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‘De face’, la fulgurance des émotions exposée aux Serres de la Milady Biarritz

7 septembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Il ne reste plus que quelques jours, jusqu’au 13 septembre, pour voir ce que les artistes des Serres de la Milady à Biarritz, Gaëlle Labrouche et Yvanna Duchesne, offrent à voir ce que l’humain à de plus intériorisé : les émotions.

A travers les céramiques de Gaëlle Labrouche et les peintures écorchées de l’expressionniste Yvanna Duchesne, l’exposition ‘De face’, actuellement aux Serres de la Milady de Biarritz, nous dévoile la sérénité du visage jusqu’à ses probables déchirements. Une rencontre, celle des deux artistes exposées et une « muse », Camille Claudel, sont à l’origine du projet.

Les émotions sont dedans, d’habitude. Certes, elles s’échappent furtivement de nos yeux, de nos bouches, de nos corps, avec douceur ou violence mais elles ne survivent pas au temps : cette fois, elles sont à l’extérieur et nous fixent.

De l’œil lucide à celui noyé de folie, il n’y a qu’un clignement de paupières.

serres-milady-biarritz-7C’est ce clignement que les deux artistes ont saisi. Regarder leurs œuvres signifie tendre sa conscience vers chaque émotion, vers leurs marques, leurs plis, leurs traces, comme autant de miroirs fiévreux posés devant l’existence.

Des toiles immenses, qui demanderaient peut-être plus de recul pour en saisir l’intense silence, dévoilent des visages aux expressions déchirées, absentes, ou au contraire trop présentes, prêtes à avaler celui qui les articule.

serres-milady-biarritz-8L’esthétique du visage tient à peine dans le cadre. Trop de vécu y habite. La dissymétrie, le relief, les lignes brusques et saignantes en guise de rides imaginaires, la lumière, intense mais toujours secrète, du regard, prennent toute la place.

Yvanna Duchesne « peint la folie comme un état de conscience aigu ». Elle plonge dans le tourment voué au cloître de l’artiste Camille Claudel, la passion déchue de son expérience humaine.

serres-milady-biarritz-9De ses interrogations célestes à ses gouffres profonds, de ses rochers à ses noyades, du vrai au faux qui se présentent à elle, les visages de Camille se métamorphosent. Une dizaine est exposée. Yvanna Duchesne en a peint cent.

« Je vis dans un monde si curieux, si étrange… Du rêve que fut ma vie, ceci est le cauchemar », disait Camille Claudel.

serres-milady-biarritz-6Les visages en céramique de Gaëlle Labrouche, eux, ont les yeux fermés et tranquilles, face aux regards déchirés de s’être trop ouvert d’Yvanna Duchesne.

Nous sommes toujours dans l’intériorité mais cette fois-ci, son rôle est réparateur.

serres-milady-biarritz-0Dans cette absence là, l’humain se retrouve, dans un état de non pensée. C’est là, proche du vide et de la « zenitude », que travaille l’artiste, spécialiste dans l’art du raku (méthode de cuisson), appris auprès d’un potier revenu du Japon.

Elle pose des bandes de plâtres sur les visages, quelques minutes, après avoir enduit de crème et massé les volontaires détendus. Les masques, ensuite cuits au feu, gardent ce souvenir. La maitrise des éléments comme le bois, le feu, illustre là une pratique ancestrale.

Toutes les œuvres de Gaëlle Labrouche ont été réalisées aux serres de la Milady : les visages sombres piqués sur des tiges en métal et ceux, brisés en morceaux comme des bouts de sois cassés ou qui résistent (chacun sa lecture), suspendus comme des coquillages.

Les deux artistes, l’une formée auprès des maîtres potiers, l’autre à l’ENSBA de Paris, se sont rencontrées à la Brigade Contemporaine de St Pée sur Nivelle. Un coup de cœur réciproque qui les amène à superposer deux de leurs œuvres pour n’en n’avoir plus qu’une, non retouchée, utilisée pour la communication de l’exposition.

yvana-ducheneCette dernière, troublante, ne fera pas l’unanimité de par sa particularité à aller au-delà de la forme, à s’attendrir même des difformités sans investir celles du sourire.

On aimerait en voir un, peut-être, qui naîtrait en s’en allant rencontrer d’autres murs, ceux à l’ambiance propice de la « Poudrière » à Bayonne par exemple, pour ne citer que ceux là.

On aimerait aussi voir davantage d’œuvres, quand l’exposition née aux Serres ne demande qu’à grandir. On espère aussi que les artistes des Serres en enfanteront beaucoup d’autres en ce lieu de création et de rencontres à défendre.

A défendre ? On devrait vous en reparler bientôt dans Eklektika.


expo-de-face-aux-ateliers-des-artistes-de-la-milady-agendaToutes les infos sur  www.lesserresdelamilady.com


 


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