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« Chez les Basques », une rétro des mêmes films basques SDF, sans les « invisibles » toujours abandonnés

6 octobre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Onze films dans onze salles de cinéma du Pays Basque nord : la rétro « Chez les Basques » reprend des images d’Epinal d’un monde rural figé et inaliénable, sans capacité de raconter ce pays par les images qui lui manquent.

L’intention est louable, qui consistera du 7 au 15 novembre prochain de voir un cycle de 11 vieux films sur le Pays basque circuler de Bayonne à Mauléon ou Ossès, comme organisé par l’Institut Culturel Basque (EKE).

A la baguette a été désigné le réalisateur Oskar Alegria, par ailleurs Directeur du festival Punto de Vista de Pampelune, qui y consacra sa rétro en début d’année.

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De gauche à droite : Franck Suarez (Eke) ; Oskar Alegria ; Pantxo Etchegoin, Directeur d’EKE

Ici, l’angle choisi donne son nom à cette initiative, « Chez les Basques » : « (re)découvrir les documentaires de grands réalisateurs venus filmer des scènes de la vie quotidienne des habitants de ce territoire, et cela dès le début du cinéma », précise le livret que l’on retrouvera dans les salles partenaires.

Ainsi seront donc montrés dans les 11 films proposés les deux volets de Around the World with Orson Welles (1955), cet Euskadi du cinéaste géorgien Otar Iosseliani (1982), Au Pays des Basques de Maurice Champreux (1930), ou encore Le chemin d’Ernoa de Louis Delluc (1926), qui céda comme d’autres au charme de la lumière de ce pays.

Around the World with Orson Welles (1955)

Au-delà de la face exotique de ce peuple, figé dans sa ruralité élevée au rang doré de patrimoine inaliénable, il est sans doute temps, en 2015, de montrer par exemple ce que fut la migration des Basques du Sud pendant la guerre civile espagnole, ou encore les grands mouvements de société ou les combats politiques dont les images existent, toujours sur Youtube ou dans des tiroirs lointains.

Il doit donc être possible de trouver autre chose que ce Garazi de Jacques Krier et Jean Claude Bergeret (1959), où « les habitants de St Jean Pied de Port sont filmés du point de vue de leurs jours heureux au marché », dans « un mode de vie disparu, celui du berger de haute montagne, aussi dur et âpre qu’il pouvait être beau et poétique selon les réalisateurs ».

Ce Pays basque ne porte pas que des traces d’indigènes, mais aussi des enjeux de société ou des luttes politiques, absents de la seule initiative de ce genre pour cette année.

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Migrants espagnols fuyant la guerre civile en direction de la France

A vouloir que les mêmes images d’Epinal soient ressassées, celles de son Histoire restent abandonnées, dans l’exaspération de ne voir exposée que sa surface passée et inoffensive.

Au Musée basque, sur la côté de la maison Dagourette qui l’abrite à Bayonne, il y a une petite cavité, appelée « tour », ou étaient déposés les orphelins, jusqu’en 1867, en espérant qu’ils ne soient pas tout à fait abandonnés.

Il faudrait imaginer que, en 2015, de nombreux films sur le Pays basque puissent y être déposés à leur tour, en espérant que eux aussi aient droit à l’espoir d »être (re)découverts.

Et rêvons d’un autre cycle à venir, qui porterait de plus hautes ambitions.


Si l’on dépasse l’intention

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Au Pays des Basques de Maurice Champreux (1930)

L’initiative est louable, faut-il répéter, puisqu’elle se complète de rencontres et de diffusions au plus près des lieux de tournages de l’époque, pour un retour presque anthropologique de ce et ceux qui furent filmés là où ces souvenirs ont pu être oubliés.

Et la difficulté est là, de comprendre que, passé le 16 novembre et la fin de ce cycle, cette cinématographie basque restera la propriété américaine de Youtube (pour le film de Welles et de Iosseliani), ou finira cette escapade dans des tiroirs ou des étagères loin du sol qui pourrait en faire son patrimoine.

Il ne peut donc être possible de saluer ici un geste décisif pour une filmographie basque toujours SDF en Pays basque nord, sans volonté institutionnelle de conservation patrimoniale.

Équipé d’un auditorium et d’un écran de projection (le film de Champreux y fut projeté durant plusieurs mois en boucle en 2013), le Musée Basque et de l’histoire de Bayonne devrait être en mesure de conserver intelligemment ces oeuvres ; d’en approfondir le catalogue, par exemple en lançant un appel de fonds d’images privées auprès des habitants du territoire, quand pourraient être exploités des cycles moins ethnos que celui-ci.


ekeLe programme salle par salle à venir sur le site de l’Institut Culturel basque EKE


 


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