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Bourgeois, Warhol, Gaur et Talayero : 4 bonnes raisons de tracer jusqu’à Bilbao ce printemps

13 avril 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Bilbao impose son aura internationale de haut-lieu d’exposition de l’art contemporain, avec 4 expositions à aller voir du côté de la capitale biscayenne et les oeuvres de Louise Bourgeois, Andy Warhol, Susana Talayero et la rétrospective Gaur de Donostia 2016.

Une fois est coutume à Bilbao, les femmes artistes sont à l’honneur dans les deux principaux musées de Bilbao, avec une rétrospective Louise Bourgeois au Musée Guggenheim et Susana Talayero au Musée des Beaux Arts.

Car il faut bien l’admettre : omniprésente sur les toiles, sous une forme plus ou moins dénudée, la femme se fait plus rare dès que l’on regarde la signature de l’artiste.

bourgeois-guggenheim-4Pendant (trop) longtemps, les femmes artistes (ou artistes femmes) sont restées exclues des circuits de valorisation et leurs places n’ont pas été suffisamment reconnues au sein du monde de l’art.

Pour la grande sculptrice et plasticienne française Louise Bourgeois, le monde de l’art était même « un monde où les hommes et les femmes essaient de satisfaire le pouvoir des hommes ».

Aujourd’hui, l’art des femmes est davantage pris au sérieux et jouit d’une plus grande visibilité, même si ça reste encore difficile pour bon nombre d’entre elles.

Encore aujourd’hui, les femmes artistes ne sont reconnues que tardivement, comme ce fut le cas de Louise Bourgeois, mise à l’honneur actuellement au Musée Guggenheim.

louise bourgeois bilbaoLouise Bourgeois. Structures de l’existence: les Cellules est une ample représentation des oeuvres que Louise Bourgeois (1911-2010), figure majeure de la sculpture du XXe siècle, a développé au cours de deux décennies de sa carrière : rassemblant une trentaine de “Cellules”, cette exposition est la plus complète jamais réalisée à ce jour de ce groupe d’œuvres.

Ces “Cellules” sont une série d’espaces architecturaux qui présentent des microcosmes individuels, des espaces du psychisme : à l’intérieur de ces espaces, l’artiste a disposé divers objets qui lui sont très proches et qu’elle investit d’une grande charge émotionnelle.

La série des Cellules s’articule autour du désir contradictoire de se souvenir et d’oublier, « tu dois raconter ton histoire, et tu dois l’oublier. Tu oublies et tu pardonnes. C’est libérateur », avait ainsi déclaré Bourgeois.

louisebourgeoisdssonatelierC’est pourquoi dans les Cellules abondent les références aux personnes et aux expériences du passé.

Les aiguilles, les fils et les navettes renvoient à l’enfance de l’artiste et au métier de ses parents, puisque sa mère était restauratrice de tapisseries de prix, mais les Cellules parlent également d’abandon, de trahison et de perte, sentiments probablement liés aux fortes tensions qui régnaient dans la famille Bourgeois.

bourgeois-guggenheim-3L’oeuvre “Dedans et dehors” (“In and Out”, 1995) reflète l’intérêt de Louise Bourgeois pour le neurologue Jean-Martin Charcot qui a cherché à comprendre l’origine du cambrement du corps qui se produit pendant une attaque d’hystérie.

Bourgeois était intriguée par la façon dont l’angoisse et la peur s’expriment physiquement à travers le corps : l’hystérie ayant souvent été associée à la condition féminine, Bourgeois a choisi de montrer un homme dans cette position, dos arqué, laissant planer le doute de savoir si cette figure éprouve de la douleur ou de plaisir.

bourgeois-guggenheim-5Pour bien comprendre le sens que l’artiste attribue aux différents objets, en capter la signification symbolique et établir le lien avec les traumatismes vécus par l’artiste, il convient sans doute d’écouter l’audioguide ou de lire les explications qui se trouvent sur le site du Musée ou dans le dossier de presse.

Le manque de reconnaissance n’est heureusement plus le cas de Susana Talayero, artiste encore bien vivante, dont l’oeuvre fait l’objet d’une exposition monographique au Musée des Beaux Arts.

Susana TalayeroNée à Bilbao en 1961, Susana Talayero a fait ses études aux Beaux Arts de l’Université du Pays Basque entre 1980 et 1985, puis a démarré sa carrière artistique à Rome, où elle s’est installée entre 1986 et 1995.

Dans la capitale italienne, elle connaîtra de près l’héritage des avant-gardes dites « historiques » : une étape importante dont l’influence l’accompagnera à son retour au Pays Basque, à Bilbao, où elle habite et travaille aujourd’hui.

