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Concert du Nouvel An, par l’Orchestre de Bayonne : retour sur un temps suspendu vers Broadway [et Bashung]

12 janvier 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Le week-end dernier à Anglet, l’Orchestre Régional Bayonne Côte Basque a proposé avec Broadway ! un Concert du Nouvel An aussi chaleureux qu’inattendu, les standards de l’âge d’or de la comédie musicale ayant nourri ce pas de côté de programmation plutôt inhabituel pour une formation symphonique.

Isabelle Georges regarde la salle, pleine, de ce théâtre Quintaou d’Anglet, une destination parmi des dizaines d’autres pour la tournée sur trois continents du spectacle Broadway !, qu’elle donne depuis 2014 en duo avec Frederik Steenbrink.

Une étape de plus, une marche en avant complice, qui ne dissipe pas en elle le souvenir de leur rencontre, en 2000, à l’Opéra Royal de Wallonie de Liège, dans son parcours déjà marqué par de nombreux spectacles autour de la comédie musicale.

Broadway-quintaou-anglet-4La création s’appelait « Titanic », il venait de terminer son disque intitulé « Le passager », elle n’a pu hésiter très longtemps devant ce signe face à elle, et leurs dialogues entre Jack et Rose, interprétés et chantés ensemble :

– À l’arrivée du bateau, je m’enfuirai avec toi.
– C’est de la folie !
– Oui je sais. C’est vraiment insensé. C’est pour ça que j’y crois. Lorsqu’on n’a rien, on n’a rien à perdre.

Broadway-quintaou-anglet-8Ce dimanche après-midi, encore une fois, elle s’est avancée vers ce public, jamais tout à fait le même depuis les premières dates, mais jamais complètement différent non plus.

Ceux-là sont venus pour un programme musical qui convoque leurs souvenirs de Porgy and Bess, de Mary Poppins ou d’Irma la Douce.

Elle sait faire, et rendre l’émotion et la beauté de ces compositions qu’elle ne pourra jamais considérer comme désuètes : le choix retenu pour ce spectacle emprunte tout autant aux grands noms de la comédie musicale, des films des grands studios américains aux succès de la 42éme Rue de New York, qu’à ces titres qui l’ont accompagnée depuis son enfance, racontés par la voix de son père.

Elle est dans son pays, celui qui l’a bercée depuis toute petite, celui Over the rainbow, où elle peut chanter I wish i were in love again encore aujourd’hui, en le regardant, lui, là, qui l’accompagne, son Frederik.

Broadway-quintaou-anglet-9Une prestance de crooner de l’âge d’or de la MGM, une voix qui enchante et stupéfie par sa force, et un excellent pianiste, ne pas oublier de lancer au public leur private joke, « Frederik est un grand pianiste… 1m86… ».

C’est à son tour à lui de prendre la scène, elle s’écarte mais choisit de ne pas regagner les coulisses pour cette fois, elle le regarde dans la pénombre côté cour.

Broadway-quintaou-anglet-unLes paroles d’un vieil air de Bashung lui reviennent en tête, sur ce plateau où se produit l’Orchestre de Bayonne, accompagné pour l’occasion par un quartet de jazz, elle fredonne intérieurement  Madame rêve/d’apesanteur/Des heures des heures/De voltige à plusieurs.

Elle reste consciente des artifices dont parle cette chanson en elle, Les seuls/Qui la remplissent de bonheur, elle changera 7 fois de tenue dans cette idée-là, elle sait qu’il ne s’y habitue pas, qu’il la regarde à chaque fois, leurs sourires partagés puis offerts aux spectateurs ne leur sont pas uniquement destinés.

Broadway-quintaou-anglet-7Derrière eux, le chef d’orchestre invité, Benjamin Levy, apporte sa générosité et sa fantaisie, à même de rendre cette date sans doute différente des autres, plus chaleureuse encore.

Elle repense à ses premiers spectacles, du coté du Théâtre Antoine de Paris, où elle pouvait jouer devant une centaine de personnes au grand maximum, On est loin des amours de loin, on est loin.

Elle rêve toujours un peu, avant de s’avancer à nouveau, des claquettes aux pieds cette fois.

Elle vient de là, de ces pas entre Jean Hagen et Gene Kelly dans Singin’ in the rain, elle ne prétend pas être au même niveau que sa voix, mais c’est sa joie qui est convoquée, et communiquée.

Broadway-quintaou-anglet-1Elle tend les bras, se lance, essaie de tenir le rythme, s’enivre elle-même, Rêve d’archipels/De vagues perpétuelles/Sismiques et sensuelles secrètement en elle, puis « s’écroule » de bonheur au bord de l’épuisement, un artifice de plus, une façon de bénir cette scène, surtout.

Le spectacle touche à sa fin, dehors la pluie est réelle, qui tentera d’atteindre la bonne humeur des spectateurs qui ressortiront ravis et joyeux.

Broadway-quintaou-anglet-5Le « Bonne année à tous  » est lancé comme un temps suspendu dans un monde où la barbarie aurait été mise entre parenthèses deux petites heures.

L’orchestre est applaudi avec eux, elle fredonne encore On est loin des amours de loin, on est loin, elle ne s’en est jamais sentie aussi proche.

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