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L’art de soi, entre santé mentale et physique : le credo de la compagnie Impermanences à Bayonne

14 mars 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Le Réseau de santé Mentale du Pays Basque organise du 14 au 27 mars une semaine de sensibilisation autour du lien vital entre santé mentale et physique, la compagnie Impermanences y assurant le volet danse.

Dans le cadre de cette semaine nationale, cinq femmes monteront sur les planches mercredi 16 mars à la salle Paul Vaillant Couturier à Boucau, et mercredi 23 mars à la Médiathèque de Bayonne, à 18h, pour un moment de danse et de paroles pleines, intitulé Lettres à mon corps, mené par la compagnie Impermanences.

L’occasion pour Eklektika de rencontrer cette compagnie locale dévouée aux arts et aux autres, et d’espérer avec elle une continuité d’actions au-delà d’une semaine d’informations.

L’art de l’impermanence, en permanence. C’est la corde sensible sur laquelle la compagnie Impermanences, œuvrant au local d’Artoteka à Bayonne, s’est engagée en participant à cette semaine d’informations, génératrice de rencontres entre les acteurs du secteur médico-social et le public.

Café-parents, journées de sensibilisation aux sports adaptés, débats, conférences et performances dansées : les institutions et hôpitaux se mobilisent pour informer sur la santé mentale, rassembler et affirmer que l’expression artistique est à tout le monde, que le corps a besoin de prendre l’air et l’espace pour aérer l’esprit.

C’est dans ce cadre que Clémentine Grassa, chorégraphe et danseuse de la compagnie, intervient auprès de 11 personnes de l’AFP à Saint-Jean-Pied de Port, accompagnées de leurs parents et de leurs auxiliaires de vie et qu’elle mène des ateliers d’expressions corporelles en lien avec des ateliers d’écriture proposés à cinq patients, cinq femmes de la clinique Amade, de Mirambeau et du CATTP de Bayonne.

Pour celles qui seront sur scène les 16 et 23 mars prochain, leurs textes deviendront alors des gestes, des mouvements et inversement.

« Il y a une façon d’amener les choses et de réguler derrière », explique Clémentine Grassa et Sarah Piet, membre et chef de choeur de la compagnie. « Le corps est un instrument intime qu’on ne range pas dans une boite après utilisation. Les vibrations perdurent. »

Impermanence-biarritz-1Du corps recroquevillé, parvenir à déployer des gestes.

Du silence porté au monde, trouver en soi des mots à lui lancer. Puis, apprendre à occuper l’espace, physiquement ou vocalement. Révéler que la beauté n’a pas de norme quand on s’éloigne des cultures consommables du divertissement pour aller vers une culture « du sens ».

Clémentine Grassa, vibrante de convictions, raconte : « Je vois l’évolution au fur et à mesure des ateliers, comment la danse libère et ancre à la fois. Les mouvements, au départ, étaient ceux d’une danse du dedans. Puis la spontanéité a pris place, jusqu’à s’adresser au monde extérieur ».

Impermanence-biarritz-3Pourtant, le bien-être apporté reste temporaire, délimité par les parenthèses que sont ces jours dédiés aux différences.

On a envie de demander « Et après ? ». Après cette semaine d’informations, une fois que les yeux du public passe à autre chose, quelle est la suite ? Les moyens de plus en plus limités dans les structures rendent les réponses fragiles mais les espérances, fortes de volonté et de savoir-faire, espèrent en les choix d’une société à convaincre.

Jusque ici, la compagnie Impermanences, crée en 2014 par quatre drôles de dames, Clémentine Grassa, Sarah Piet, Géraldine Robin et Ainoa Labeyrie, sait convaincre par sa pertinence et sait rassembler.

Le pourquoi réside dans cette réponse de Clémentine, initiatrice de la compagnie.

« J’ai passé huit années à voyager. En rentrant en France, ça a été une grosse claque sur le plan humain. La simplicité d’être, le soutien d’autrui se sont vus remplacés par la solitude. Pourtant, il a de quoi être ici, mais chacun reste trop à sa place. Educatrice sportive spécialisée, j’ai alors fais une formation de danseuse professionnelle. Je me suis mise à imaginer une ruche, avec mes collègues, où la danse afro contemporaine est aussi un support de médiation thérapeutique, où les arts en général, le chant, la peinture, l’écriture, rassemblent les individus ».

Impermanence-biarritz-4Et c’est en septembre 2015 que la compagnie créé la Chorale Chants du monde en plein cœur des Hauts de Sainte-Croix à Bayonne.

Sans partition, ce sont déjà presque trente chanteurs, tout âge et d’horizons confondus, qui se réunissent un mercredi sur deux. C’est Sarah Piet, chef de chœur depuis 15 ans et chanteuse de la compagnie Mohein – chants des Balkans -, qui rassemble et harmonise.

« Il y avait une demande, des gens avaient envie de chanter, mais pas dans un chœur de chants basques ou de musique classique. On a été attentive, notamment aux associations déjà existantes. Il ne s’agissait pas d’arriver comme une perruque dans la garbure, explique t-elle (avec une expression qu’on retiendra), et c’était important de faire ça dans un lieu qui ne soit pas un théâtre, qui ne génère aucun frein matériel, tout en restant culturel ».

Impermanence-biarritz-2Alors, chants roms, arabes, yiddishs, brésiliens, africains seront ainsi présent le 18 juin, dans le cadre de la fête de la musique, lors d’un évènement intitulé Artotekanté. Ce sera l’occasion d’un nouvel atelier d’écriture pour une chanson avec un artiste, du premier concert de la chorale, en plein air et d’un repas de quartier.

Pour l’heure, c’est le 16 mars qu’il faudra se rendre au Boucau, pour admirer le travail de l’atelier Oxala qui précèdera celui de la compagnie Impermanences, ou bien encore le 23 mars à la Médiathèque de Bayonne, qui verra également le Laboratoire de Gaël Domenger à l’œuvre.

Sinon, tout au long de l’année, il peut être agréable de flâner vers les Hauts de Sainte-Croix, au bâtiment 4bis, chez Artoteka, pour voir des œuvres d’art, danser, chanter avec la Cie Impermanence, écrire, ou être là, simplement.


Impermanence-biarritz-uneTous les renseignements sur la semaine consacrée à la santé mentale, du 16 au 24 mars, sur le site de RSM Pays Basque.


 


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