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Cavalleria Rusticana & Pagliacci : le ténor Gregory Kunde brille à Bilbao

29 avril 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Le public de l’Opéra de Bilbao a rendez-vous avec deux opéras italiens, Cavalleria Rusticana et Pagliacci, qui ont déjà permis au grand ténor américain Gregory Kunde de faire des débuts vibrants dans une proposition par ailleurs plutôt décevante.

Ouvrages jumeaux emblématiques de l’art lyrique italien du 19ème siècleCavalleria Rusticana, de Pietro Mascagni (1863-1946), et Pagliacci, de Ruggero Leoncavallo (1857-1919), les deux opéras sont dit véristes (de l’italien verismo, vero: vrai), souvent programmés ensemble en raison de leurs similitudes de style et de leur courte durée. Deux histoires d’amour, de jalousie, d’honneur et de vengeance, programmés jusqu’au lundi 5 mai à l’Opéra de Bilbao.

Photo : Enrique Moreno Esquibel, pour l’Opéra de Bilbao

L’opéra de Mascagni, choisi par Francis Ford Coppola dans Le Parrain 3 pour préfigurer le dénouement de sa grande fresque dédiée à la mafia sicilienne, est l’adaptation d’un récit du romancier italien Giovanni Verga, l’histoire d’un règlement de compte sanglant qui se déroule dans un acte unique d’une grande densité dramatique.

Dans Pagliacci, le comédien ambulant Canio, après avoir découvert l’infidélité de sa femme Nedda, la tue sur scène sous les applaudissements des villageois spectateurs qui ne comprennent que trop tard le télescopage entre le jeu et la réalité.

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Photo : Enrique Moreno Esquibel, pour l’Opéra de Bilbao

Le succès de la soirée revient surtout (et presque exclusivement) au ténor Gregory Kunde, qui faisait ses débuts dans les rôles de Turiddu et de Canio/Pagliaccio.

Il a démontré une nouvelle fois son talent de chanteur, en particulier dans son interprétation de Canio. Son interprétation du fameux Vesti la giubba, l’un des airs les plus célèbres de l’opéra italien, a reçu des applaudissements chaleureux à la fin du premier acte de Pagliacci.

Les autres chanteurs ont été plus décevants.

La mezzo italienne Daniela Barcellona a beau exceller dans des rôles rossiniens, son interprétation de Santuzza (Cavalleria Rusticana) n’a pas été aussi spectaculaire. Sa voix manquait parfois d’agilité.

Inva Mula, dans le rôle de Nedda (Pagliacci), a réalisé une bonne interprétation, mais sans éclat ni brio. Luca Grassi n’a pas convaincu non plus. Son profil de baryton lyrique ne correspondait pas au rôle d’Alfio. En plus, il a chanté faux à plusieurs reprises.

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Photo : Enrique Moreno Esquibel, pour l’Opéra de Bilbao

Le metteur en scène, Joan Anton Rechi, a choisi de lier les deux opéras.

“Il me paraît que les deux [opéras] parlent de choses très profondes en rapport avec la condition humaine, ce qui fait qu’il existe des rapports entre eux à travers certains aspects comme la solitude, l’amour, la jalousie, le désespoir […],” a-t-il précisé.

Joan Anton Rechi et Gabriele Moreschi (scénographie) ont donc utilisé le même dispositif : un village indéterminé et une atmosphère rappelant une esthétique des années 30 et 50, l’âge d’or du néoréalisme. Seule différence: les costumes et la présence d’un char de théâtre ambulant au milieu de la scène dans Pagliacci.

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Photo Frederik Verbeke

Selon les principes du vérisme, mouvement lyrique né à la fin du XIXe siècle suivant la voie ouverte par des romanciers italiens tels Giovanni Verga ou Luigi Capuana, l’auteur doit s’inspirer de la vérité, et l’oeuvre doit se dérouler dans un cadre réaliste et relater une tranche de vie, une situation brève issue de la vie quotidienne, loin des sujets nobles fournis par l’histoire, la mythologie ou la tragédie.

Pourquoi alors utiliser des décors et des costumes qui nous transportent vers d’autres époques, alors qu’une scénographie plus contemporaine et plus proche de notre réalité quotidienne permettrait de respecter davantage l’esprit du “vérisme”?

Après la première de ce samedi 25 avril et hier mardi, d’autres représentations sont prévues vendredi 1 mai et lundi 4 mai.

La saison de l’ABAO se termine à la mi-mai avec Otello de Verdi et un concert du ténor mexicain Javier Camarena le 7 juin.


 


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