L’exposition Susana Talayero. Chronique inquiète (1987-2016) revient sur ses trente ans de création, une centaine d’oeuvres, des peintures, des collages, des dessin, de petites sculptures en caoutchouc, et des photographies, y ont été rassemblées, souvent d’une façon assez particulière et peu conventionnelle.

talayero-bilbao-2En effet, l’exposition elle-même pourrait être vue comme une oeuvre en soi, comme une installation.

Par exemple, dans la deuxième partie de l’exposition, nommée “Jardin”, de nombreux tableaux peints à l’encaustique se trouvent accrochés au mur ou posés au sol, horizontalement ou verticalement.

talayero-bilbao-1Le spectateur embrasse l’accumulation de tableaux dans un seul coup d’oeil, sans qu’il lui soit réellement possible de contempler chaque tableau individuellement et dans son intégralité.

Une lecture fragmentaire/fragmentée s’impose, syncopée, donnant le sentiment que le spectateur se retrouve transporté dans l’atelier de l’artiste, sans doute l’objectif recherché.

« Mon principal défi était de faire en sorte que les oeuvres exposées transmettent cette énergie inquiète des mouvements qui se produisent dans l’atelier », a ainsi indiqué l’artiste, l’exposition se devant d’être « une translation d’un espace privé vers un espace public, une espèce d’installation ».

De la même façon, dans la première partie de l’exposition, nommé “Rome”, de nombreux objets et créations réalisées entre 1987 et 1995 ont été exposés pêle-mêle sur une table, alors que la troisième partie, “Grosses têtes”, présente des toiles réalisées entre 2006 et 2014.

Dans son oeuvre on peut observer les influences de l’informalisme gestuel européen, de l’expressionnisme abstrait américain, du néo-expressionisme allemand et des installations, ainsi que les influences de l’Arte povera, des nouveaux réalismes et de la Trans-avant-garde italienne, sans oublier l’ironie et l’ingénuité apparente de l’art brut.

Luis de MoralesLe Musée des Beaux Arts de Bilbao accueille actuellement encore d’autres expositions temporaires, de celle à Luis de Morales, surnommé “El Divino” (1509-1586), un peintre espagnol de sujets religieux.

De l’autre côté, dans le cadre de Donostia 2016 Capitale européenne de la culture, le Musée de Bilbao participe à l’exposition Gaur Konstalazioak, qui rassemble les oeuvres des plus importants rénovateurs de l’art basque (Oteiza, Chillida, Basterretxea, Arias, Mendiburu, Sistiaga, Balerdi, Zumeta) qui fondèrent le groupe Gaur en 1966.

gaur-bilbao-2Le musée de Bilbao, qui dispose de la meilleure collection d’art basque, avec plus de 4000 pièces, n’a pas seulement accordé une cession temporaire de six oeuvres de sa collection pour l’exposition qui se tient au Musée San Telmo de San Sebastian : il a complété l’exposition de Donostia en organisant lui-même, en parallèle, une exposition temporaire (ouverte jusqu’au 25 avril) dans sa grande salle d’art contemporain.

gaur-bilbao-1 On y retrouve 73 oeuvres de huit artistes du groupe Gaur, dont 18 sculptures d’Oteiza et 20 oeuvres de Chillida.

Le Musée Guggenheim de Bilbao expose aussi jusqu’au 2 octobre une oeuvre monumentale d’Andy Warhol intitulée Ombres, un cycle de variations (102 toiles), sans véritable début ni fin, à partir d’une photographie très abstraite d’une ombre.

wharol-guggenheim-2Chroniqueur d’une époque dont il aimait « les choses ennuyeuses », ce sentiment affiché lui a inspiré de multiples reproductions photographiques d’images trouvées dans des journées, revues et archives d’images.

En 1978, à 50 ans, Warhol s’embarque dans la production d’une œuvre monumentale intitulée Ombres (Shadows), qu’il réalise avec l’aide de personnes de son entourage dans la Factory : ces 102 sérigraphies sur toile venaient à matérialiser des explorations sur l’abstraction, qu’il avait étudiée auparavant.

wharol-guggenheim-1Conçue comme un seul tableau composé de plusieurs parties, le nombre définitif de toiles exposées est déterminé par les dimensions de l’espace où elle est installée : la première fois qu’elle fut exposée, on put voir 83 toiles, disposées tout près du sol — à environ 30 cm —, très près les unes des autres et dans l’ordre décidé par les assistants de l’artiste.


talayero-bilbao-2L’exposition “Chronique inquiète (1987-2016)”, consacrée à Susana Talayero, se tient au Musée des Beaux Arts de Bilbao jusqu’au 6 juin.


L’exposition “Louise Bourgeois: Structures de l’existence: les Cellules” vous attend jusqu’au 4 septembre au second étage du Musée Guggenheim.

 


wharol-guggenheim-3

L’exposition Shadows de Warhol vous attend jusqu’au 2 octobre au Musée Guggenheim.


 


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