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‘Dernière fenêtre sur l’aurore’ de David Coulon : de ces crimes qui ne laissent personne indemne

10 juillet 2015 > > Soyez le premier à réagir !

La découverte d’une maison d’édition et d’un auteur d’un genre noir, très noir pour continuer notre série de polars sur la serviette de plage.

La maison d’édition est Actusf distribuée par Harmonia Mundi, l’auteur est David Coulon et le polar est Dernière fenêtre sur l’aurore. Ce premier roman a été publié en juillet 2013, aux Editions Asgard. Nommé pour trois prix, il est réédité en mars 2015 dans la collection Hélios Noir.

Son dernier roman, Le village des ténèbres a obtenu le Prix VSD du Polar 2015.

Le roman noir est un genre à part. Il a ses propres prix mais n’a jamais remporté un Goncourt ou un Renaudot. Chandler se plaignait du snobisme ambiant qui donnait à un romancier sérieux, sans style ou talent réel, une supériorité à un écrivain de romans noirs.

Une partie de ce snobisme a heureusement flétri, Julian Barnes, Paul Auster et d’autres ont écrit des polars. Même s’il reste encore un sentiment insensé que le roman policier est en quelque sorte un genre inférieur. Dommage pour ceux qui passent à coté.

Et tant mieux pour les autres qui ont le plaisir de voir des auteurs aller à tous les niveaux de la société parce qu’un crime fait voler les barrières de classe. Quand le roman littéraire est confiné à l’horizontale, le noir va imprégner la société, la parcourir de bas en haut et établir des liens entre toutes les couches.

L’histoire :

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La brigade des mineurs l’a usé. Les morts de sa femme et de sa fille l’ont détruit. À à peine 35 ans, Bernard Longbey n’est plus que l’ombre de lui-même. L’abîme s’ouvre un peu plus sous ses pas quand il se retrouve à enquêter sur l’assassinat d’une jeune étudiante. La connaissait-il ? Et pourquoi un détective privé est chargé de le surveiller, lui ? Tout est en place. L’enfer peut se déchaîner.

Les policiers sont les gardiens de la société, mais dans leur habitude, dans leur esprit, et dans les tentations qui leur sont présentées, ils peuvent être plus proches des criminels que de ceux qu’ils sont censés protéger. Dans notre zone de confort, on ferme les yeux sur ceux qui sont corrompus.

«Le crime», disait l’auteur Nicholas Freeling, «est la pathologie de la condition humaine, le moment où le délicat équilibre du métabolisme s’incline dans la morbidité

Et des crimes, Longbey, en a vu. Plus qu’il ne faudrait pour tenir le coup et rester droit face à l’inhumanité de ces malades, pères incestueux, violents et violeurs, mères défaitistes ou ignorantes et tous les autres.

Ça tourne la tête tous ces crimes, ça fait mal au ventre d’entendre témoigner des enfants qui ne sauront pas quelle issue prendra leur témoignage.

«Un an au max, parfois du sursis» «Ils. Bandent..Pour. Leurs. Propres. Mômes.» employé comme un leitmotiv, comme une excuse pour passer de l’autre coté.

Alors pourquoi attendre quand on peut faire justice soi-même ? Quitte à devenir fou. Et de devenir un justicier psychopathe, conscient de sa propre descente aux enfers et incapable de l’empêcher.

«Patrick Boischel. Auguste Poindron. Raymond Fritz. Maurice Legrand. Les disparus au grand complet. Ou presque. Les pédophiles.qu’il avait lui-même enlevés, longtemps après la déposition des gosses. Déposition qui avait eu lieu parfois deux ans plus tôt. L’idée n’avait pas germé du jour au lendemain. Elle était là présente, peut-être depuis le début. Comme une maladie à longue incubation

Mais Longbey est suivi. Par un agent privé de recherches, Rudy Poller, commissionné par un soit disant Sam.

Poller a tout vu, tout compris. Il sait. Il va mourir lui aussi. Mais tué par qui? Longbey, soupçonné continue de chercher.

Et c’est à Bellec, un collègue de Longbey, de démêler le vrai du faux, de faire l’enquête et de chercher à comprendre.

Tout comme nous, lecteurs, emmenés jusqu’au bout dans une recherche nauséabonde et parsemée de questions, de figures, corps et sexes jusqu’au dégoût.

L’histoire est bonne, le style est sec, sans fioriture, incisif comme ces couteaux qui tuent les femmes. Il y a de la rage, du sang, et de la folie. David Coulon a la plume violente et cruelle. Âmes sensibles, passez votre chemin.


coulon-derniere-fenetre-sur-l-auroreDernière fenêtre sur l’aurore de David Coulon

Éditions actusf, paru en Mars 2015
248 pages, 8 euros


 


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