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Doc Gyneco : « Le rap a toujours été une référence, parce que dans notre histoire, elle ne suit pas une tendance »

13 mai 2016 > > Soyez le premier à réagir !

A la suite de son concert donné mercredi 11 mai à l’Atabal Biarritz, Doc Gyneco a pris le temps entre deux selfies d’accorder quelques minutes à Eklektika pour parler musique, politique, civilisation. Et foot bien sûr, en mode 1996.

Eklektika – Doc Gynéco bonjour…

Doc Gyneco – Bonjour, avant de commencer, je voudrai dire que ce qui c’est passé ce soir, ça vient de vous, pas de moi, Biarritz a un esprit méconnu, la force est souvent traduite par la violence et la bêtise, par l’agressivité mal contrôlée, là, tu viens chez des gens, dans leur ville, à Biarritz, eux font le déplacement, ils sont souvent de Bayonne, ils ont un bon esprit et ça avec mon expérience vécue, je peux dire que Biarritz arrive juste après la Corse, l’ Algérie et la Guadeloupe, et vraiment, vous êtes présents.

EK – Merci, moi, je suis un expat’ mais je leur passerai le message. D’après toi, le rap devient-il la référence musicale en France ?

DG – Le rap a toujours été une référence, parce que dans notre histoire, elle ne suit pas une tendance, ce n’est pas du Blues qui devient de la Funk avec toutes les étapes qui vont au milieu, on ne coupe pas les cheveux en quatre quand on fait du Hip-Hop, je suis le premier à te le dire car il n’y a aucun rappeur qui l’a dit parce qu’ ils ne sont pas conscients de ce qu’ils font, ni de leur musique, ni du message qu’ils transmettent, en même temps, il n’y aura rien après dans ce style musical (…) mais il y aura des artistes Hip-Hop qui s’influenceront du Jazz et de Rock.

EK – Si on se renseigne un peu, cet album a été enregistré aux Etats-unis, précisément à Los Angeles, et dans la culture Hip Hop Californienne, un personnage à popularisé le Gangsta rap, c’est Dr Dre. Ton nom de scène a-t-il un lien direct ?

DG – En fait, comment on vous appelle, les gens ici… Les Basques, voilà, c’est ça les Basques, et bien les Basques, c’est mes potes de France, comme les Corses, et les Guadeloupéens, c’est très important, c’est vraiment quelque chose de différent dans le melting pot français, c’est des gens qui sont vrais, et qui vont au bout de leur faiblesse pour trouver une force (…).

Donc en fait, à l’époque, à l’école, il n’y avait que des voix de garage, mécanique pour les mecs et couture pour les filles, des trucs de ce genre, et moi j’étais dans une classe où il y avait 30 filles, je faisais de la comptabilité, j’avais choisi ce truc car je ne voulais pas me retrouver en blouse à trafiquer des moteurs (éclats de rire de Doc Gynéco).

Ah, quelle histoire (…) je n’étais pas très studieux, j’ai donc fait des détours, j’ai pris mon temps, aller trop vite, cela ne m’aurait pas permis d’être chanteur aujourd’hui (…) dans la vie il faut faire des tris et prendre son temps (…) le message que j’ai envoyé ce soir c’est qu’il ne faut pas être en permanence contre des idées, contre des choses, contre des philosophies.

doc-gyneco-biarritz-1EK – « Dans ma rue », c’est une déclaration d’amour à une banlieue, du jamais entendu ? Renaud, lui était un amoureux de Paname. Tu dis ensuite avoir « placé tes ministres et tout le monde est corrompu », tu penses que la politique est vérolée par la corruption ? Si un jour un homme politique essaie de t’approcher, tu réagis comment ? Et si c’est le fils d’un homme politique ?

DG – Ahhh, je vois où tu veux en venir, c’est un garçon, un gentil blond aux yeux blond et en même temps il est de Neuilly avant d’être le fils de quelqu’un qui était maire de Neuilly et qui est passé Président, je ne sais pas comment on fait, si ça répond à ta question, je ne sais pas comment on sait.

Je ne suis pas médecin, je ne sais pas comment on soigne la vérole, moi je m’intéresse à plein de chose, l’esclavagisme, la seconde guerre mondiale , la bombe sur Hiroshima, les goulags chez les communistes, c’est mélangé ce que je te dis mais bon, sincèrement ce gars-là, jamais je le tiendrai pour responsable des bêtises de ses grands parents ou parents.

Et c’est pour ça que je travaille sur la génération actuelle, parce qu’elle m’intéresse, elle est simplement notre avenir, la jeunesse est importante d’où qu’elle vienne peu importe ses parents, elle n’est pas responsable de l’histoire, on ne peut pas lui faire porter ce fardeau-là.

EK – Dans « Nirvana », tu veux faire « comme Bérégovoy, aussi vite que Senna ». Déjà lassé de cette banlieue ? Alors dans 20 ans, encore sur scène comme Johnny ou au paradis sans Vanessa mais avec Kurt Kobain ?

