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Death Valley Girls, à L’Atabal : prolonger les Stooges, admirer Mudhoney, « notre rock’n’roll parle de liberté et de bon temps »

24 janvier 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Vendredi 27 janvier à Biarritz, le groupe californien entend embraser la salle de l’Atabal et retrouver « une place mystique où les gens aimaient s’échapper, disparaitre et même se taper quelques trips », présentation et interview de l’une des meilleures nouvelles parvenues de cette scène underground, nourrie d’électricité et de tatouages de Riot Girls définitives.

Derrière ce nom synonyme de série Z (Les filles de la vallée de la mort), préféré à « 175 noms imaginés » entre eux, s’affiche un groupe de trois filles (Bonnie Bloomgarden, Laura Kelsey, Jessie Jones) et un gars (Larry Schemel), aux fortes déviances LA punk, furieusement rock’n’roll, qui crie, gratte, tape –se battent ?–, hurle, transpire.

Inspirant depuis leurs débuts en 2013 des réactions résumées par de réguliers « sick » ou « miiiaaammmm », les Death Valley Girls sont un bel exemple de la perversité musicale telle qu’on la connait de nos jours, aimant à se présenter comme « une expérience scientifique de trip sous acide pour des personnes enterrées vivantes, et ressuscitées comme un gang libéré sexuellement en forme de cauchemar ».

« Je pense que nous aimons cette imagerie », introduit la leader proto-punk Bonnie Bloomgarden, « Death Valley Girls vient en réalité de l’endroit d’où nous venons (Los Angeles ndlr), sorte de place mystique où les gens aimaient s’échapper, disparaitre et même se taper quelques trips (…). C’est simple, notre rock’n’roll parle de liberté et de bon temps », à bon entendeur.

La démarche n’est pas révolutionnaire, le girls band a eu son petit succès dans le temps, à travers les Runaways et sa Joan Jett (avant son aparté à Botoxland) ou même plus récemment avec l’excellent groupe de surf-punk The Long Blondes.

Mais les exemples les plus marquants restent sans doute les foutraques The L7 et The Breeders de Kim Deal, alors bassiste des Pixies, et Tanya Donelly. Deux groupes issus du fantastique label américain Sub Pop, marque emblématique du grunge, guitares suintantes d’électricité, de transpirations, de vêtements troués, et de tatouages définitifs sur le corps.

Un peu comme un majeur tendu vers les majors – qui s’étalonnaient depuis un moment à créer des groupes de filles éphémères et commerciaux –, ces quelques groupes auraient pu animer l’enthousiasme des Death Valley Girls, mais le groupe préfère se considérer d’une autre époque.

« Nous sommes principalement inspiré par les années 60 et 70, The Stooges, Alice Cooper, Dead Boys (…) mais nous aimons Mudhoney aussi. On ne peut nier les groupes que l’on a écoutés plus jeunes», rajoute Larry.

Et les DVG insistent : une production à l’ancienne cradingue (la plupart des pistes sont enregistrées sur bonne vieille console une piste), une bichromie visuelle (pochettes et photos du groupe fanzinesques), ventes de cassettes audio (clairement en voie de disparition) ou encore d’authentiques visuels qui repoussent le trépas de la K7 vidéo.

« Nous aimons enregistrer effectivement nos performances avec ce sentiment live plutôt que d’enregistrer les instruments séparément. Nous aimons l’énergie produite lors d’une performance quelle qu’elle soit. Mark –Rains, producteur et gérant du Station House Studios en Californie ndlr- est constamment d’attaque pour expérimenter et essayer de nouvelles choses en studio », ni plus, ni moins.

De fait, la plupart des titres transpire des attitudes sonores des groupes cités, sans oublier The Cramps : guitares criantes, lourdement rythmées, et fusionnées à une percussion simple et dynamique. Le titre Electric High tutoie les Stooges tandis que Getting Hard (ci-dessous) admire Marc « Mudhoney » Arm et ses envolées électrisantes, sans s’en tenir là.

« Nous aimons romantiser le Hollywood des années 60 et 70, car cette période eut tellement de musique fraîche et des modes, de ses débuts avec Black Flag ou The Runaways jusqu’aux authentiques punks hollywoodiens tel que the Germs », leur spectral Pink Radiation rappelant combien cette direction visée permet par exemple de vaudouiser le rock mélodique de nos Thugs angevins.

En prises haut voltage avec un son trop rarement chanté au féminin, deux albums ont ainsi vu le jour chez Burger Records en 2014 puis 2016 ainsi que quelques rarities.

Courts (10 et 9 titres ) et intenses (sans prolonger au-delà de 4 minutes), les galettes glorifient une période maintenant enrouée, pour un LA punk rock qui tabasse et impressionne, les Death Valley Girls semblent avoir bien pigé le truc et il ne peut-être qu’agréable d’observer que de telles marques de fabriques persévèrent avec le temps.

Misogynes et grandes gueules souffleront et commettront l’erreur de passer leur tour : les amateurs(trices) d’un rock vociférant son Pussy Power riot seront les bienvenu(e)s.

Merci à Larry et Bonnie des Death Valley Girls pour l’interview donnée à Eklektika


Gettin’Hard, Death Valley Girls

Bandcamp : https://deathvalleygirls.bandcamp.com/
Facebook : https://www.facebook.com/DeathValleyGirls/
Soundcloud : https://soundcloud.com/deathvalleygirls


 


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