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La tarte Tatin reste dans le patrimoine culturel français, mais définitivement plus la corrida

18 août 2016 > > Soyez le premier à réagir !

La dernière passe entre les pro et les anti-corrida a pris fin cet été, le 27 juillet, avec la décision désormais définitive du Conseil d’Etat qui a rejeté le pourvoi de deux organisations pro-corrida, qui contestaient la décision de la cour administrative de Paris de radier cette pratique de l’inventaire du Patrimoine immatériel de la France.

Depuis 2011 et son inscription par le Ministre Frédéric Mitterrand dans un vaste registre qui a consacré de très nombreuses valeurs identifiant l’Hexagone, comme la tarte Tatin ou des savoir-faire liés à l’artisanat, rituels en tout genre et traditions orales, cet aspect culturel immatériel de la corrida avait été infirmé en juin 2015 par la cour administrative, puis porté au Conseil d’Etat par les pro-corridas.

Le 29 juillet dernier, la victoire du CRAC Europe (comité radicalement anti-corrida) et de l’association Droits des Animaux ne remettrait rien en question, avancent les mauvais perdants de l’Observatoire national des cultures taurines et l’Union des villes taurines de France.

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« La tauromachie, un patrimoine culturel français », en page de garde du site.

La tauromachie n’est donc pas une culture, mais une tradition locale, et il faudra bien s’en tenir là (et changer la page de garde de l’Observatoire national des cultures taurines).

Dans les faits, il y a donc un argument en marbre qui allège la discussion polémique, la corrida ne pouvant désormais être renvoyée qu’à sa seule définition culturelle régionale, sans socle massif.

Aucune mesure de sauvegarde immatérielle et de TVA à taux réduit pour les biens culturels ne peuvent donc être invoquées, seul l’argument d’une « tradition ininterrompue » lui valant acceptation juridique, depuis 1951.

corrida-patrimoine-culturel-immateriel-2A cette époque-là est avancé pour cela « un intérêt essentiel à ce que les courses puissent se pratiquer normalement dans les régions méridionales », écrit le rapporteur du projet.

« Cela présente pour nos villes du Midi des ressources considérables, non seulement pendant l’été, en Août, mais dès le mois de Mai. Nous avons intérêt à retenir les touristes en France et même à faire que les touristes espagnols viennent chez nous, plutôt que de voir ces touristes partir en Espagne et, intéressés par les courses, y passer en définitive leurs vacances ».

Tous les autres façades sur la valorisation culturelle de la tauromachie par Picasso, Hemingway ou Velasquez passent un peu vite sur l’opposition d’autres grands noms de l’Histoire, de Voltaire, Montesquieu, Victor Hugo ou Zola.

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L’ancienne Ministre UMP Rama Yade joignant les rangs des anti-corridas le 23 juillet 2016

Reste que pour les taureaux, rien ne change concrètement : leur sang continuera de couler avec force applaudissements dans les arènes même accompagnées de vives protestations à l’extérieur.

L’aficion tauromachique de l’actuel Premier Ministre Manuel Valls est un actuel appui de poids, qui a permis de renvoyer dans ses cordes la demande de l’ONU d’en interdire l’accès aux mineurs, et cela renforce également la détermination des maires concernés à ne pas tarir le sillon rougeoyant de cette pratique.

A Bayonne, où s’est historiquement déroulée la première corrida en 1701 pour faire un cadeau de bienvenue agenouillé au passage de Philippe V d’Espagne, le maire actuel Jean René Etchegaray a récemment publié une lettre ouverte aux membres de son parti UDI enjoignant quelques récalcitrants à ne pas demander son abolition.

Le 1er week-end de septembre offrira 3 jours de corridas où les passes ne se passeront pas toutes sur le seul sable des Arènes de Lachepaillet, et où les tartes qui s’y échangent habituellement ne seront pas toutes des Tatin.


 


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