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Le collectif Jabberwock passe de l’autre côté du miroir de Lewis Carroll

24 novembre 2014 > > 6 commentaires

Vendredi 28, samedi 29 et dimanche 30 novembre, le jeune collectif bordelais Jabberwock présente son « Ainsi je balbutiais mes premiers monstres » au Théâtre des Chimères de Biarritz.

Ces trois-là seraient portés par le dénominateur commun d’être des anciens élèves du Conservatoire de Bordeaux. Pour avoir eu la chance d’avoir été invité, lors de leur résidence au Théâtre des Chimères de Biarritz, à un filage de 30 minutes sur leur création, l’argument fondant le Collectif Jabberwock est valable, mais reste insuffisant. Car, à les découvrir, Nicolas Beaufort, Enrique Blain et Maëlle Gozlan ont fondé leurs rencontres sur bien plus que cela.

Leur première création, Ainsi je balbutiais mes premiers monstres, porte à l’évidence le désir d’en découdre avec un théâtre très physique de la parole, du cri et du hurlement, « un instinct de survie » précisent-ils dans leur dossier de presse.

creatures jabberwockDu désir – sans doute – de leurs parents de les voir épouser une vocation professionnelle moins incertaine, ces trois-là n’avaient finalement pas d’autre destin que de se confronter à la traversée interdite du miroir d’Alice, dont le pays des merveille dépeint par Lewis Carroll est surtout celui des monstres censés l’en dissuader.

Un fauteuil de cuir fournit le premier élément de décor d’un monologue initial, la jeune femme qui s’y est affalée traduisant instinctivement une crainte, mêlée de fascination. La menace évoquée sans détour ne détourne pourtant pas Alice, dans cette installation bi-frontale au milieu du public qui nous interdit de ne pas en être, physiquement.

Les deux personnages qui se mêlent de la partie ne sauraient être considérés dès lors comme des personnages faciles à classer dans la catégorie simpliste des gentils ou des méchants.

Car leurs déclamations ne prennent aucune précaution pour cela.

« Il était grilheure ; les slictueuex toves sur l’alloinde gyraient et vriblaient ; tout flovoreux étaient les borogoves, les vergons fougus bourniflaient »

Face à nous, les trois personnages réunis esquissent avec rudesse les arabesques d’un combat sans merci contre un monstre au masque indéfinissable.

jabberwock-1Le théâtre, mais également le cinéma anglais (les Monthy Python, mais surtout Orange mécanique en particulier), est l’un des premiers points de cordée sur lequel on voudrait bien s’accrocher. Le grotesque et le non-sens emplissent l’espace, sans que la peur ne nous ait soulagé de sa disparition.

La fascination persiste, répétons-le, quand chacun d’entre nous évoquera en silence ses propres monstres face aux leurs.

La fin de la pièce, assurent-ils, donnera un nom scandé avec la force du doute.

Le leur s’appelle Afdas, intermittent, dossier de budget, survie artistique, etc. Et on devrait pouvoir leur donner totalement raison, tant la pratique théâtrale, à cet âge-là, se nourrit des incertitudes de leur sport de combat choisi, de la peur de la vérité des autres, et de l’énergie nécessaire pour en découdre.

Ce week-end de représentations aux Chimères, qui mettra fin à 9 semaines de résidence ici, mais également à Bordeaux, aura comme objectif de « combattre le monstre dans les bois, et d’en revenir victorieux« , comme le résumait l’auteur de ce poème originel.

Sur ce qui a été rendu visible, sans décor finalisé ni costumes définitifs, il est absolument possible de leur souhaiter bonne chance, les assurer de notre présence à l’un de ces trois rendez-vous fixés, en souhaitant que leur prochaine création, qui revisitera le mythe de Peter Pan, ne souffre d’aucun obstacle.

jabberwock-2


Le vendredi 28 et samedi 29 novembre, 20h30
dimanche 30 novembre, 17h

Théâtre des Chimères, Biarritz
Plein tarif : 10 €


 

Commentaires

6 réponses à Le collectif Jabberwock passe de l’autre côté du miroir de Lewis Carroll

  1. […] Vendredi 28, samedi 29 et dimanche 30 novembre, le jeune collectif bordelais Jabberwock présente son « Ainsi je balbutiais mes premiers monstres » au Théâtre des Chimères de Biarritz.  […]

  2. biton Christine dit :

    Beau résultat…vocation professionnelle incertaine???…..mais qui certainement démarre bien!
    Dommage que Biarritz soit un peu loin pour nous…..bon vent….
    Christine

    • Merci Christine pour votre commentaire…
      « Biarritz un peu loin… »
      gagerons que cette jeune troupe devienne un acteur estimé de la scène théâtrale régionale et qu’il soit possible de les voir plus souvent !
      Bien à vous.

  3. Biarritz fut tout proche samedi soir pour moi… le miroir aussi. L’effet reflet est réussi. Une grande liberté de proposition et de distorsion de leurs-nos images monstrueuses. Bravo à eux !

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