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Culture et Pays basque (III) : Anglet à l’épreuve en 2017 du « On en est où ? » de l’an passé

9 janvier 2017 2 commentaires

Après Bayonne et Biarritz, nouveau petit tour de revue des repères culturels du Pays basque, à Anglet, dont le calendrier sera marqué en 2017 par une importante phase de rénovation contraignante de ses principaux lieux l’identifiant : la situation encore déséquilibrée du Théâtre Quintaou n’échappe pas cette année encore à des questionnements en forme de Bataille d’Hernani.

Les conclusions de l’audit mené en décembre 2015 sur les grands axes à tenir ou développer par Anglet pour sa politique culturelle avaient pour calendrier cette nouvelle année 2017, comme rappelé lors de l’établissement du budget définitif de cette commune en mai 2016.

Dans son intervention en conseil municipal, le maire (Républicains) Claude Olive désignait un horizon proche, proclamant « une volonté de nous doter progressivement des moyens pour atteindre ce but », en mesurant « l’ampleur des chantiers qu’il nous faut ouvrir ou poursuivre simultanément, afin de permettre à Anglet de franchir un cap ».

Une fois rappelé par son opposition que cette nécessité ne pouvait effacer le travail de la majorité socialiste précédente, les manches se sont retroussées, et les paumes des mains frottées, pour poursuivre ou attaquer 2017 par des chantiers qui modifient sensiblement son calendrier culturel.

Exemptée d’un exercice de Biennale d’art contemporain, budgetivore et chronophage, les engins de chantiers ont pris place dans deux lieux centraux de programmation : la villa Beatrix Enea, siège de ses expositions permanentes d’art contemporain et fermé au public jusqu’à l’été 2017, et le parc du Château de Baroja, grandement diminué par des travaux prévus jusqu’en septembre 2018.

Après Bayonne et Biarritz, petit tour de revue de ce qui change en termes de pratiques culturelles au Pays Basque, un dossier Eklektika qui emprunte forcément des interrogations toujours présentes dans le dossier très clivant du théâtre Quintaou.

Joyau incontestable de la commune et de ce bassin de vie, sa sous-utilisation actuelle est loin d’alimenter cette image de « joie et douceur de vivre » qu’illustrait en 1973 ce document de l’INA, à l’occasion des jeux – cocasses dans le contexte de compétition inter-communale -, des joutes d’Intervilles.


Le Théâtre Quintaou, entre excellence et sous-utilisation


Ouvert en janvier 2014 et adossé à un investissement de 10 millions d’euros, ce théâtre qui a pris le nom de la place Quintaou a une vocation pluridisciplinaire (théâtre, danse, concerts), introduisant à la fois une modification durable des propositions culturelles de la côte basque, et une âpre bataille aux dernières municipales de la même année.

Vainqueur du scrutin final, le nouveau maire s’est empressé tout d’abord de mettre fin à la régie directe de son exploitation pour la confier au puissant opérateur de la Scène Nationale Sud Aquitain, avant de décider l’année suivante d’en « garder les clés », pour une exploitation mixte de son programme.

« Les chemins du brigadier », par le Théâtre des Chimères, Quintaou septembre 2014

Environ 25 belles dates sont issues de la saison normale de la Scène nationale du Sud Aquitain, la municipalité y accueillant pour sa part une programmation-maison complémentaire, ouverte aux demandes associatives locales (Summer concerts, Anglet Jazz Festival, …) ou correspondant à des co-productions extérieures.

Sa grande salle de 800 place n’a guère d’équivalent qualitatif dans l’agglomération, alors que sa petite salle, baptisée « Black Box« , est notoirement absente des enjeux de l’ensemble.

Dissimulée dans la partie nord de sa coque en bois, elle présente pourtant une adaptabilité de jauge (d’une centaine jusqu’à 450 places) qui devrait la destiner à avoir plus de poids dans l’agenda culturel.

Certes, une dizaine de dates de la SNSA y trouve place, tout comme un petit nombre de résidences de création théâtrale, mais son calendrier s’encombre également d’un statut de « vestiaire » régulier des compagnies invitées dans la grande salle.

Le constat est partagé par les services qui le gèrent, sans solution à ce jour pour lui donner le statut de point de repère constant de la programmation culturelle de la ville : trois ans après son ouverture, la Black Box reste à considérer comme une « salle fantôme » pour le spectateur lambda.

Exposition Pinchon, été 2016

A l’été 2016, l’initiative de l’ouvrir comme lieu atypique de l’exposition Jean-Claude Pinchon a permis de remédier temporairement à cela, mais cette salle totalement équipée pour recevoir une programmation fournie de concerts pour le jeune public n’a pas de positionnement précis :

en décembre 2015, une très grande majorité des Angloys de 16 à 25 ans, exprimait pourtant son désir d’y voir « une programmation de musiques actuelles sur des lieux dédiés (petite salle « Black box », terrasse Quintaou) ».

Concert de The Ex, mars 2015, dans la Black Box

Dernier point caractérisant le théâtre Quintaou : sous l’égide de la Scène Nationale et sans palliatif proposé par la Ville, la saison culturelle publique ne court que de fin septembre à fin mai de l’an suivant : une aberration de voir ce lieu sans ouverture durant sa saison estivale, au moment du doublement de sa population.

Pop Terrasse#1, septembre 2015

Se rappeler de l’existence d’une « place publique culturelle » supplémentaire avec sa Terrasse (investie une fois l’an par Eklektika pour les Pop Terrasse, et inoccupée sans cela) participe d’une même opportunité délaissée.