DG – Vanessa, j’espère qu’elle sera toujours aussi belle, et qu’elle acceptera de venir chanter sur scène avec moi avec les gens de Bayonne ici à Biarritz. En même temps années 90 Kurt Cobain, l’étendard, y’a beaucoup de groupes, Rage Against the Machine , il y a les Fugee’s, les Syriens d’hier, moins violents, moins dangereux, ça, c’est mon idée personnelle, je le dis, même aux bien-pensants, et ce vin, ce cru, qu’on croyait bâtard, parce qu’on a eu 80, avec Depeche Mode, les débuts de l’électro fascinant, des chercheurs, des gens de la NASA de la musique, avant encore, les années 70, on n’en parle pas, imbattables.

Et on s’est dit 90, c’est zéro, comme les gens qui arrivent aujourd’hui, ils sont complètement bidon, ils sont nuls, ils ne vont jamais rien nous sortir de bon. Bah oui, c’est ce qu’on a cru au début, mais finalement on a sorti des Blur, des Oasis, des gens extraordinaires, on va essayer et je vais essayer de faire la même chose aujourd’hui.

Et la chose que j’aimerais souligner,  ce sont les vrais Fugee’s, et ça, j’aimerais bien en parler avec Michel Onfray (le philosophe, ndlr).

doc-gyneco-biarritz-13EK – Plus de légèreté,  dans « Passement de jambes » l’intro c’est Basile Boli ? Toi un mec de Clichy, t’es fan de l’OM ?

DG: Euhhhh (temps réel 3 secondes), putain, t’es dur. La banlieue parisienne est fan de l’OM, et Paris fan de Paris. Le Qatar ça ne m’intéresse pas du tout, et l’Arabie Saoudite pas du tout, nul, rien à fiche des sponsors de Paris.

EK – Tu ne vas plus au Parc (le Parc, celui des Princes, c’est le stade du PSG pour les lecteurs assidus d’Eklektika) ?

DG – Je vais au Parc mais, le Qatar ça ne m’intéresse pas, ni l’Arabie Saoudite, c’est important pour moi de le dire, mais en même temps, Paris c’est magique, et voilà, au Parc avant il y avait Boulogne ( une tribune en virage, plutôt peuplée de pseudos supporters racistes, ndlr) et….Auteuil  (la tribune éclectique, ndlr)  wahouhhh ! Et moi, j’étais toujours à Auteuil, on s’est affrontés comme il fallait, j’ai toujours été fan de la première heure, Safet Susic, et quand même un clin d’oeil au club de l’OM, paix à son âme Robert- Louis Dreyfus et Bernard Tapie, oui j’aime bien Marseille et suis Parisien.

Enfin, je ne sais pas si Tapie avait calculé de prendre l’OM pour devenir ministre en tout cas, il a fini en taule, et ça répond à ta question sur la vérole.

La manageuse nous fait les gros yeux le temps est imparti, il reste encore 10 questions, mais le Docteur prend son temps.


doc-gyneco-biarritz-6EK – Tu es né ici, La Guadeloupe, elle te manque ? Tu y vas souvent ? Pour être plus léger, comment expliques-tu la fascination des Antillais pour les Ford Escort ?

DG – (Eclats de rire) Le tunning mec ! La Ford Escort, c’est une voiture pas chère qui carbure. L’Antillais son problème c’est celui-là : tu lui vends une voiture sortie d’usine, avec seuls au compteur, les kilomètres de l’usine et le garage, il demande au concessionnaire, monsieur, où est le bouton pour ouvrir le capot, je veux voir le moteur.

Le concessionnaire ne comprend pas, les mecs font du bricolage sur une voiture neuve (…) ils changent les alternateurs ils trafiquent le moteur, les jantes, et elle finit abimée car ils ne s’y connaissent pas trop. Aujourd’hui il faut un ordi pour réparer ta bagnole, et les mecs ils continuent à faire un truc artisanal, (…) fans des voitures, ils passent tout leur dimanche à réparer une voiture toute neuve, la meuf qui crie, elle ne comprend pas, elle veut du golo-golo dans la case, et l’autre, il a une case en taule et une voiture à 100 000€. Les Antillais sont des grand fans de voiture, heureusement ils n’ont pas les moyens d’aller en Italie.

EK – La chanson « Vanessa », c’est une déclaration d’amour à Vanessa Paradis . C’est un peu tendu avec Lenny en ce moment, vous lui avez envoyé ce morceau ? C’est la femme idéale ?

DG – Vanessa, c’est quand même quelqu’un d’exceptionnel, qui a une intelligence qu’on ne capte pas, faudrait la connaitre pour savoir comment elle arrive à faire carrière dans un milieu aussi difficile, elle s’en est sortie, je ne crois pas qu’elle puisse y arriver sans passer par Hollywood, et en même temps c’est quelque chose de respectueux, c’est ma salope à moi parce qu’elle se bat avec les armes qu’elle a, elle a une fausse naïveté, elle a une intelligence cachée qui lui a permis d’être sur le podium avec Sophie Marceau, Emmanuelle Béart, elle est là, et elle (sa manageuse) aussi.

(il interpelle un gars de son staff) « Eh, tu as vu tout à l’heure, dans la foule les gars de Bayonne et Biarritz, ils ont chanté les deux hymnes en même temps, putain ils sont fous, j’adore ça. »


 


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