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« Ce qui nous lie », de Cédric Klapisch : un touchant hommage par la terre à ce qui fait grandir les fratries

31 mai 2017 > > Soyez le premier à réagir !

C’est à une lumineuse célébration de tous les sens que nous invite le nouveau film de Cédric Klapisch, dans les salles le 14 juin 2017, mais en avant-premières en sa présence ce vendredi 2 juin à St Jean de Luz et Bayonne.

C’est une très bonne nouvelle de retrouver le cinéaste français Cédric Klapisch au meilleur de sa forme dans son retour au grand écran avec Ce qui nous lie (qui sortira en salles le 14 juin 2017), alors que la série dont il est le directeur artistique, Dix pour cent, cartonne sur le petit.

Dans son retour à une veine douce et enchantée, le réalisateur de L’Auberge espagnole ou du Péril jeune livre un hymne au vin et ses atours, nourri d’humanité dans une nature qui ne demande rien sinon d’être aimée pour ce qu’elle est.

Si son nouveau film s’ouvre sur une multitude de vues d’un seul et même paysage au fil des saisons, c’est certainement qu’il donne là au spectateur un précieux indice sur sa teneur : ici, on va parler transformation et permanence, temps qui passe et temps passé, patience de l’hiver et fougue de l’été.

C’est à travers les yeux de Jean (Pio Marmai), plutôt astringent si la métaphore le permet, que l’on pénètre discrètement, comme on entrouvre un rideau, dans l’intimité de cette fratrie bourguignonne encombrée par l’héritage d’un père qui a dédié sa vie à son domaine autant qu’à l’éducation de ses enfants, dans la perspective qu’ils reprennent le flambeau et perpétuent la tradition viticole familiale.

Un père pas toujours juste dont l’exigence a poussé son fils aîné à le fuir pour faire le tour du monde pendant dix ans, laissant ses cadets sans nouvelles durant de longues années. Mais voilà qu’il revient, le grand frère, à l’annonce du décès imminent de cette figure que l’on pensait abusivement autoritaire mais qui va se révéler une présence tendre et un pivot central à l’histoire.

Bien sûr, l’ambiance est tendue entre Jean, le bourlingueur rebelle, Juliette (Ana Girardot) toute en douceur et caractère, et Jérémie (François Civil), le cadet maladroit écrasé par un beau-père aux fâcheuses tendances tyranniques.

Si les personnages pourraient s’avancer dans des schémas archétypaux ou caricaturaux, il n’en est heureusement rien ici : le film est sincèrement porté par un jeu d’acteur remarquablement juste, et cet humour naïf qui rend toute chose plus humaine et enveloppe les relations d’un écrin de douceur.

Ici encore, au-delà de cette nouvelle cuvée de jeunes talents français (dont le réalisateur s’est fait la meilleure vitrine depuis ses premiers films), la nature y est filmée à l’identique d’un personnage dont la terre serait le corps sans fin, les vignes ses bras et ses jambes qui accueillent et résistent tout à la fois, et l’homme son outil de prédilection, sa transcendance et son allié.

Par-delà la richesse visuelle indéniable des reliefs bourguignons ondulants qui en forment le cadre, c’est aussi et surtout un film sur le changement, l’évolution, une ode à la vie où le spectateur voit mûrir chaque personnage au rythme du raisin – est-ce par ailleurs un hasard si raisin et raison ne se distinguent que d’une voyelle ?

« Pendant le vieillissement des vins, l’astringence s’adoucit au fur et à mesure que le tanin « s’use » et perd en intensité, en acuité et en épaisseur. » (Le Petit Larousse des Vins, Larousse, 2013). La maturation du précieux breuvage fonctionne par capillarité avec le récit, qui n’est pas seulement d’une exploration des métamorphoses de l’âme sur fond de paysages bucoliques.

On entre en effet également dans un voyage au cœur de notions plus profondes et plus taboues, aussi : l’appartenance à la terre, la confrontation à la mort, les maladresses de l’héritage et, surtout, la famille.

Pour citer Jean, « Ce qui nous lie est un fardeau », évoquant directement ce vignoble qui exige qu’on lui consacre toute son énergie, alors que les racines assoiffées de l’intimité brisée des trois frères et sœurs cherchent à se régénérer, entre rancœur et amour.

Cette histoire devient alors celle des échanges perpétuels, entre la terre et ceux qui la travaillent, entre les membres d’une même famille, entre les propriétaires et les vendangeurs, ceux qui nous font grandir et devenir meilleurs, nous bonifier.

« Ce qui nous lie » est un film plein de vie, marquant par sa faculté toute naturelle à transcrire en image une explosion d’odeurs sucrées et acidulées, de saveurs soyeuses et taniques, de textures onctueuses. C’est riche, croquant et doux, moelleux, vert et rouge, drôle et profond, fin et à déguster sans modération, bible à l’appui : Bonum vinum laetificat cor hominis, « le bon vin réjouit le cœur des hommes ».


Rencontres avec Cédric Klapisch

Rencontre avec Cédric Klapisch, pour deux avants-premières de son nouveau film, vendredi 2 juin à 20h30 au Cinéma L’Atalante de Bayonne (avant le film) et le même soir à 21h au Select de St Jean de Luz (après le film).

Le samedi 3 juin,  le réalisateur est aussi l’invité dès 10h le matin à L’Atalante pour une Carte blanche

Tous les renseignements sur l’agenda ci-dessous)


 


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