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‘Cold in July’ : un nanar testosteroné à réserver à ses nostalgiques

2 janvier 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Le concert de louanges accompagnant la sortie sur les écrans de Cold in July de Jim Mickle depuis le 31 décembre dernier est sans doute le meilleur dernier gag de l’année passée, quand ce film vaut surtout par son refus assumé de superlatifs écrasants.

Il n’est pas raisonnablement imaginable de se déplacer vers une salle de cinéma en espérant y découvrir à chaque fois le digne successeur des frères Coen, ou un petit cousin de Tarantino.

C’est pourtant avec cette promesse périlleuse que s’est avancée la promotion de Cold in July (« Juillet de sang », choisi pour faire sens en France), de Jim Mickle, sorti le 31 décembre 2014.

Servi comme l’ultime caviar des fêtes de fin d’année, sa vision n’est pas plus indigeste que cela, pour peu que ce polar testosteroné et régressif subisse une solide liposuccion de ses colorants artificiels, apposés avec frénésie par des critiques français qui n’auraient pas osé le faire à leurs débuts de stagiaires dans cette profession.

cold-in-july-6La description d’un retour au mythique film de série B s’adosse une fois encore à l’hommage au savoir-faire du réalisateur américain John Carpenter.

Une vilaine habitude prise historiquement par les Cahiers du Cinéma, un private joke psychanalytique aussi indécrottable qu’un chewing-gum sous une santiague texane (sérieux, on devrait les punir en leur demandant de revoir New York 1997 ou l’affreux Invasion Los Angeles).

Dans ce récit où la recherche du meurtrier (à occire soi-même) est plus importante que de savoir si le scénariste reviendra terminer son travail, il faut des gueules de cinéma, si possible burinées par le temps, afin de pouvoir embrayer sur le couplet du grand retour, à même d’honorer le 7ème art au moins autant que travail de son agent qui en avait perdu l’espoir.

Et à ce jeu-là, Cold in July a l’évident mérite de nous rappeler que, dès sa première apparition à l’écran, Sam Shepard est l’archétype de l’acteur salutaire par qui les emmerdes, jusqu’aux plus invraisemblables, peuvent survenir.

cold-in-july-5 Avant son entrée en scène, il aura fallu affronter l’air hagard de Michael C. Hall, star de la série Dexter, dont il sera difficile d’oublier la coupe mulet et la lèvre pendante d’hébétude pendant la première partie du film (proposition doit être faite de demander à Guillaume Thion de Libé de faire accepter par Scorcese sa comparaison osée avec Les Nerfs à vif).

cold-in-july-4cold-in-july-7Un crime par auto-défense bien vite décrétée, des flics douteux, et puis le retour d’une horde sauvage pour qui « ça ne passe pas », ou alors qu’avec des armes à la main : l’histoire en elle-même ne justifiant rien d’autre que le retour devant la caméra de revenants, c’est au clean now Don Jonhson (Miami Vice, un pilier d’Antenne 2 jusqu’en 1991) de nous rappeler tout ce que les vrais récits d’hommes doivent au Marcel bien échancré.

cold-in-july-2Dès lors, la place de la femme peut logiquement osciller entre la cruche (que l’on choisira enseignante pour faciliter son acceptation) et celle de la prostituée, qui a sous son menton plus d’arguments qu’au-dessus des cils.

Pour ceux qui sont encore dans la salle au début du générique de fin, est alors possible de saluer un vrai nanar au moins aussi éternel qu’une autre adaptation de l’écrivain américain ayant fourni le matériau de base, Joe R. Lansdale, auteur de Bubba Ho Tep, porté à l’écran en 2002 par Don Coscarelli : s’y déployait sur le même principe le combat d’un Elvis Presley toujours vivant et oublié dans un hospice de vieux, dégommant des extra-terrestres avec son déambulateur.

Cold in July ne vaut donc que par son propos assumé sourire aux lèvres par son réalisateur : un film de vidéo-club à déguster avec une pizza bourrée de ketchup et arrosée de bières avec des potes.

Et dont l’adjectif « drôle », régulièrement cité comme l’un des traits significatifs de ce nanar, ne vaut surtout que pour ceux-là qui, la tête encore dans les vapeurs de Réveillon, y voient très sérieusement « une vision terrifiante des dessous de la tranquille Amérique rurale ».

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Cold-in-July-affiche-1Cold in July, réalisé par Jim Mickle, avec Michael C. Hall, Sam Shepard, Vinessa Shaw, Don Johnson – 1h49 en VO

Programmé à l’Autre Cinéma de Bayonne jusqu’au 20 janvier 2015


 

 


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