit devint une évidence pour tous : loin des seuls tics des « moi aussi j’aime beaucoup les Clash », les Libertines ont lâché les chiens, offrant ce qui, enfin, a confirmé l’énergie goguenarde de ces bloody english fuckers à aucun autre comparable.

L’admiration a pris place dans ceux qui l’espéraient : en une heure, les Libertines ont livré à la fois une dramaturgie shakespearienne de ressuscités et une offrande de pur rock anglais.

Pete Doherty peut sortir de scène en balançant sa guitare dans la batterie, et cracher sur la caméra : de n’avoir pas réduit sa venue à cela, l’ovation du public est absolument légitime.

biarritz-big-festival-10Le souvenir des Kills s’en est retrouvé immédiatement effacé, la chanteuse américaine Alison Mosshart et le guitariste anglais Jamie Hince ayant confirmé tout ce que l’on pense d’eux, en bien et en mal.

Foudroyer les cordes de sa guitare n’est pas suffisant pour vous identifier à l’intensité des White Stripes, pas plus que les minauderies rock micro à la main ne peuvent faire oublier d’autres lady singers, les deux premières d’entre elles restant Kim Gordon des regrettés Sonic Youth et l’indispensable PJ Harvey.

Démarrer son set par le tube du groupe (ici, No Wow) a reproduit cette marque distinctive des concerts qui manquent d’assurance, et si, au final, les applaudissements n’ont pas été volés, la prestation des Kills aura oscillé sans scandale entre le rock honnête et le prêt à porter de festivals d’été.

Juste avant, les Synapson ont montré leurs difficultés à prendre la scène en plein jour.

biarritz-big-festival-13Sans spotlights pour appuyer leurs beats, on n’a jamais eu le sentiment qu’ils avaient abusé de nuits blanches pour accoucher de morceaux guère différents de ce qui s’entend ailleurs (et mieux, par exemple, dans ce qu’auraient pu proposer The Shoes ou We Are Match).

Il ne suffit pas de faire chanter « oh baby, feel so good together/music is better with you », encore faudrait-il demander au chanteur invité de ne plus jamais monter sur scène en tenue de tennisman à frémir, chemisette rouge Lacoste et short blanc.

Encore trop tendres pour cette grande scène, les Synapson auraient sans doute été plus à l’aise dans la Big Boite ou au Big Village : il est des cadeaux promos d’organisateurs qu’il faudrait refuser avec le sourire.

Mais c’est à la nuit tombée que cette première Big Scène a offert ce que le public était venu chercher, parfois de très loin : les Prodigy ont confirmé leurs statuts de bêtes de scène, avec un show lumière à éteindre tout le reste de la ville, et une succession de hits bombardés façon Royal Air Force.

Keith Flint et Maxim Reality ont prouvé que leurs flows punk restaient en acier trempé, les beats puissants de Smack my bitch up, Omen ou Invaders must die couvrant comme ils pouvaient les cris de joie d’une foule en extase.

biarritz-big-festival-5Il faudra au final que le Big Festival se souvienne de tout ce que cette puissance programmation anglaise des Libertines et de Prodigy lui a redonné comme second souffle et comme crédibilité artistique.

Sur place, le prix élevé des places (60 euros) a été oublié par la qualité technique et organisationnelle dans tous ses recoins, et l’affluence très importante de la soirée ne devrait pas diminuer ce samedi avec la venue des Casseurs Flowters (interview à suivre demain dans Eklektika), Pharrell Williams et des Chemical Brothers.


Au BIG Village, le préservatif pour se faire enfiler avant de l’enfiler


biarritz-big-festival-14Une rumeur persistante l’avait positionné en début de festival à 4,50 euros l’unité : c’est au prix de 4 seulement que l’équipe d’Eklektika a pu constater la proposition de vente de préservatifs de la marque Slow Soup, dans les boutiques du BIG Village.

A ce prix-là, certes, aucun n’a été vendu, le petit capuchon de prophylaxie s’adaptant sans doute mal aux ongles un peu longs, ou à la certitude qu’un tel investissement financier vaille réellement le coup (envisagé).

Sans doute que l’extase promise avec celui-ci se voulait différent de ceux, manquants, qu’aurait dû proposer gratuitement un stand de Aides ou de la Croix Rouge, mais à ce prix-là, même Mamie saute d’elle-même dans les orties.

Dernière supputation : est-ce le nom du machin de latex, Slow Soup, qui, le moment venu, pouvait ne pas se révéler sexy ? On n’a pas trouvé de volontaire pour partager ce désir d’une « soupe lente », ou d’une « purée poussive », pour le vérifier in utero.


 


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