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A Bilbao, l’expo « Sculpture Hyper-réalisme 1973-2016 » rattrapée par l’hyper-réalisme de la précarité sociale

7 juin 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Le Musée des Beaux Arts de Bilbao a dû renoncer à ouvrir ses portes ce mardi 7 juin pour sa nouvelle exposition « Sculpture hyper-réaliste 1973-2016 », une grève illimitée se chargeant de rappeler « l’hyper-réalisme de la précarité sociale » à laquelle sont soumis ses intérimaires recrutés par Manpower.

A Bilbao, chaque nouvelle exposition, en particulier celle couvrant l’été, fait toujours événement dans la capitale biscayenne, mais celle initialement prévue à partir de ce mardi 7 juin 2016, sur la « Sculpture Hyper-réalisme 1973-2016« , devrait marquer encore plus fortement les esprits.

hyper-realismo-bilbao-12Depuis aujourd’hui, une grève illimitée a empêché l’ouverture des portes de cette exposition la plus attendue de 2016, les personnes embauchées par la société de recrutement intérim Manpower dénonçant « l’hyper réalisme de la précarité sociale » de leurs contrats de sous-traitants.

Devant le Musée, une des institutions plus emblématiques de la ville de Bilbao, les 35 personnes concernées ont donc entrepris de sensibiliser les visiteurs et la presse à leurs conditions de travail au sein d’une institution qui relève de l’autorité culturelle publique de la municipalité, de la communauté de Biscaye et du gouvernement basque.

hyper-realismo-bilbao-7Des contrats partiels sans distinction des heures travaillées en week-end ou en jours fériés pour 500 euros par mois, ou bien un contrat à temps plein de 40 heures hebdomadaires dans les mêmes contraintes de jours pour 880 euros net : a été également dénoncée ce mardi l’impossibilité d’avoir accès à des consolidations de postes ou des volants de formations.

On prend, et on jette, le système asphyxié n’est pas nouveau, il dure depuis des années, ont exprimé leurs syndicats basques ELA et LAB réunis.

hyper-realismo-bilbao-6Hier, une réunion de la dernière chance n’avait pas réussi à aplanir le désaccord entre la direction du musée, la société Manpower et les grévistes : « l’exposition rouvrira ses portes lorsque le conflit social sera résolu », ont-ils prévenu ces derniers.


Présentation de l’exposition « Sculpture hyperréaliste 1973-2016 »


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Sculpture de Duane Hanso

Le Musée de Beaux Arts de Bilbao doit accueillir jusqu’au 26 septembre 2016 cette grande exposition de l’été à qui est promise un beau succès, avec un total de 34 sculptures réalisées par les 26 artistes les plus représentatifs du mouvement.

Divisé en cinq parties (« Reproductions humaines », « Sculptures monochromes », « Parties du corps », « Le jeu des dimensions » et « Réalités déformées »), le parcours de l’exposition explore différentes représentations de la figure humaine, toujours avec un degré extrêmement poussé de réalisme, donnant un impact à l’excès de l’apparence humaine, au moindre détail anatomique près.

Parmi les oeuvres exposées, se trouvent des sculptures des pionniers américains George Segal, Duane Hanson et John DeAndrea, ainsi que les impressionnantes figures humaines de l’australien Ron Mueck, jouant sur de surprenants changements d’échelle.

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Sculpture de Maurizio Cattelan

On y retrouve d’autres artistes internationaux de très grande renommée, comme l’Espagnol Juan Muñoz, l’Italien Maurizio Cattelan, la Belge Berlinde de Bruyckere, les Australiens Sam Jinks et Patricia Piccinini, ou encore le Canadien Evan Penny.

Cette dimension planétaire de l’hyper-réalisme sera également le moment choisi pour rappeler la permanence active de ce mouvement, une sculpture de nu féminin toute récente de John DeAndrea devant y être exposée pour la toute fois.

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Sculpture de John DeAndrea

Mais avec ce mouvement social à ses portes, l’effet miroir devient fascinant dans sa capacité à rappeler la motivation de bien de ces artistes.

« Qu’est ce qui peut engendrer plus d’intérêt, de fascination, de beauté, de laideur, de joie, de choc ou de mépris qu’un être humain ? », se demandait Duane Hanson, qui complétait : « pour moi, la résignation, le vide et la solitude de leurs existences captent la véritable réalité de la vie de ces gens ».

hyper-realismo-bilbao-9Un questionnement sur soi et sur les autres, posé aux visiteurs aujourd’hui devant un musée fermé, qui n’est donc plus une seule théorie artistique : derrière une grande banderole, ceux qui refusent au quotidien « la résignation, le vide et la solitude de leurs existences » sont des figures humaines tout aussi troublantes de vérité.


 


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