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Carlos Dorim à Bayonne et « Claque la Baraque » à Anglet : unis pour un beau Printemps des Poètes

23 mars 2016 > > Soyez le premier à réagir !

La semaine passée, l’écrivain cubain Carlos Dorim à la médiathèque de Bayonne et les deux comédiens de Casse la Baraque à Baroja Anglet ont offert une même insistance à croire dans le destin des mots à répéter les mots pour qu’ils ne disparaissent pas.

Il est des rendez-vous estampillés « nationaux » qui ne portent pas l’ambition d’une ruée massive vers ses propositions, mais au moins celle, comme le Printemps des Poètes, d’être parvenue à offrir une plongée aimante dans la meilleure des rencontres.

Jeudi dernier, se succédant à quelques kilomètres de distance dans la même soirée, la lecture des poèmes courts de l’écrivain cubain Carlos Dorim à la Médiathèque de Bayonne et la sortie de résidence de la compagnie bordelaise Claque la Baraque aux Ecuries Barjo d’Anglet ont fourni le travail convaincant d’émotions à partager pour la littérature.

dorim-carlos-1J’ai perdu le retour au pays natal
les caresses de la mer
font le silence plus fort

Depuis son arrivée à Bayonne en 2013, Carlos Dorim s’exprime et publie en français, sa langue maternelle étant celle d’un « pays mort, d’où je me suis évadé, et qui nous a quitté ».

Auteur de quatre recueils de « poésie infinitive », dont La Vie qui Gronde récompensé en 2010 par le Prix Simone de Carfort de la Fondation de France, Carlos Dorim a partagé sa préférence pour des vers courts, non articulés sur le seul principe de la narration directe ou de la répétition, mais rapprochés de la poésie japonaise des haïkus.

Le matin
amène
sur ces cinq doigts
son étoile
le soleil
l’ombre d’une lune

et un morceau de moi

Des poèmes lus et relus, « une fois pour les oreilles, une autre fois pour le coeur », entrecoupés d’intermèdes musicaux de percussions de Lucas Tauzin : autant d’invitations douces à se laisser surprendre de voir à quel point ces poèmes se présentent à nous avec force, comme la traversée d’un gué où chaque mot formerait la pierre sur laquelle se poser, le sens ne se définissant que par le mouvement de l’un à l’autre.

« Nous sommes dans le domaine du geste, de la calligraphie, de la chasse, du coup de sabre, et donc, en partie, de la peinture » a-t-il confié à son auditoire.

dorim-carlos-3Disponibles à la librairie Jakin de Bayonne qui co-organisait cette rencontre, les recueils poétiques de Carlos Dorim portent la défaite d’un monde d’habitudes disparu, mais surtout les promesses d’un nouveau, « avec un ennui qui n’est pas encore là, alors nous voyons et ressentons les choses comme le premier jour du monde ».


Deux heures plus tard, c’est animés de cette même envie de transmission de poètes essentiels que les deux comédiens de Casse la Baraque présentaient leur première sortie de résidence à Anglet, autour de deux romans d’Erik Orsenna sur la langue et ses mystères, La grammaire est une chanson douce et Les chevaliers du subjonctif.

grammaire-orsenna-baraque-u« Nous souhaitons partager notre amour de la langue française », offrirent au public les comédiens-metteurs en scène Natacha Alexandre et Nicolas Dubreuil, « la donner à entendre, à voir, à mâcher, à jouer. Les romans d’Orsenna proposent une vision optimiste et amoureuse de la langue. Ils rappellent qu’elle ouvre le champ des possibles, permet la construction de la pensée et l’expression de l’amour ».

Répéter les mots pour que, par le théâtre, ils ne disparaissent pas ; les défendre comme on le ferait pour une patrie ; les préserver de la « sécherie » : leur travail de mise en scène d’une île aux mots s’incarne par les évocations traversées des grands noms de la littérature, de St Exupéry à Proust ou La Fontaine, en guettant la jouissance des noces renouées du rire et de la beauté.

En bord de scène après 50 minutes convaincantes, les deux comédiens ont confié leur impatience de poursuivre ce travail de recherche porté par l’hommage aux textes d’Orsenna, « nous en sommes tombés littéralement amoureux ».

En mai prochain, une seconde résidence de création dans les Deux-Sèvres le leur permettra, l’arrivée d’un comédien-musicien enrichissant l’entreprise.

grammaire-orsenna-baraque-3Imaginé en 5 actes, qui devrait être finalisé pour fin 2016, cette pièce sans nom pour l’instant a respiré de la résistance nécessaire contre le simple figuratif et contre tout ce qui s’oppose aujourd’hui aux bibliothèques empoussiérées.

Tout le monde dit et répète « Je t’aime ». Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver.

L’impatience de voir leur travail final s’est considérablement agrandie jeudi dernier à Anglet.

grammaire-orsenna-baraque-4


 

 


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