L’art contemporain, dans l’attente d’un nouvel écrin à Beatrix Enea


Faire de la villa Beatrix Enea « l’épicentre de l’art contemporain » à Anglet, tel qu’elle l’est par l’accueil de nombreux artistes programmés dans ces 3 petites salles du rez-de-chaussée, ne délimite plus l’ambition de ce lieu municipal (20.000 visiteurs par an), qui accueille également les bureaux de la direction culturelle.

Aujourd’hui fermé au public pour son ré-aménagement, et jusqu’à l’été prochain, l’endroit ambitionne de devenir « un lieu de création, de diffusion et de ressources à la disposition des artistes invités », mais surtout de postuler au label « Centre d’Art » à un niveau régional, et transfrontalier.

Exposition Ttitto Aguerre, mars 2015, à Beatrix Enea

Exposition Paul Rambié, décembre 2015, à Beatrix Enea

Cette vocation culturelle, engagée dès le début des années 90, sort renforcée de tous les sondages auprès des citoyens de la ville, et son adjoint à la culture Jean-Michel Barate s’est engagé dans cette voie, très favorable à « ce positionnement aujourd’hui reconnu comme original, audacieux et exigeant, véritable marqueur identitaire pour Anglet ».

L’année 2017 voit donc se concrétiser cette déclaration de mai 2016, par un budget de 700.000 euros : la galerie Pompidou, annexe de l’autre barycentre de la ville, sa Bibliothèque municipale, devrait fournir aux amateurs la possibilité de patienter « si tout se passe bien » jusqu’à l’été.


Le parc Baroja, en utilisation restreinte en 2017


Lieu totalement atypique et joyau naturel d’Anglet, le château de Baroja n’a pu retarder plus longtemps les importants travaux de rénovation de la bâtisse du XIXème siècle, qui affecteront sa pleine utilisation jusqu’à l’été 2018, pour un budget de 5 millions d’euros.

Le centre de loisirs qu’il abrite dans ses dépendances fera l’objet de 10 mois de travaux entre septembre 2017 et juin 2018, mais c’est surtout son très grand parc qui s’en trouve affecté.

Festival des Jours Heureux, mai 2015

Lieu d’implantation de son festival des arts de rue des Jours Heureux, la date de l’événement a été décalée cette année pour passer de mi-mai aux 3,4 et 5 juin 2017, en espérant disposer de sa jouissance loin des engins de travaux.

Accueil des Translatines, septembre 2014

Le sort de son chapiteau (230 places), composante très originale de sa programmation, ne devrait pas y survivre, même si sa ré-utilisation sur un autre site reste officiellement envisagée.

Des travaux qui n’empièteront pas sur la saison (maintenue) des Jeudis de Baroja : durant toute l’année scolaire, les rendez-vous s’aligneront dans les anciennes écuries, sous la houlette d’opérateurs culturels locaux qui les font vivre (association Ezkandrai, Le Microscope, …).


Autres repères et repaires de l’année 2017


Ouverture des Jours Heureux, mai 2016

Aucune des manifestations phare d’Anglet n’a été remise en question pour cette année 2017, du festival des Jours Heureux à la manifestation A mots ouverts, qui garde son statut de « festival de la rentrée », ou ce rendez-vous des amateurs de l’Anglet Jazz Festival, même fragilisé par les restrictions touchant ses concerts sur l’herbe à Baroja.

Anglet Jazz Festival, septembre 2015

Reste sans doute une inconnue à lever en 2017, avec l’ouverture depuis le mois dernier du centre culturel Tivoli, maison commune pour la langue basque, gasconne et les activités de l’Université du temps Libre d’Anglet.

La réhabilitation de cette ancienne maternelle est désormais terminée, une ambition d’échanges inter-culturels a fixé la feuille de route de ce nouveau venu : à ce jour pourtant, il manque encore une lisibilité de propositions extérieures permettant d’en nourrir un crochet curieux.

Fidèle lecteur qui n’a pas pris peur d’aller jusqu’au bout de cet article-dossier, il est sans doute de délivrer une ultime information.

Organisée par Eklektika et la Ville d’Anglet, la soirée de Pop Terrasse #3 a été déterminée pour cette nouvelle année : la date du samedi 2 septembre 2017 est donc à cocher pour un nouveau rendez-vous sur la terrasse de Quintaou et une programmation de groupes pop.


A lire également dans le dossier Eklektika « Culture et Pays Basque »


Culture et Pays Basque (I) : ce que 2017 va modifier (avec le voeu d’un « mini-Zénith » pour Bayonne)

Petit tour de revue de l’actualité culturelle attendue pour cette nouvelle année, de la mise en place de l’EPCI Pays basque au 1er janvier jusqu’au désir ré-affirmé d’une nouvelle salle de spectacles pour Bayonne, à qui est consacré ce premier volet d’un dossier Eklektika


Culture et Pays Basque (II) :pour 2017, l’image troublée de Biarritz face à son « miroir, oh mon beau miroir »

Après Bayonne, petit tour de revue des repaires culturels de la ville de Biarritz, dont les principaux rendez-vous de cette nouvelle année ne peuvent plus se permettre de ne pas regarder sans inquiétudes les calendriers des villes voisines, par le vieillissement de ses structures historiques, la sous-exploitation des nouvelles, et de nouveaux rendez-vous pas encore stabilisés



Commentaires

2 réponses à Culture et Pays basque (III) : Anglet à l’épreuve en 2017 du « On en est où ? » de l’an passé

  1. Hervé Marson dit :

    Bonjour,
    Nous avons loué la Black Box avec notre association en octobre 2015 pour deux très beaux concerts de Pop Rock et de World musique et nous n’avons eu de soutien de la part de qui que se soit……
    A bon entendeur.

    • Merci pour votre message, Hervé,

      mais pas sûr de comprendre le sens de « bon entendeur », s’il n’est pas précédé d’un « bon raconteur »… A compléter donc si vous le souhaitez,
      et à bientôt.

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