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‘Comment c’est loin’, d’Orelsan : de quoi rester « Bloqués » dans les sorties cinéma du 9 décembre

9 décembre 2015 > > Un commentaire

Le retour de la pluie et des nuages sur la côte basque a pour second effet de nous rapprocher des salles de cinéma, pour partager plus facilement désormais le premier réflexe du « fait pas beau, hein… » en espérant revoir un peu de monde devant les caisses.

Pour ce mercredi 9 décembre, et dans la vingtaine de films qui jouent leurs existences au poker (« payer pour voir »), il y a les habituels films égrenés tout l’automne.

Ceux précédé d’un Prix à Cannes (Béliers, de Grímur Hákonarson), d’un bon souvenir précédent (Back Home de Joachim « Oslo, 31 août » Trier), et puis celui que tout le monde attendait à un autre niveau de récompense dans les Festivals, Mia Madre de Nanni Moretti.

La surprise du jour, c’est la place acquise ce mercredi par Comment c’est loin, premier film du rappeur Orelsan, un long-métrage reprenant l’univers feignant déployé sur Canal + depuis cet automne, dans la série « Bloqués ».

On vous résume tout ça, on a oublié des films, c’est certain, mais avoir retrouvé l’envie de retourner dans les salles nous servira d’excuse pour cette fois.

Bonne(s) séance(s)


COMMENT C’EST LOIN

sorties-9-decembre-loin-1Réalisé par Orelsan et Christophe Offenstein, avec Orelsan, Gringe, Seydou Doucouré – 1h30 – Au MegaCgr Bayonne

Il faudrait se frotter encore plus fort les yeux pour lire ici que l’on vous propose d’aller voir ce premier long métrage au MegaCgr de Bayonne, le seul actuellement à proposer cette plongée dans la non-productivité de deux trentenaires, Orel et Gringe, chargés en 24 heures d’écrire une chanson promise depuis 10 ans.

Reprenant le gimmick de la série Bloqués (deux gars sur un canapé qui trompent l’ennui sans savoir quoi faire d’autre de leurs existences que de tchatcher sur tout et rien à la fois), mais surtout la genèse de leur premier album Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters, 2013), Comment c’est loin a fait parfaitement son petit effet bouche à oreilles suite à son passage à l’automne au Festival de Films de St Jean de Luz.

Face au poste télé, les deux gars peuvent inspirer des sourires, du rire, un léger ennui, ou le regret de trois minutes gâchées.

Pourtant, ce mercredi matin, en dehors de Libé qui ne salue guère (sans l’assassiner) un film qui traîne les pieds, Le Point annonce « la révélation cinéma de cette fin d’année », quand Télérama y voit « un Marche à l’ombre de Michel Blanc, sous influence d’un Ken Loach en veste de survêt ».

Un coup d’oeil rapide sur Le Monde (« une mise en scène qui traduit chez le musicien une véritable intelligence du cinéma ») vous donnerait presque l’envie de sortir de votre propre canapé, et de dire à votre pote à côté de vous « Ils n’se gourent pas avec Star War ? » ou « C’est Bolloré qui a acheté le film et les journaux, couru d’avance »)

sorties-9-decembre-loin-2Ce qui pourrait bien être une belle histoire d’amitié, correctement mise en scène pour le grand écran, passera sur le petit l’an prochain, bien entendu. Mais il est possible qu’en allant chercher des pizzas et d’autres packs de bière, vous ayez envie de croire ces recommandations et de diriger vos pas vers le multiplexe en question. Putain comment c’est loin quand même pour y aller…


BÉLIERS

sorties-9-decembre-beliersRéalisé par Grímur Hákonarson, avec Sigurður Sigurjónsson, Theodór Júlíusson, Charlotte Bøving – 1h32 en VO – A L’Atalante de Bayonne, au Royal de Biarritz, au Select de St Jean de Luz

Dans une vallée isolée d’Islande, deux frères qui ne se parlent plus depuis quarante ans vont devoir s’unir pour sauver ce qu’ils ont de plus précieux : leurs béliers.

