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« Désordres », de Claude Billès : une expo au Microcosme Bayonne pour recréer de l’harmonie après le chaos

13 octobre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Papiers déchirés puis à nouveau scotchés, fils de lin, bouts de placo rompus : les murs de la galerie Le Microcosme à Bayonne semblent s’être revêtus d’un sol d’automne post-industriel, ré-organisation matérielle signée de l’artiste Claude Billès, pour une série intitulée « Désordres » (visible jusqu’au 30 octobre).

Parce que les mots soufflent parfois aussi fort qu’un ouragan, un seul d’entre eux a suffit pour inspirer à l’artiste plasticien Claude Billès ces tableaux en forme de courants d’air, pour que le « plus rien » ait aussi droit à une forme de liberté.

Il fait partie de ces créateurs multi-univers exposés de façon régulière à la galerie Le Microcosme mais pour la deuxième fois, tout un mur lui est consacré.

microcosme-desordres-claude-billes-1D’une nature généreuse et prolifique, il se contraint matériellement à n’user que de ce qui est à portée de lui, selon une philosophie, résumée un jour par un de ses professeurs par « pour bien peindre, il faut être pauvre ».

On le connaît via le Carburateur, à Bayonne puis délocalisée cette année sur Donostia, et pour ses créations Street art ou Pop art.

Cette fois, il s’agit de scotchages qui fleurent bon le jeu de mot et la complicité entre la galerie et l’artiste :  suite à une première exposition en 2015, Laurent et Sophie du Microcosme avaient l’envie d’un bis repetita, une suite comme un autre chemin à parcourir en cette année 2016.

La discussion entre eux a porté sur un mot, « désordres », portant sentiment de la colère qui sort, à même de « désordonner » les inspirations pacifistes de l’artiste. Comme un exercice poétique, la réflexion artistique a alors porté sur l’idée de créer une harmonie là où se décomposent les paysages, les murs et les pages.

Cela a donné ces petites toiles, leurs « avant » chavirés mais encore perceptibles, leurs « après » résilients, portant chacun un nom d’ouragan (souvent féminin, comme on le sait) : Katrina, Camille, Fiona…

microcosme-desordres-claudeClaude Billès a coupé, déchiré, détruit, à l’image de ces vents mauvais qui exigent du courage pour les affronter, puis a recollé, scotché, repeint ses matériaux jusqu’à extraire une nouvelle harmonie, une structure, une géométrie.

En écho aux mots de l’artiste Zigor qui parle d’une organisation dans le chaos, lui range à sa façon le désordre de l’homme, de la nature, et nous propose une sérénité qui se nicherait même au creux de la colère.

De nos coups de vent et des tremblements de terre, a-t-on finalement su quelle phrase, quel tissu, quel morceau de soi, avait résisté ?

Ici tout tient à un fil (de lin), fragile mais résistant, rappelant que la force ne compose pas sans faiblesse : l’exposition Désordres laisse entrevoir un après et une esthétique survivant aux déluges.


En tournant la tête vers l’autre mur de la galerie du Microcosme, on retrouve dix artistes permanents, parmi lesquels Alesko et ses dessins délicieusement décalés, ou les personnages lunaires d’Alberto MC.

microcosme-bayonne-2Les dessins à nu ont laissé place aux décors feutrés, un air de jazz vous suit du regard.

Un autre moment paisible à visiter, à l’abri des vents, paradoxalement.

microcosme-bayonne-4


microcosme-bayonne-galerie« Désordres » de Claude Billès

Tous les renseignements et heures d’ouverture sur la page Facebook du Microscome


 


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