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5 coups de coeur à la Librairie Le 5eme Art de St Jean de Luz, pour bien commencer cette nouvelle année 2017

8 février 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Si l’humidité de ce début d’année s’est emparée de vos esprits et engourdit vos âmes d’une langueur impénitente, rien de mieux qu’une petite promenade en « Librairie », ce pays de toutes les découvertes aux autochtones généreux et accueillants : entre douceur de livre et passion, Clara Magnani, Jean Hegland et Tanguy Viel en romans, et deux BDs, « Au lit Miyuki » et « Idéal Standard », cinq ouvrages chaudement recommandés par celle du « 5ème Art » de St Jean de Luz.

Voilà les premiers jours du mois de février : vents furieux, pluie battante, tempêtes tonitruantes. Échapper à cet accablant déluge peut être simple, en allant faire un tour à Saint Jean de Luz, et se réfugier dans la tiédeur bienveillante de la librairie Le 5ème Art, créée par Christelle Dierickx en 2010.

A l’accueil vous y recevront Sophie et Marieke, toutes prêtes à éclairer votre journée d’une foule de conseils livresques et de coups de cœur divers et variés.

« Le summum du plaisir dans ce métier, c’est quand après avoir conseillé un client, celui-ci revient pour me dire qu’il a aimé le livre, qu’il a été touché, ou bouleversé… Là, je sens que j’ai bien fait mon boulot, en trouvant le bon livre pour la bonne personne », confie confie Sophie, Marieke complétant d’un « Ce que je préfère, c’est lire et parler des livres qui m’ont plu », tout simplement.

Elles partagent la même passion pour la lecture, une de ces fièvres bénignes qui fait briller leurs yeux et trace sur leurs visages des sourires pudiques mais francs, et surtout, qui laisse parler le cœur avant tout.

Si la rentrée littéraire de cette année a commencé « doucement », Sophie et Marieke ne cessent de s’enthousiasmer pour autant, « il y a évidemment moins de titres qu’à la rentrée de septembre, comme tous les ans, mais je trouve toujours des choses à découvrir : des auteurs, des maisons d’édition, des illustrateurs. »

Petit tour d’horizon, donc, avec les 5 ouvrages (trois romans et deux BDs) qui ont marqué leurs débuts d’année.


Joie, de Clara Magnani

« Souvent, les histoires d’amour mettent en scène de jeunes couples, la vingtaine ou la trentaine tout au plus. Ici, il s’agit de Clara, journaliste, la cinquantaine, et Gigi, un réalisateur de films de 70 ans qu’elle vient interviewer. Nous sommes en Italie : il fait beau, il fait chaud, et c’est l’amour fou – ce que l’auteure appelle mature love, un terme que je la soupçonne d’avoir inventé pour l’occasion.

Le roman s’ouvre sur la mort de Gigi des suites d’une crise cardiaque. Sa fille découvre l’existence de sa maîtresse et décide de lui envoyer un mail, et c’est ainsi que s’amorce le récit, tout au long duquel Clara va chercher à démontrer que ce n’était pas simplement une aventure, mais une véritable histoire d’amour.

Ce qui m’a plu, c’est justement ce côté décalé : il a ce rapport au corps très particulier, et leur passé sentimental change la donne aussi. C’est très bien écrit et facile à lire ».

Joie, roman de Clara Magnani
Éditions Sabine Wespieser – Parution Février 2017
180 pages, 17€


Dans la Forêt, de Jean Hegland

« Ça ressemble un peu à La Route, de McCarthy. Deux jeunes sœurs se retrouvent seules à vivre dans la maison familiale, au bout d’un chemin près d’une forêt, loin de tout. Il n’y a plus de courant, plus d’eau, plus d’essence dans la voiture, bref, elles sont irrémédiablement isolées.

Eva danse au rythme d’un métronome, et Nell, la narratrice, passe son temps à relire ses livres d’université et ses encyclopédies. Elle raconte en vrac ses souvenirs de la vie d’avant – leur dernière sortie en voiture avec leur père, le manque de nourriture qui a forcé le café le plus proche à fermer ses portes… Et ces flashbacks sont entremêlés de leur quotidien, comment elles comptent les sachets de thé, font l’inventaire de ce qu’il reste dans la maison, réparent le toit…

Nell a entendu à la radio qu’il y avait une guerre à l’autre bout du monde, ou peut-être est-ce un virus ? C’est lent, prenant, on s’attendrait presque à voir surgir des zombies ! Ce roman nous tient en haleine jusqu’au bout. »

Dans la Forêt, roman de Jean Hegland
Éditions Gallmeister – Parution Janvier 2017
304 pages, 23.50€


Article 353 du code pénal, de Tanguy Viel

« Le titre est hyper glamour, non ? (sourires), et le prologue annonce la couleur : « C’est l’histoire d’un homme, la cinquantaine, qui un jour et de façon préméditée décide de jeter un autre homme par-dessus bord alors qu’ils sont dans un bateau.