Il faudrait pas tout confondre, en pensant qu’un film islandais à l’odeur de bouc, réalisé par un quasi-inconnu, avec un pitch aussi sexy qu’une vieux Cantal, c’est tout bon pour aller récupérer sans souci le Prix Un certain regard de Cannes 2015.

Dans ce contexte cannois, l’histoire de deux frères silencieux depuis des années ne peut être portée que par deux acteurs époustouflants de naturels, qui ne doit pas emprunter au seul décalage humoristique son carburant.

En creux semble bien co-exister un drame assez universel, celui d’un monde en passe de basculer, à cause d’une sale maladie qui nécessite l’abattage de toutes les bêtes de la vallée. Et signe quasiment, de facto, l’arrêt de mort de toute activité économique dans un coin qui n’offre aucune alternative.

De quoi vous transformer un film taiseux en oeuvre éloquente, par la force d’un mauvais blizzard qui balaye un passé absurde de solitudes juxtaposées et, magie du cinéma, peut prendre des airs de conte de Noël.


BACK HOME

sorties-9-decembre-backhomeRéalisé par Joachim Trier, avec Isabelle Huppert, Gabriel Byrne, Jesse Eisenberg – 1h49 en VO – A L’Atalante de Bayonne.

Jesse Eisenberg. Marié, un bébé et un boulot de prof de fac à plusieurs heures de route de sa ville natale, revient habiter quelques jours sous le toit familial, en présence du père (Gabriel Byrne), prof au lycée du coin, et du petit frère adolescent (Devin Druid). C’est une accueillante maison d’architecte dans une belle banlieue verte de New York. Mais ce n’est plus qu’un champ de ruines : il manque la mère (Isabelle Huppert), morte quelque années auparavant, dans ce genre de suicide déguisé en accident que l’on cache aux enfants.

Révélé par Oslo, 31 août 52011° et sa façon très convaincante de projeter ses pensées et ses abîmes dans la peau de tous ceux qui vous approchent, Joachim Trier signe un pitch qui pourrait faire écho au Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan.

On foncerait bien tout de suite si le casting, à l’évidence très euro-bankable, ne nourrissait la crainte d’un produit brossé et léché, à l’opposé de la liberté de la liberté appréciée dans son premier film.

Une petite appréhension qui, comme certaines positions de l’amour, pourrait peut-être nous priver d’un réel plaisir étonnant. A vérifier donc avec ce nouveau film de Joachim Trier.


MIA MADRE

sorties-9-decembre-miamadreRéalisé par Nanni Moretti – Avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini – 1h47 en VO – A L’Atalante de Bayonne, au Royal de Biarritz, au Select de St Jean de Luz

Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

Dix sept ans nous séparent de nos meilleurs souvenirs de l’égocentrique réalisateur italien, adoré depuis Caro Diario (1994) et Aprile (1998).

Une Palme d’Or pour son plus mauvais film (La chambre du fils, 2001) et le dernier Habemus Papam (2011) nous avait fait regretter la forme antérieure de son cinéma-journal intime, de nouveau à l’oeuvre ici dans ce récit où est fait le deuil de la mère, dans un film sur le sens de son engagement de cinéaste, confronté à la perte.

Dans ce film, il est évidemment possible d’y voir un aveu de Moretti, qui apprit la mort de sa propre mère, elle aussi professeure de latin, lors du tournage de Habemus Papam.

Le film est sorti la semaine passée : le sentiment de n’avoir pas déjà couru assez vite pour le voir est là.


 


Commentaires

Une réponse à ‘Comment c’est loin’, d’Orelsan : de quoi rester « Bloqués » dans les sorties cinéma du 9 décembre

  1. Sarrade Nicolas dit :

    Vivement une rétrospective Nanni Moretti en France et que « Palombella rossa » soit rediffusé… ailleurs que sur des plates-formes de téléchargement illégales.
    Non !… je ne suis pas un robot >;-)

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