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Se retrouver dans la peau d’un éditeur : la jolie proposition des « Petits Plaisirs littéraires boucalais »

23 septembre 2016 > > 2 commentaires

Le samedi 1er octobre 2016 à 18h à la Bibliothèque de Boucau, proposition vous sera faite de décider de la vie ou de l’oubli de manuscrits non encore édités. Une plongée dans les enjeux de ce secteur, que n’aborderont pas de la même façon d’autres rendez-vous plus chico-branchouilles du mois d’octobre sur la côte basque.

L’idée est séduisante en diable : se retrouver assis sur son fauteuil préféré avec un manuscrit dont on ne sait rien, dont l’auteur ne vous est pas connu, dont vous ne saurez même pas de fait s’il a déjà été publié ou pas, et qui vous aurait été adressé avec une question à résoudre en votre for intérieur : le publier ou pas ?

La proposition de l’association Les Petits Plaisirs (Biarritz) a immédiatement séduit le service culturel de la ville de Boucau (64), et c’est donc à la bibliothèque municipale qu’auront lieu le samedi 1er octobre 2016 de 18h à 20h30 ces instants littéraires, au plus en amont du plaisir de lecture.

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Rien de fake ici, les trois ou quatre manuscrits qui seront présentés et résumés sont des vrais, réellement en attente de décision, en présence de Benoît Virot, dont la maison d’édition Le Nouvel Attila est en train de secouer les habitudes parfois trop sénatrices des grands noms de la profession.

L’homme s’était fait un premier grand nom avec la revue trublione Attila, inscrite avec lucidité et détermination contre l’ordre établi, que ce soit dans la forme, dans la manière de parler des livres ou dans le goût pour ces cohortes d’auteurs victimes des hiérarchies ou des priorités du temps.

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Benoît Virot, maison d’éditions Le Nouvel Attila

2009 vit une rencontre décisive avec Frédéric Martin, tête chercheuse aux grandes Éditions Viviane Hamy : en pleine période où le secteur est frappé par les coups de marteau d’Amazon, les deux hommes se retrouvent autour de la même volonté « de littératures rares, de livres oubliés ou graphiques ».

La venue de Benoit Virot est de fait un événement dont les lecteurs qui viendront à la bibliothèque de Boucau sauront mesurer la rareté, pour des échanges fluidifiés ce jour-là par la romancière Marie Cosnay : que faire de ces trois ou quatre manuscrits qui l’accompagneront ? Comment résoudre les questions qui se posent, forcément, sur les enjeux de leur publication, sur les moyens ou sur les risques ?

Résumé rapidement, il s’agira ce jour-là de se retrouver « dans la peau d’un éditeur », puis de se retrouver en juin 2017, toujours à Boucau, dans un deuxième rendez-vous de restitutions de sentiments, à coups de guillotines ou de félicitations (la bibliothèque se chargeant de gérer le prêt gratuit des manuscrits durant cet intervalle).

rentree-litteraire-festin-nu-biarritz-1L’idée est généreuse, et si Manosque organise un tel rendez-vous depuis l’an passé, l’initiative a de fait les attraits d’une proposition rare, et d’une rencontre qui l’est tout autant avec une personne qui marque fortement aujourd’hui le champ de l’édition, à raison de 7 ou 8 sorties de livres par an, prompts à rejoindre la liste de livres-ovnis recherchés par certaines librairies tout aussi déterminées (Le contorsionniste de Craig Cavenger, c’est chez eux).

La rencontre ne s’arrêtera pas là, qui permettra également au public de rencontrer Christophe Segas, jeune auteur landais de multiples textes sur Internet et de deux courts textes, qui ne lui ont pas permis pour l’heure de savoir, pour l’instant, que PPDA est horriblement déplumé au-dessus de la nuque (un aspect soigneusement caché des caméras), et qu’il est bien plus petit en vrai qu’à l’écran.

Cet écri-vain, comme il aime à se présenter, viendra donner l’autre face de l’édition, celle des manuscrits envoyés par la poste avec un bisou sur l’enveloppe, puis l’attente, et l’attente, et l’attente, puis l’attente. Et l’attente, l’attente, une clope et un café, l’attente, l’attente, puis le « non ».


Alors pour ce rendez-vous du samedi 1er octobre 2016, le modus operandi est plus simple qu’une recette d’œuf dur : la réservation est conseillée sur le mail lespetitsplaisirs.biarritz@gmail.com, sur la page Facebook de l’événement, ou directement à la Bibliothèque municipale André Moine, rue Lucie Aubrac à Boucau.


