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‘Black is Beltza’, de Fermin Muguruza : de New York à Biarritz, un roman graphique contre l’Amérique de Johnson

20 novembre 2014 > > Un commentaire

Avec sa présentation en janvier prochain au Festival BD d’Angoulême, après sa sortie dans quelques semaines en version française, le lancement du roman graphique “Black is beltza” de Fermin Muguruza, Harkaitz Cano et Jorge Alderete, ne passera pas inaperçu.

Le champ de ses désirs de créations, musicales ou audiovisuelles, est une limite que Fermin Muguruza, le chanteur mythique du groupe de rock basque Kortatu, n’est pas près de voir restreinte (ou contrainte).

La version française de son premier roman graphique, Black is beltza, dont le protagoniste est un journaliste du Pays Basque nord, sortira début janvier, quelques semaines avant d’être présenté au Festival International de BD d’Angoulême, a confié Fermin Muguruza à Eklektika.

Uniquement présente à Bilbao, une exposition programmée jusqu’au 8 février 2015 à l’Alhóndiga de Bilbao, l’accompagnera, avec de nombreuses animations (concerts, des rencontres, projections de films).

Petite visite des lieux par Frederik Verbeke, pour Eklektika.


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Crédit photo : Frederik Verbeke

À l’origine du projet Black is beltza de Fermin Muguruza se trouve une photo de 1965 montrant les porteurs des géants de Pampelune, image typique des fêtes de San Fermin, en train de défiler sur la cinquième avenue de New York.

Plus encore que ce cliché, c’est la légende de la photo indiquant que, conformément à la situation de discrimination raciale, les autorités nord américaines avaient interdit la participation au défilé du couple de géants noirs.

Depuis que j’ai observé la photo (…), je savais qu’il y avait une histoire”, a expliqué le chanteur basque.

En est donc née une histoire d’action et d’espionnage qui a comme protagoniste Manex Unanue, un journaliste originaire du Pays Basque nord, et qui s’est matérialisée dans la publication d’un roman graphique chez les éditions Bang.

black-is-beltza-1Autour de ce projet de roman graphique se sont ralliés Harkaitz Cano, une des principales figures du panorama littéraire basque actuel  (Prix Euskadi de littérature 2012), et Jorge Alderete, alias Dr. Alderete, l’un des illustrateurs et graphistes les plus reconnus d’Amérique Latine.

Depuis le lancement des versions basque et espagnole de Black is beltza le 13 novembre dernier en Pays Basque sud, le principal centre culturel de Bilbao, L’Alhóndiga, accueille une exposition qui présente tout le matériel qui se trouve à la base du projet et qui a aidé les auteurs et l’illustrateur à produire le roman graphique, en particulier des articles de presse, des images et des vidéos reproduisant l’ambiance socio-politique et culturelle des années 1960.

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Crédit photo : Frederik Verbeke

L’exposition a été pensée comme la recomposition et la mise en scène du des liens qui ancrent le roman à ses sources.

Parmi les films projetés dans la salle se trouvent, entre autres, Hasta la victoria siempre de Santiago Alvarez (1967), Ama Lur de Nestor Basterretxea (1968), The Black Power Mixtape de Goran Olsson (2011) ou La bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo (1966).

De nombreuses animations sont également programmées autour de l’exposition.

Des rencontres avec, entre autres, Fermin Muguruza et Jorge Alderete (18 novembre), Maika Makovski (19 novembre), Manu Chao, Jacek Wozniak et Madjid Fahem (21-22 novembre), le groupe basque Belako (10 décembre), la chanteuse basco-guinéenne Afrika Bibang (26 décembre), l’écrivain Harkaitz Cano (16 janvier) ou le chanteur basque Ruper Ordorika (22 janvier).

Crédit photo : Frederik Verbeke

À cela s’ajoutent des projections de films comme le documentaire Next Music Station: Lebanon de Fermin Muguruza, présenté au Festival Zinebi de Bilbao ; une projection animée du roman graphique Black is Beltza (19 décembre), et le documentaire Free Angela Davis and all political prisoners (8 janvier).

Le 21 novembre, le groupe Oy, avec la formidable voix de Joy Frempong, présentera son dernier album No problem saloon.

L’exposition qui accompagne le lancement des versions basque et espagnol du roman graphique aura lieu seulement à Bilbao.

Pour le lancement de la version française, prévu début janvier à quelques semaines du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, aucune exposition n’est prévue, nous a confié Fermin Muguruza.

Le traduire autrement : il faudra donc se rendre à Bilbao pour découvrir l’exposition ou assister aux animations.

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Quant à l’histoire de “Back is beltza”, en voici un résumé.

Octobre 1965. Les porteurs des géants de Pampelune, image typique des Fêtes de San Fermín, défilent sur la cinquième avenue de New York.

Crédit photo : Frederik Verbeke

Mais en raison du contexte de discrimination raciale qui gouverne la société américaine, les autorités interdisent la participation au défilé du couple de géants noirs.

Manex Unanue, un des porteurs, déçu et contrarié que ses compagnons fassent le choix de défiler malgré tout, décide de quitter le groupe et de ne pas rentrer chez lui.

Crédit photo : Frederik Verbeke

Il s’installe à Harlem et devient témoin des évènements tumultueux qui marqueront la société américaine du milieu des années 60 : les émeutes raciales découlant de la mort de Malcolm X, les alliances entre les services secrets cubains et les Black Panther américains, le monde psychédélique des proto-hippies, ou les excentricités des hôtes de la mythique The Factory où il rencontre Amanda, une cubaine des services secrets dont il tombe amoureux, et qu’il accompagnera à La Havane.

Black PanthersAprès plusieurs années passées à Cuba où il reçoit un entrainement varié, il rencontre Le Che qui, avant son voyage pour la Bolivie, lui proposera une mission spéciale : sortir des Etats-Unis un membre des Black Panther qui risque d’être assassiné et le ramener à Cuba.

Pour mener à bien cette opération, il devra échapper aux agents de la CIA présents partout dans le monde. L’opération l’emmènera dans de nombreuses régions du monde: le Mexique, Los Angeles, San Francisco, Montréal, Alger, Madrid et Biarritz.

L’histoire termine sur une image du phare de Biarritz et avec un vers issu d’un poème de Gabriel Aresti, un poème que le célèbre chanteur basque Mikel Laboa utilisa pour composer sa première chanson : Apur dezagun katea / kanta dezagun batea…(Rompons la chaîne, chantons tous ensemble…)

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Crédit photo : Frederik Verbeke


BlackIsBeltza-1024x773Black is Beltza
Fermín Muguruza / Harkaitz Cano / Dr. Alderete

Date de publication en Espagne : novembre 2014
144 pages – 25 euros

Tous les renseignements sur le site des Editions Bang

et sur le site perso de Fermin Muguruza : vous y trouverez la vidéo de présentation de Black is Beltza, avec le titre correspondant chanté par Fermin Muguruza


Commentaires

Une réponse à ‘Black is Beltza’, de Fermin Muguruza : de New York à Biarritz, un roman graphique contre l’Amérique de Johnson

  1. […] Avec sa présentation en janvier prochain au Festival BD d’Angoulême, après sa sortie dans quelques semaines en version française, le lancement du roman graphique “Black is beltza” de Fermin Muguruza, Harkaitz Cano et Jorge Alderete, ne passera pas inaperçu.  […]

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