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Denis Robert est reparti du Pays basque, ses « merci » ont croisé les nôtres

2 mai 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Retour en quelques mots sur ces deux jours passés au Pays basque avec Denis Robert, venu comme cinéaste, journaliste, écrivain, mais surtout homme, franc et chaleureux, des « merci » ont fleuri à Urrugne, Bayonne et St Jean de Luz.

On l’espérait « conforme » à celui deviné derrière ses enquêtes journalistiques sur les paradis fiscaux, dans le droit fil de ses billets chargés sur tout ceux pour qui le doute est permis, ce gars que l’on a vu à la télé, que l’on voit moins aujourd’hui. Invité par Black&Basque et Eklektika dans trois lieux hauts d’estime, Denis Robert a été à la hauteur de nos attentes, celles qui comptent, quand on croise un regard.

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Photo : Angela Mejias

Il est d’abord venu avec ses habits modestes d’homme remarquable, éclairer son documentaire hommage au grand Cavanna projeté au cinéma Itsas Mendi d’Urrugne le vendredi 29 avril : CAVANNA, jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai.

harakiri-couverture-2Son amour pour un athlète à mains nues face à la maladie de Parkinson, a remis en grand (écran) le travail fait pour décadenasser la presse satirique dès 1960 avec le premier numéro de Hara Kiri, puis l’âge d’or du duo formé avec Choron.

Sur la toile du film réalisé avec sa fille Nina, éclataient aussi bien l’impact intact des Unes en pleine Gaullerie que l’envie de relire l’œuvre de Cavanna, des Ritals aux Russkkofs parmi plus de 65 livres publiés au cours d’une vie sans répit.

Et aussi son Lune de Miel pas assez cherché chez nos libraires, chroniques d’un combat sans pitié pour reprendre le contrôle de sa main et continuer d’écrire son combat contre l’immobilisme, la page blanche devenue illisible, même par lui, au bord de l’inéluctable trou noir.

C’était réjouissant, drôle, instructif : on a malgré tout dû ravaler une émotion constante, frappée du sentiment de la perte de liberté, rageuse et déterminée, que les Guignols de l’Info version Bolloré ou les insupportables Hanoun-âneries ne tromperont pas.

denis-robert-bayonne-3Cette peine s’est éclaircie, le samedi matin dans les locaux de la Rock School de Bayonne, pour une rencontre où ses mains posées sur la table valaient points sur les i, en douceur, et signal d’une présentation la plus simple possible de ce que devrait pouvoir signifier le mot « journalisme ».

Par une complicité née là avec le blogueur Jean Yves Viollier, Denis Robert a insisté sur le rôle des insiders, les témoins de l’intérieur, ceux pour qui la saloperie n’est pas un univers voué uniquement à l’opacité et à l’étanchéité.

denis-robert-bayonne-2L’exemple de luttes permanentes pour rétablir, à son échelle, cette notion de vérité, pour que, à toutes fins utiles, les futurs bacheliers ne sortent de la salle d’examen en hurlant de rire quand leur sera demandé de plancher sur « la vérité dépend-elle de nous ? ».

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Photo : Daniel Velez

On a entendu parler du mot « courage » et là, encore, on a perçu le mot « amour ».

Il a fait du bien, le gars.

Sans niaiserie, et sans illusion sur le rôle des « emmerdeurs », que nous avons applaudis, magnifiques et si directement humains.

On en aurait presque oublié le fait qu’on n’a pas vu l’ombre d’un de ceux qui mettent leur visage sur des affiches électorales, pour nous promettre qu’avec eux, ça ne sera plus pareil, pour la finance, la gestion au quotidien de nos intérêts, ou la moralité politique.

denis-robert-bayonne-7Dans l’après-midi et au sous-sol de la librairie du 5ème Art de St Jean de Luz, il a fait plus chaleureux dedans que dehors, à écouter Denis Robert resituer son niveau de déclenchement d’alerte pour la rédaction de Mohicans, revendiquer les formes libres de la BD, du roman et du cinéma, également, pour être au rendez-vous exact de ses certitudes et de ses engagements.

Il fallait voir ensuite le Denis quitter à regret ce troisième et dernier rendez-vous, hésiter, puis se saisir d’un livre dans les étalages avec l’enthousiasme d’un simple gourmand, pour comprendre que, derrière l’homme public, peut aussi se dévoiler un monstre de curiosités culturelles, de coups de cœur et d’appétits chronophages.

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Photo : Angela Mejias

Un homme, tout simplement, qui, en un peu moins de 24 heures, a partagé une ligne d’horizon faite d’exigences qu’il a posées comme dépendantes de nous, aussi.

Il l’a fait avec des mots à lui, de grands rires, sans cacher ses phalanges meurtries, sans baisser les yeux.

Il est reparti, et voilà, il nous manque, là.

Ni messie ni star, l’homme est venu.

Veni vedi Denis.

On a commencé à s’y plaire, à ses côtés.

On s’est même aventurés dans la proposition faite de pouvoir retrouver ses mots de temps en temps dans Eklektika, pour un petit billet sur un disque écouté, ou sur un plat de sa grand-mère.

Reprendre ce mot, « parrain »,  en lui redonnant le sens de la famille.

Il n’avait pas à confirmer cette possibilité, samedi.

denis-robert-bayonne-4Le lendemain, il a retrouvé son Grand Est, chez lui, avec tous ses projets de recherches qui l’attendent sur sa table de travail.

Il a allumé son téléphone portable, a trouvé sur sa page Facebook tous ces « merci » qui lui étaient adressés, il a juste répondu « rapidement entre deux portes » :

Non c’est moi qui… Je viens d’atterrir. Réflexion faite, je vais peut être revenir, on est partis un peu vite à midi.


 


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