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« Ceci est la couleur de mes rêves » de la Cie Rouge Elea : se confronter au vertige du vide d’elles

31 octobre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Rencontre avec Corine Cela lors de la résidence de création du nouveau spectacle de la compagnie, donné le 29 janvier prochain à l’Espace Culturel Larreko de St Pée sur Nivelle, où il sera question de faire remonter à soi la mémoire de deux disparues, les bras tendus vers la recherche de l’origine personnelle d’une même soif éperdue de liberté.

Il faut lever les yeux vers le ciel pour croiser Corine Cella, chorégraphe et acrobate de la compagnie Rouge Elea, en résidence de création il y a quelques jours à l’Atelier des Chimères de Biarritz, pour Ceci est la couleur de mes rêves, qui sera donné le 29 janvier prochain à l’Espace Culturel Larreko.

Un long manchon de tissu accroché au plus haut des 8 mètres du lieu, une approche dansée pour l’appréhender, et une progression au sein d’un tissu qui pourrait tout à tour symboliser une montagne, un puits, une robe de mariée, ou un parachute : il y a sans doute un peu de tout cela dans l’appareil, travaillé au corps par Corine.

credit Sebko pour la compagnie Rouge Elea

Implantée depuis quelques temps sur Hendaye, la nature spécifique de ce travail artistique ne convoque pas que le « oh » de l’admiration, mais aussi une transmission d’émotions, par capillarité, des siennes propres, auxquelles elle se confronte pour l’heure.

Se suspendre au-dessus du vide pour éprouver une forme de liberté, comme l’ADN de cette compagnie qui a fait voltiger les regards dans son précédent Bi Ahizpa (« Les deux soeurs »), avec une introspection plus forte encore, enfouie comme le désir de répondre à ce « Pourquoi je danse au dessus des airs ? » qui l’habite désormais.

rouge-elea-ceci-couleur-de-mes-reves-hendaye-2016-2017-2La réponse a emprunté la mémoire de deux disparues, que Corine a découvertes comme puissamment essentielles pour comprendre sa propre trajectoire personnelle. Ses deux grands-mères, dont elle n’a appris que tardivement des prises de risques avec la vie de l’époque, nourries d’amour et de rêves, jusqu’à imaginer qu’elle ait reçu cela comme un cadeau silencieux, qui tend ses mains au moment d’empoigner le tissu.

« Aujourd’hui contemporaine citadine, je ne sais décoder ni le sens du vent, ni la couleur du ciel, ni l’odeur de la terre », confie-t-elle, « je n’ai pas hérité du savoir de mes anciens, mais malgré tout mon enfance a été empreinte d’une liberté sauvage. Un vent d’audace qui me souffle la vie et pour laquelle il me semble nécessaire de danser ».

rouge-elea-ceci-couleur-de-mes-reves-hendaye-2016-2017-6Alors il faut monter là-haut pour plonger dans les souvenirs enfouis, serrer l’étoffe comme on s’accroche à ce rêve d’une robe de mariée, pendant cette Seconde Guerre mondiale qui faisait pleuvoir des aviateurs anglais.

Le corps sera aussi amené à trouver des réponses dans des enchevêtrements de piles de bois, une hache à la main, dans le souvenir de ces arbres qui portent nous parle les souvenirs de ceux qui ont laissé du vide par leurs morts, comme un rapport brut à la matière qui sait, au toucher, vous raconter ce que vous ne saviez pas.

« Effleurer un instant la beauté. Fouiller à cet endroit, s’égarer, tourner autour. Puis ensemble tenter de répéter. Révéler les nuances… Se mettre en marche » : le « Dansez dansez ou vous mourrez » proféré par Pina Bausch fait son chemin en elle, lui « souffle la vie ».

Le corps et la musique sont au centre de cette recherche, « les questions de sens précèdent, celles de l’esthétisme suivent », qui se laissera enrichir, comme pour chaque création, par des collectes de paroles, de sons ou d’images.

rouge-elea-ceci-couleur-de-mes-reves-hendaye-2016-2017-3Durant ce mois de novembre, Donostia 2016 accueille la compagnie pour une nouvelle résidence de travail autour de la notion de liberté, qu’elle soit individuelle, de mouvement, de parole, d’acte ou autre, « une sorte de fil rouge dans nos oeuvres ».

La lutte est allégorique, prévient-elle, avant de remonter doucement dans le tissu blanc, le vertige qui s’empare d’elle est celui de la gravité, mais également de cette tension dans ses bras qui lui dit d’éprouver fortement cette liberté qui illumine son visage.

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