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Camp du Polo Beyris : « Faisons-nous mieux aujourd’hui qu’hier ? »

28 novembre 2013 > > Un commentaire

Le samedi 7 décembre à 11h sera posée la stèle commémorative de l’existence du camp de concentration du Polo Beyris de Bayonne, détruit, rasé mais surtout enfoui dans la mémoire collective depuis juillet 1949.
(voir AU POLO BEYRIS, ON AVAIT ENTENDU DIRE QU’IL Y AVAIT EU UN CAMP [Flux#7])

Hier matin en conférence de presse, les membres du Collectif pour la Mémoire du Camp de Beyris ont entamé la rencontre par un « Nous avons atteint aujourd’hui les objectifs que nous nous étions fixés », l’heure suivante permettant de constater que l’heure d’un peu de repos est sans doute arrivée, mais absolument pas celle de la fin de leurs recherches.

Si le quartier a désormais recouvré la mémoire des 4 périodes de ce camp construit pour 6.000 prisonniers (réfugiés espagnols, puis soldats indigènes, puis présumés collabos, puis prisonniers de guerre allemands, de 1939 à janvier 1948), le « silence très lourd » qui a présidé jusqu’alors localement n’a pas permis à leur indignation de trouver de raison suffisante pour la taire.

polo-camp-2L’attitude du Musée de la Résistance de Pau, qui leur a claqué la porte, et celles, « ponctuelles mais difficiles à admettre », d’habitants du quartier, n’ont pas atteint leurs déterminations : ce samedi 7 décembre sera donc scellée une stèle à quatre faces (et non pas trois, ou deux, comme il leur a été demandé),  pour chaque catégorie de prisonniers, surmontée d’une phrase « Le Polo Beyris se souvient, pour bâtir un monde plus juste et fraternel ».

La face réservée aux réfugiés espagnols sera tournée vers le Sud, puis, « dans le sens chronologique », seront rendues visibles les autres faces.

En dessous de la stèle sera enfouie une boîte contenant des messages de gamins de l’école Jean Moulin et de l’Ikastola, voisines, « nous avons été impressionnés par leurs travaux scolaires déjà réalisés en amont sur le sujet, et nous n’avons absolument pas eu besoin de leur expliquer ce qu’était un réfugié ! ».

La satisfaction, sur ce point, s’est lue sur tous les visages, dont le dénominateur commun n’est pas tant l’inscription d’un âge honorable que la certitude de pouvoir croire à la force des générations actuelles.

polo-camp-3Leurs recherches se poursuivront, avec de nombreux témoignages qui leur parviennent au fil des jours (notamment sur l’existence probable d’un réseau clandestin d’évasions qui est venu en aide aux emprisonnés), mais leurs recherches sur l’Histoire n’ont pas altéré leurs réflexes de solidarité consciente du monde d’aujourd’hui, cet autre dénominateur commun des membres du Comité.

« Ces réflexes de solidarités citoyennes ont existé, certes sans être généralisés, mais en cherchant dans cette mémoire, il est possible d’appréhender notre époque : faisons-nous mieux aujourd’hui qu’hier ? », s’est ainsi demandé l’historienne Michèle Degorce.

« Nous avons passé le relais de la mémoire à une jeune génération pour qu’elle puisse la raconter à son tour, mais nous avons aussi envie d’y associer une réflexion sur l’existence de ces populations dites indésirables, encore aujourd’hui », et le quartier du Polo Beyris, inauguré en 1960 comme « satellite du Grand Bayonne » enrage encore Claude Labat, peut être cette terre d’indignation.

« Il y a ici une terre nourricière de la solidarité, qui s’est exprimée dès le départ », a rappelé Peio Durruty, « et aujourd’hui, notre démarche n’est pas de verser dans la culpabilisation, mais de souligner les actions positives de la communauté ».

polo-camp-1Alors il faudra continuer d’affronter la mémoire locale, retrouver ce que sont devenus les anciens lieux de torture de la Gestapo à Biarritz, à Anglet, « toujours tenus dans l’omerta » selon Mixel Esteban, mais également interroger ce que la notion de « réfugiés » signifie au Pays Basque.

Le silence s’est fait plus présent, sans jamais être pesant. Et l’esprit de René Cassin a illuminé les visages réunis dans la MVC du Polo Beyris ce mercredi matin-là.


Commentaires

Une réponse à Camp du Polo Beyris : « Faisons-nous mieux aujourd’hui qu’hier ? »

  1. […] lire plus sur:  CAMP DU POLO BEYRIS :« FAISONS-NOUS MIEUX AUJOURD’HUI QU’HIER? » […]

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