Un nouveau rendez-vous qui prendra le parfum du Masque et la Plume, par les interventions de tous ceux qui donneront leur avis sur les manuscrits, avec le budget d’un Jeu des Mille euros (pas beaucoup plus en terme de finances de réalisation), mais qui pourrait se transformer en Roue de la (bonne) Fortune :

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De gauche à droite : Cathie Simon-Loudette, Petits Plaisirs ; Mme Roch, Ville de Boucau

sans attendre de jauger calepin à la main le nombre de participants pour ensuite lui donner un avenir, la ville de Boucau a déjà annoncé sa volonté de reconduire les « Petits Plaisirs littéraires boucalais » en 2017, qui seront renforcés par des ateliers, conférences et nombreuses rencontres.

En ces temps où l’on propose plus facilement à la culture de tourner la page que d’entamer un nouveau chapitre, l’initiative vaut hâtivement un petit coup de crayon sur les agendas de la côte basque et des Landes.


Les Petits Plaisirs, l’anti « name dropping » des instants de partages autour des mots


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Cette proposition de voir et de participer à cette phase d’édition n’est pas sortie de la cuisse de Jupiter, mais de l’envie de cette association des Petits Plaisirs, « créateur d’événements culturels » basé à Biarritz, qui mène depuis deux petites années un travail de médiation entre nos curiosités et l’envie de les vivre à plusieurs.

Visites en groupe du Musée Chillida il y a deux semaines, de 5 musées de Bilbao en avril dernier, les Petits Plaisirs ont surtout offert à Biarritz le premier rendez-vous de Merci la vie !.

Début février, avait ainsi été invité le coup de cœur de sa présidente Cathie Simon Loudette d’inviter le metteur en scène Emmanuel Noblet, pour son travail autour du roman de Maylis de Kérangal, Réparer les Vivants, et de recevoir également les lectures littéraires musicales de Et vivre était sublime du duo des Garçons Manqués (Nicolas Rey et Mathieu Saïkaly), portant déjà la marque de mise en scène de Noblet.

merci-la-vie-biarritz-2Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître (succès public), puis un coup dans le dos.

La timidité avec laquelle la ville de Biarritz aida financièrement cette première édition tranche avec l’enthousiasme multi-placardé de son nouveau Festival L’Invitation aux Voyages (du 13 au 16 octobre), peu ou prou le même concept que celui proposé par l’association des Petits Plaisirs (lectures théâtralisées, auteurs invités, conférences).

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En diffèrent les porteurs de projets, et surtout d’étiquette, Claire Borotra n’étant pas tout à fait une inconnue dans la ville dirigée par son grand-oncle de maire, Didier, durant 20 ans.

Les noms convoqués claquent comme les plans de tables de grandes cérémonies royales, avec Jacques Weber, Françoise Fabian, Michel Vuillermoz, Jérôme Kircher, Linh-Dan Pham, Sara Martins, Judith Magre, Richard Brunel, ou Gérard Desarthe.

Dans la catégorie des « comédiens/metteurs en scène » se glisse étonnamment celui de Claire Chazal, présentatrice historique du grand journal culturel de TF1 chaque soir à 20h, dont le très bon roman reste potentiellement le suivant, aux dires tenaces d’une profession qui s’est confrontée à ses trois premiers méfaits.

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Et il se dit ici et là, dans les chaumières d’amnésiques moins bien chauffées que le luxueux Hôtel du Palais de Biarritz, que l’adaptation pour la télé en 1997 de son L’institutrice fut un meilleur souvenir pour son actrice principale, Borotra Claire, que pour ses spectateurs.

Cette Invitation aux Voyages vaut donc détour par une courte interrogation.

Il serait des contrées où la différence gastronomique est polémique entre ortolans et solides plats de terroirs, au désavantage souvent de ces plumitifs, pour lesquels l’idée de leur sucer la partie postérieure peut ne pas convaincre de l’utilité de la démarche, ni très nutritive ni particulièrement esthétique.

Nulle trace à Biarritz de ce dilemme, qui ne donnera pas autant d’importance clinquante à la seconde édition espérée de « Merci la vie », en nouant sa serviette autour du cou après avoir largement dénoué le lien de sa bourse pour « L’invitation aux Voyages ».


 


Commentaires

2 réponses à Se retrouver dans la peau d’un éditeur : la jolie proposition des « Petits Plaisirs littéraires boucalais »

  1. FRANCOIS dit :

    Et bien Bravo à la ville de Boucau et tant pis pour Biarritz… Cathy se bat depuis plus de deux ans pour satisfaire notre envie de  » culture partagée » et elle a réussi son pari avec Merci la vie !
    Les biarrots iront donc à Boucau pour ce nouvel événement !

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