Il s’agit donc de son entretien avec le juge : c’est comme un très long monologue dans lequel il lui explique depuis le début les conditions qui ont mené à cet acte extrême qu’il assume complètement. Presque tout est à la 1ère personne et au discours direct, ce qui donne une écriture très vive. La langue est juste et directe, le roman est rythmé : c’est un texte qu’on aurait envie de lire à voix haute.

Le fameux article 353 indique aux jurés que leur délibération doit se fonder sur leur intime conviction. Mais, sur fond de roman social (la victime est un promoteur immobilier venu défigurer cette presqu’île bretonne au profit d’une station balnéaire), c’est un faux suspense car on est tellement plongés dans son histoire qu’on finit par en oublier le procès qui lui sert de cadre. »

Article 353 du code pénal, roman de Tanguy Viel
Éditions de Minuit – Parution Janvier 2017
176 pages, 14.50€


Tanguy Viel, portrait à suivre sur Eklektika

L’auteur sera présent ce samedi 11 février 2017 à 17h à la Librairie Hirigoyen de Bayonne


Au lit Miyuki, album jeunesse de Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh (ill.)

« On retrouve dans la douceur de ces textes et de ces couleurs toute la poésie des contes japonais : Miyuki attrape, en jouant, le Vent, et cherche un moyen de repousser le temps.

C’est l’histoire de cette petite fille qui vit avec son grand-père et cherche sans cesse des excuses pour ne pas aller se coucher dans son joli petit lit en forme de chausson japonais. Pour ce faire, elle invente des histoires : une fois, elle raconte que la Reine Libellule doit venir et qu’il faut qu’elle lui prépare un beau lit ; une autre fois, elle se met en devoir de rassembler les escargots du jardin pour qu’ils puissent dormir tous ensemble, ou alors elle veut danser pour remercier le soleil d’avoir brillé sur la maison…

C’est un ensemble touchant de texte, d’images et de couleurs, que je conseille aux enfants à partir de 5 ans ».

Au lit Miyuki, album jeunesse de Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh (ill.)
Éditions de la Martinière – Parution Février 2017
32 pages, 25×34 cm, 13.90€

À lire aussi : Attends Miyuki, Roxane Marie Galliez/Seng Soun Ratanavanh, éd. De La Martinière, 2016.


Idéal Standard, BD d’Aude Picault

« Claire travaille chez les grands prématurés ; 32 ans, célibataire, elle cherche le grand amour et ça commence à presser ; ses copines se marient, sa mère s’inquiète, et même sa gynéco s’y met en lui montrant une courbe de l’horloge biologique.

Elle rencontre plein d’hommes mais ça ne marche jamais. Pire encore : elle recroise des ex qui se sont mariés et mènent une vie bien rangée. Un jour, elle se fait draguer… et cède. Elle a tellement envie de croire que c’est l’homme de sa vie que, même si tout n’est pas parfait, elle se force dans la relation.

Le thème est réaliste, même s’il y a quelques situations comiques – les dessins peuvent être drôles et Claire est hyper attachante, hyper… normale, en fait, ce n’est pas une héroïne.

Le sujet de la pression sociale sur les femmes qui arrivent à la trentaine est plutôt rare, et l’auteure montre un autre aspect de leur quotidien. Au fil de la BD, Claire réalise que la vie de couple n’est pas du tout comme elle l’avait imaginée, et tandis qu’elle s’accroche, le titre prend tout son sens ».

Idéal Standard, bande dessinée d’Aude Picault
Éditions Dargaud – Parution Janvier 2017
152 pages, 195×260 mm, 17.95€


Actus de la librairie

Exposition de l’illustratrice jeunesse Lucile Placin pendant tout le mois de février, au sous-sol de la librairie.

Librairie Le 5ème Art
26 rue Sopite – 64500 Saint Jean de Luz.

Horaires jusqu’à fin mars : du mardi au vendredi 10h-12h30/14h-19h, le samedi 10h-19h.
Ouverture 7j/7 d’avril à décembre.

Contact : Tél : 05 59 43 66 48, ou sur Facebook


 


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