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« De l’écrit à l’écran » : trois belles rencontres à L’Atalante Bayonne pour en saisir l’avis à la source

18 janvier 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Trois films, trois rencontres autour du roman et de son adaptation : cela sera sans doute insuffisant pour trancher la question, mais les venues de Marin Ledun, Marie Desplechin et Dominique Cabrera, pour « De l’écrit à l’écran » (du 23 janvier au 7 février 2017), s’imposent déjà comme un beau rendez-vous que l’on espère renouvelé régulièrement.

Les liens entre la littérature et son adaptation au cinéma sont à peu près aussi anciens que le 7ème art lui-même, et chaque cinéphile aguerri se garderait de trancher par une formule simple sur la primauté de l’un par rapport à l’autre.

Autant donc saluer chaleureusement l’initiative du Cinéma L’Atalante de Bayonne de proposer d’en alimenter le débat, avec cette série de trois rencontres à venir , regroupées sous le titre « De l’écrit à l’écran », du 23 janvier au 7 février 2017.

Trois films récents donneront ainsi l’occasion de discuter ce que la caméra, ou le scénariste, retient de l’oeuvre remise par son auteur aux choix et exigences du langage cinématographique.


Carole Matthieu, de Louis-Julien Petit, présenté par Marin Ledun (lundi 23 janvier, 18h30)


Dès le 23 janvier à 18h30, sera donc accueilli le romancier Marin Ledun, dont le nom est désormais définitivement accolé à la mention « l’un des meilleurs auteurs de polars actuellement en France ».

Il sera donc présent pour commenter le travail réalisé par le réalisateur Louis-Julien Petit (Discount, 2015), ce Carole Matthieu adapté de son puissant ouvrage Les Visages écrasés (Éditions du Seuil, 2011).

Ce qu’il est advenu dans la plongée terrifiante de Carole, médecin du travail dans une entreprise aux techniques managériales écrasantes, n’est ni tout à fait ce qu’il en avait imaginé au moment de l’écriture et des suicides à France Telecom (dont il est un ancien taulier), ni tout à fait ce qu’il en aurait pu imaginer, une fois le projet dévoré par Isabelle Adjani.

Devenue productrice du projet et actrice principale de ce personnage qui tente en vain d’alerter sa hiérarchie des conséquences de telles pratiques sur les employés, elle incarne cette Carole Matthieu, d’abord diffusée par Arte avant de sortir en salles dans la foulée.

Film sociologique au contenu très fort qui marquera les esprits tant le sujet est dramatique, Marin Ledun aura sans doute à coeur de présenter ses étapes de romancier adapté pour la première fois, les aléas, la signature (prestigieuse), puis les doutes éventuels d’une scénarisation à laquelle il n’a pas été invité.

20h30 : Signature du livre avec la librairie de la Rue en Pente, suivie d’un temps d’échange avec le collectif Citoware sur le thème du travail : « la violence au travail : un mal nécessaire ? Une fatalité ? »


Jamais contente, d’Emilie Deleuze, présenté par Marie Desplechin (mercredi 25 janvier, 15h)


Le mercredi 25 janvier à 15h à L’Autre Cinéma, une autre grand romancière, Marie Desplechin sera à l’honneur de la salle bayonnaise.

Ses trois tomes de Le Journal d’Aurore (Editions Ecole des Loisirs, 2006) sont désormais regroupés dans un film signé de la très talentueuse Émilie Deleuze, sous le titre « Jamais contente ».

L’Aurore en question s’incarne dans une ado plus tout à fait enfant mais pour pas encore adulte, qui pose un jugement tragi-comique et décalé sur le monde qui l’entoure et sur la place qu’elle y occupe (le titre étant suffisamment explicite pour percevoir que « ça l’fait pas »).

Associée à l’écriture du scénario, Marie Desplechin est une invitée de choix pour discuter avec le jeune public attendu de ce passage du mot à l’image, et, probablement, du retour vers les mots que le film devrait provoquer après sa projection.


Corniche Kennedy, de Dominique Cabrera, en sa présence (mardi 7 février, 20h30)


Quant à Dominique Cabrera, invitée le 7 février à 20h30 à L’Atalante, la voir à Bayonne permettra en premier lieu de rompre avec la trop grande rareté de ses films, dont on ne remet jamais complètement après avoir été le spectateur de ses chroniques sociales comme Demain et encore demain, journal (1995), ou d’adaptations déjà portées à l’écran (Quand la ville mord, d’après Marc Villard, 2009).

Elle-même romancière, elle viendra expliquer devant Corniche Kennedy (sorti ce mercredi 18 janvier 2017 sur les écrans) sa fascination pour le travail de la romancière Maylis de Kerangal, et son roman homonyme (Editions Gallimard, 2010), une écrivaine déjà adaptée à la fin de l’année dernière avec ce bouleversant Réparer les vivants signé Katell Quillévéré.

Elle s’en est expliquée longuement dans les médias qui ont eu le bon sens de s’approcher d’elle : l’histoire de ces minots de Marseille, qui défient les lois de la gravité en plongeant dans le vide et la Méditerranée, ouvre un espace de liberté pour leurs corps et leurs excès qui fascine la « bourgeoise » Suzanne, qui les dévore des yeux depuis sa villa chic.

Roman d’initiation sur les multiples passages empruntés par l’adolescence, de la découverte de l’autre aux risques sociaux pris dans les engrenages mafieux qui les scrutent aussi, Dominique Cabrera a choisi de ne garder qu’une partie du roman, délaissant la part de polar qui s’y déployait.

Trois films, trois rencontres : cela sera insuffisant pour trancher la question initiale, mais sans doute suffisant pour espérer que le cinéma art et essai bayonnais renouvellera cette initiative.


Dominique Cabrera sera également présente le samedi 4 février à 20h30 au Cinéma Itsas Mendi d’Urrugne pour la présentation de son film.


 


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