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« Chemins de vie » de Brigitte Kardesch, des portes à ouvrir pour se laisser éblouir

22 mars 2017 > > Un commentaire

L’abstraction investit la Crypte Sainte Eugénie jusqu’au 9 avril 2017, avec Chemins de vie, une exposition pleine de lumière et de clarté, dernière série de l’artiste née au Pays Basque Brigitte Kardesh, en dualités d’indissociables aspects de la vie humaine.

Avec une technique alliant poudre d’or déposée au couteau, peinture et fusain, l’artiste Biarrote Brigitte Kardesch explore avec une sensibilité déconcertante une démarche faite de contrastes et de douceurs, une gravitation autour de trois thèmes, Les Portes, les Chemins et l’Équilibre, qui façonnent les étapes de la vie et les rythmes des humeurs.

Une nouvelle fois, les sous-sols de la crypte abritent des pensées apaisantes et subtiles, introspectives et insaisissables, expression pure de l’abstrait sans ancrage dans le réel, si ce n’est celui de l’oeil contemplatif, et sa propre manière de conscientiser l’art, pour le deuxième passage dans ces lieux pour Brigitte Kardesch après 15 années à cultiver un jardin aujourd’hui ouvert à tous les curieux qui oseront s’y aventurer.

L’or y est lumière, il est omniprésent dans toutes les toiles de l’exposition : représentations d’une réflexion personnelle, intime, ce thème ne se résume pourtant pas à un seul vecteur, ces Chemins sont à la fois les propres voies empruntées par l’âme et ses engeances mais aussi les axes parallèles, futurs et passés, physiques et vaporeux.

Une matière sans cesse évolutive et mobile vers des sensibilités spirituelles, intellectuelles et culturelles. Éminemment abstraite, l’exposition retranscrit parfaitement le langage de l’artiste, une expression nourrie depuis l’âge de 13 ans.

Mais comme devant toute entrée, il y a une porte, celle que l’on doit ouvrir pour s’éblouir est étonnamment sombre. La symbolique est claire, limpide, autant que sa représentation est dense. Les portes sont noires, intenses, d’une obscurité à peine altérée par des touches plus vives, rouge doublé d’orange, rappelant qu’elles ouvrent la voie à des vies lumineuses. Le vide trouve refuge dans le blanc, à côté de couches de peintures épaisses. Ainsi naît une rivalité téméraire, une dualité d’indissociables aspects de la vie humaine.

Les Chemins, matérialisés en diptyques ou triptyques, narrent les étapes de la vie, installent un rythme, celui des saisons et des âges, des jours et des nuits, du mortel et de l’éternel.

De longs traits parfois emmêlés, parfois épanouis, peuvent laisser penser à la trace déposée par chacun derrière lui, des sillons plus ou moins réguliers, autant que les passions qu’ils évoquent, l’ombre et la lumière qui sommeillent en chacun dans une alchimie toujours brillante chez l’artiste. La peinture vient piquer la sensibilité, dans une interprétation libre qui oscille entre le clair et l’obscure, la vie et la mort, l’espérance et les ténèbres.

La série Équilibre surgit alors du chaos, par une symétrie imparfaite, une stabilité non évidente, archaïque et massive. Une suite de tableaux peut être prise dans l’ordre ou le désordre, dans tous les sens, car chacun dispose de sa propre balance et de ses propres poids à répartir pour une équation jugée paisible.

La couleur travaillée en glacis vient perturber le contraste du blanc et du noir mais laisse toujours place à la prédominance d’un or trouvant enfin sa place non pas dans l’espoir mais le bonheur d’être, tout simplement.

Autant qu’une vie sans musique serait une erreur, une aventure sans couleur serait un péché. Si la poudre d’or, le blanc et le noir dominent, il sont mis en contraste avec des rouges, des bleus, des verts, pour apporter des nuances, mettre en relief et colorer les cheminements.

La vie l’emporte sur une mort presque omise mais pas absente. On note la présence d’une digression voulue, 9 cercles, Dantes, toile à la fois hypnotique et infernale vibrant tel un Memento Mori, mais jamais un enfer n’a été aussi lumineux.


Crypte Sainte Eugénie, Biarritz
Du 11 mars au 9 avril 2017
tous les jours de 14h00 à 18h30, entrée libre.
Renseignements sur le site de la Ville de Biarritz


 


Commentaires

Une réponse à « Chemins de vie » de Brigitte Kardesch, des portes à ouvrir pour se laisser éblouir

  1. Mora dit :

    Quelle sensibilite ! J ai hate de voir cette exposition pendant les vacances.
    Un univers depaysant
    Bravo

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