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De la « Samba », beaucoup de selfies, et bien peu de rencontre

3 octobre 2014 > > Un commentaire

Dimanche soir, le cinéma CGR de Bayonne proposait (au tarif normal), une avant-première du film Samba et une rencontre avec ses deux réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano accompagnés de Charlotte Gainsbourg et Omar Sy.

Le terme « rencontre » est ici un peu inapproprié : « tristesse » ou « consternation » serait plus adapté, devant un film qui ne manque pas de qualités et d’humanisme.

jreA la séance programmée à 19h, le parking du multiplexe bayonnais est déjà plein depuis longtemps, et dans la foule qui se pressait, figuraient sans plus de protocole que cela le Maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, en pleine discussion avec Yves Ugalde, son Adjoint à la culture (entourés de quelques joueurs de L’Aviron, c’est du rugby, et du local). Un bref moment, puisque la délégation municipale est invitée à rentrer par l’entrée des artistes.


Dans cet antre assumé comme plus proche d’un parc d’attraction que d’un temple du 7ème art, un crépitement de micro fait tendre les oreilles, un « Salle 1 » donnant le signal de départ vers les places de la grande salle du CGR (en moins de deux minutes, plus aucun siège n’est disponible).

Là, le spectacle débute par une estrade logotisées d’une station de radio de djeuns, et, en bas, sur la gauche, un DJ commence à faire chauffer ses platines. Un homme surgit de nulle part, hurle que « c’est la fête ce soir », et la peur de s’être trompé d’endroit (ou de moment) se confirme, lorsque le public est apostrophé par de grands « Ouais !!! », « Super !!! », et autres « plein de cadeaux vous attendent ! ».

Dans une ambiance absolument comparable à la boite de nuit tout proche (l’Arena), la musique vise vos tympans, les cadeaux volent vers les rangs, l’expression « jeter un os à un chien » se fraye un chemin vers votre cerveau.

Mais est annoncée l’arrivée « imminente » de l’équipe.

Tandis que le Dj est à son maximum, les réalisateurs sont les premiers à rentrer dans l’arène, suivis par Charlotte Gainsbourg et Omar Sy.

Des spectateurs sifflent, hurlent, envoient des mots d’amour, le speaker continue (il lui reste une corde vocale).

publicOmar, micro à la main remercie le public, s’assoit sur l’estrade, et parvient à plonger la salle dans un demi-silence. Il garde la parole en nous remerciant d’être venus ce soir, un peu de bla bla, une blague sur la météo, le rugby, et un petit milesker, le public a obtenu ce qu’il voulait, il applaudit l’artiste.

samba-2Il passe le relais à Eric Toledano, qui nous remercie à son tour, nous sommes formidables, c’est un chouette pays, avant d’inviter le public à donner ses remarques sur la page Facebook du film.

Mais…

Mais ils ne peuvent malheureusement pas rester ici, tend le micro à Charlotte, qui, nous glisse une petite phrase, conclue d’un merci, que le Maire assis en face d’elle au premier rang a entendu. Le micro revient au réalisateur, qui attend les questions; qui ne fusent pas mieux qu’une pelle sur une moquette épaisse.

Une jeune fille se lance, mais ça sera pour demander un selfie avec l’équipe (« super ! »). Clic ! C’est dans la boîte.

Un dernier coucou au public, un grand merci, et le speaker nous annonce qu’ils vont devoir partir, le public se lève, ah non, il était déjà debout pour la photo, il applaudit, il est content, les représentants de la Mairie rejoignent l’équipe pour un dernier serrage de mains, une tape sur l’épaule et c’est fini.

samba-3Pas un mot sur le film de la part des réalisateurs, un public qui se satisfait de l’ambiance romaine, et un Maire qui ne prend pas la parole devant ses concitoyens pour exprimer sa joie de recevoir des artistes.

Ce dimanche soir, la définition du mot « rencontre » était plus basse que le ciel gris à la sortie de la salle.

Un dernier mot dans cet article. Samba conte l’histoire d’un sans-papiers sénégalais qui cherche depuis dix ans la solution pour rester sur le territoire Français. Il croise la route d’Alice victime d’un burn-out qui tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association.

Après intouchables, les deux réalisateurs ont pourtant frappé là où ça fait mal, avec une histoire forte, pleine d’humanité avec force et humour.
Ca valait mieux qu’un selfie géant.

samba-1


Commentaires

Une réponse à De la « Samba », beaucoup de selfies, et bien peu de rencontre

  1. Murielle dit :

    À quoi s’attendre d’autre dans un méga cinéma qui porte mal son nom? On se doute bien que le but était de faire « plaisir » plutôt de faire réfléchir.
    Dommage car Nakache et Toledano font de jolis films, tous des mélanges intelligents de comédie, de tendresse et de social.
    On peut se consoler en sachant que les rencontres les plus éphémères sont les plus belles.
    Qui sait si un temps plus allongé n’aurait pas apporté son lot de fourvoiements et de déceptions.
    Et puis le dernier vol pour Paris au départ de Biarritz était à 20h55.

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