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CharlÉlie Couture à Ondres : lui devant, et les « Capraniens » derrière

4 février 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Vendredi 6 février, CharlÉlie Couture sera sur la scène d’Ondres, un lieu où l’envie d’en faire une date réussie reliera l’artiste à tout ce peuple de « la Capranie ».

Pour son 19e album, ImMortel, sorti en septembre dernier, CharlÉlie Couture s’est laissé tenter par les propositions d’habillage musical de Benjamin Biolay, pour un univers convergeant vers plus d’ombre que précédemment, sans doute.

couture ondresCe vendredi, dans la commune d’Ondres, à quelques kilomètres de salles plus identifiées, l’artiste polymorphe aura comme objectif de faire partager ses poèmes chantés avec les enveloppements lumineux qui l’accompagneront.

Il sera devant, et eux seront derrière. Techniciens municipaux, responsables de la vie culturelle locale, et d’autres bénévoles pour qui la Capranie n’est pas une salle comme les autres.

Les habitants d’Ondres sont ravis de son existence, même s’il n’est pas sûr que chacun d’entre eux ait franchi la porte du lieu.

zebda-ondres-1Sur la place de ce village landais mal connu de l’agglomération bayonnaise voisine, les ors et les veloux n’ont pas cours, ne seraient-ce ces affiches qui signalent 5 à 6 fois l’an la tenue d’un concert.

Pas de personnel technique affecté au lieu, ici la règle c’est le partage des tâches et la main à la pâte, « c’est stimulant et enthousiasmant », explique Jérôme, qui travaille habituellement au service Jeunesse.

Pour le concert de Zebda, en novembre dernier, il avait collé des affiches pendant deux mois, puis rajouté une tournée de colle dans les derniers jours, « ici tout le monde veut que ça marche ».

Tous leurs dossiers s’accumulent sur les bureaux des petites mains impliquées, en attendant leurs retours à temps complet dans leurs fonctions, « il n’y a pas d’arrangements », un sourire ne quitte pas leurs lèvres.

Car ici, l’idée est que la réussite de la Capranie dépendra de la volonté politique mais également d’une implication de tous.

En novembre 2007, il n’y avait là que l’armature d’une salle de fête, qui essayait de faire oublier l’ancienne salle du village, détruite par le feu 25 ans auparavant.

Le programme culturel a été mis en place à partir de 2010, pour aller plus loin que les deux ou trois concerts qui s’y tenaient.

Avec sa grande salle de spectacle (500 places assises, 1.200 places debout) et son espace scénique entièrement équipé en lumières et en son, la direction a été fermement prise de la diffusion de spectacles vivants et plus particulièrement de concerts.

charlelie-couture-ondres-6Quatre ans que cela fonctionne comme cela, en croisant les publics et les propositions artistiques, dans un lieu où « favoriser l’accès à la culture pour tous » passe par une réflexion sur le prix d’entrée, et sur le service à rendre à ses habitants.

Nommé aux responsabilités du Service Culture, Francis a un parcours de piocheur de sensations, une expérience qu’il a mise au service de la commune, qui le suit en toute confiance via la commission culturelle : faire vivre cette salle, c’est accepter de porter le risque d’une ligne de programmation consciente, tournée vers le texte et la poésie, et qui triera dans les propositions ouvertes.

Avant les Ogres de Barback, les Fumeurs de Gitanes à la sauce Gainsbourg ou la soul de Féfé, Jacques Higelin s’est frotté à la chaleur du public, il y a deux ans, en prenant place sur une scène que les furieux de Debout sur le Zinc avaient encaustiqué à l’énergie.

Il y avait eu Juliette Greco aussi, à 25 euros, « le plus cher de la saison », précise Francis sans revenir sur son émotion ce jour-là.

charlelie-couture-ondres-4Et puis, sans doute que, en novembre 2013, la programmation des BB Brunes a pu confirmer une intuition de déséquilibre : une salle archi-pleine portée par le buzz médiatique, mais un set géométrique et calibré, du fast-food de tourneur aussi raide qu’une cuisse de Madonna.

Le sentiment global de déception a été dépassé, pour mieux ressentir le véritable axe de la Capranie, celui de donner sa chance à ceux qui prennent des risques. Dans leurs compositions, et dans la générosité à présenter au public.

L’étendard reste donc celui de la chanson française, plutôt engagée, la venue de Zebda ici n’a surpris personne, pas même les premiers intéressés.

Cela n’est pas celui du théâtre, déjà fortement donné à Bayonne et Anglet, l’envie est là, mais la scène est encore trop petite, mais il ne faudrait pas pousser trop fort ses resposnables pour qu’ils vous dessinent avec des grands mouvements de bras tout ce qui pourrait être imaginé de XXL ici.

Pour l’heure, il faut terminer cette saison 2014/2015, et accueillir le grand CharlÉlie. Cela ne suffira pas de lui ouvrir les portes de la salle, en espérant qu’il se débrouille au mieux.

Patrick sera « la cantinière » de la salle, comme à chaque fois où il délaisse pour quelques heures le service Enfance. Et ne regarde pas si on est en week-end ou en repos compensateur.

charlelie-couture-ondres-9Après une formation gastronomique, il a fait 17 ans chez Ducasse, ou dans d’autres établissements prestigieux en Suisse, en Angleterre. Il a laissé tomber les fourneaux, mais pas l’envie d’en être, à chaque concert.

« Le choix a été fait d’apporter de l’attention, contre la tension qui colle à la peau des artistes, et de leurs techniciens, avant le concert. On me le rend toujours’, deux ans et demi que Patrick file un coup de main comme ça, il prononce le mot « collégialité ».

« On le voit bien dès l’apéro, quand les techniciens du groupe ou de l’artiste arrivent. Au bout d’une demie-heure, si tu les vois encore, c’est que tout va bien. Sinon, tu comprends qu’il y a un souci. Pareil pour le déjeuner ».

Aux tout derniers applaudissements vendredi, la soirée ne sera pas terminée pour autant.

charlelie-couture-ondres-3Tout le monde remettra un coup, parce que la Capranie est un lieu qui vit, et n’attend pas.

Dès le lundi reprendront les activités du foyer d’Education Populaire d’Ondres, le FEPO. Les seniors y sont accueillis, tout comme ce groupe de recherche sur l’histoire locale de cette commune de 4.500 habitants.

Et puis il faudra ouvrir la salle de danse, une intuition comme première réponse à des demandes vite exprimées, puis vite dépassées : le planning est désormais plus serré qu’un tutu de danseuse, le yoga et les danses de tout type ont gratté à la porte, s’y sont sentis bien.

charlelie-couture-ondres-7Même sentiment pour cet atelier théâtre adulte du jeudi, pour les associations ondraises, les spectacles des écoles ou la fête de la musique.

Ils éteindront les lumières de la salle tard dans la nuit de vendredi. Et rentreront chez eux et un quotidien plus reposant.

Les Capraniens.

Ils se lèveront ensuite avec le sentiment d’une lutte peut-être inégale, mais pas dénuée de sens. Comme ces petits cailloux qui, brinquebalés dans les flots de l’ordinaire, finissent par ériger des remparts contre les idées reçues.

ondres-capranie


logo-capranievendredi 6 février à 20 h 30
CharlÉlie Couture, salle Capranie, Ondres.

Tous les renseignements sur le site de la salle


 


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