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Denis Robert, pour partager avec Roberto Saviano « cette soif de vérité » (entretien)

29 avril 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Le journaliste Denis Robert sera présent au Pays Basque à partir de ce vendredi 29 avril, pour deux jours et trois rendez-vous coordonnés par Black&Basque et Eklektika.

Ce vendredi soir, il sera présent au Cinéma Itsas Mendi d’Urrugne, pour la projection du documentaire CAVANNA, jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai.

Samedi à 18h à St Jean de Luz, il sera l’invité de la librairie Le 5ème Art pour une rencontre-dédicace autour de sa dernière BD, Grand Est (éditions Dargaud).

denis-robert-eklektika-2De notre côté, nous l’accueillerons samedi à 10h30 au Pavillon Y de Bayonne (au-dessus de la salle du Magneto) pour une rencontre sur le thème du journalisme d’investigation, qui débutera par une première rencontre avec Jean Yves Viollier, ancien du Canard reconverti dans le décryptage féroce de l’actualité de la côte basque dans son blog Bisque bisque basque !.

« Trop rapidement entre deux portes », Denis Robert nous a confié ses réflexions sur quelques points qui seront développés samedi.

Celui qui a mené depuis 12 ans un travail profond de recherche sur les paradis fiscaux, notamment l’affaire Clearstream, y accentuera probablement l’intensité de ces premières réponses aux questions posées.

denis_robert 9Il n’y a effectivement pas de raison de retenir plus longtemps ce sentiment de consternation pitoyable devant « la solidarité » du ministre des Finances, Michel Sapin, se posant comme défenseur du lanceur d’alertes Antoine Deltour dans le scandale LuxLeaks.

« J’ai demandé ce matin à l’ambassadeur de France au Luxembourg et au consulat général de bien vouloir (…) l’aider si nécessaire, dans cette période difficile où il défend l’intérêt général et où pourtant il doit répondre devant une juridiction pénale au Luxembourg », a-t-il ajouté, sous les applaudissements des députés.

denis_robert 10Il faudra certainement plus que ces applaudissements soulageants pour oublier les promesses de son pote François, celui du « Mon ennemi, c’est la finance ».

Pas de quoi faire oublier le silence assourdissant de la non-solidarité des politiques dans la centaine de procès infligés à Denis Robert pour son travail sur l’affaire Clearstream.


denis-robert-pays-basque-11/ Le travail d’investigation mené depuis tant d’années, sur les paradis fiscaux en particulier : comment vit-on au quotidien avec la quantité d’informations à rassembler, synthétiser, relater ? Dans un mélange lucide d’excitation, puis d’attente ?

DR : Il y a eu différentes phases :
– L’enquête qui a duré environ deux ans avec des RV réguliers (une trentaine de témoins) et la collecte de documents
– La sortie du premier livre et ses suites (promo, itw, etc) : environ trois mois 2001
– Les premières plaintes et la nouvelle enquête : environ un an
– La sortie du second livre et sa promo : environ 3 mois octobre 2003
– Continuer l’enquête et subir les premiers procès (gagnants) : environ 2 ans
– L’arrivée de Lahoud et les emmerdements : 2005…
– Les procès et la bataille médiatique
– 2009 : le procès Clearstream 2 d’où je sors relaxé
– La bataille judiciaire avec la Cour de cass d’où je sors vainqueur « enquête sérieuse, de bonne foi, servant l’intérêt général… »

Douze années… excitation, de peur, agacement, nervosité, attente, fatigue


2/ Quels sont aujourd’hui les médias ou les moyens en France de partager cette information ?

DR : Principalement les réseaux sociaux et Facebook


3/ Comment réagis-tu au « soutien » de Sapin sur le lanceur d’alertes Antoine Deltour ?

DR : Il arrive un peu tard et ça ressemble à de l’opportunisme

4/ Dans Gomorra, en 2006, Roberto Saviano a écrit ceci sur la mafia napolitaine (c’est un peu long, mais) :

Je sais et j’ai les preuves. Je sais comment naissent les affaires et d’où vient leur odeur. L’odeur du succès et de la victoire. Je sais à travers quoi transpire le profit. Je le sais. Et la vérité de la parole ne fait pas de prisonniers, elle dévore tout et tout lui sert de preuve. Elle n’a pas à s’embarrasser de preuves à décharge ni d’instruction. Elle observe, soupèse, examine et écoute. Elle sait.
Je vois, j’entends, j’observe, je parle et de cette façon, je témoigne, un vilain mot, mais qui a encore un sens quand il murmure « C’est faux » à l’oreille de ceux qui se laissent bercer par la ritournelle du pouvoir.
Je sais dans quelle mesure chaque pilier est fait du sang des autres. Je sais et j’ai les preuves. Et je ne fais pas de prisonniers.

DR : Je me sens très proche de Saviano, il a d’ailleurs écrit la préface de ma bd « L’affaire des affaires » j’ai pris moins de risque que lui mais nous partageons cette soif de vérité et ce travail d’écriture


5/ Après avoir vu le film L’enquête (Vincent Garencq, février 2015), quel(s) conseil(s) à donner aujourd’hui à ceux qui se lancent avec détermination dans ce métier ?

DR : Le même que j’ai donné à ma fille : laisse tomber

(Après, si elle ne m’écoute pas, tant pis ou tant mieux).


 


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